Lette ouverte au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Lors de votre allocution du 16 mars dernier au cours de laquelle vous nous annonciez le confinement de la nation aux fins de lutter contre l’épidémie qui s’abattait sur notre pays, vous aviez évoqué les mesures d’accompagnement qui permettraient de ne laisser aucun d’entre nous sur le bord du chemin, et cela : « quoiqu’il en coûte ». Malheureusement, à titre personnel « il va m’en coûter ».
En effet, ayant ouvert à Paris en juillet dernier un club d’arts martiaux privé, je viens d’être contraint de cesser mon activité.
La fermeture imposée des établissements recevant du public, la durée du confinement, l’incertitude sur la date de la reprise d’activité des « sports de contact », la nature du protocole sanitaire qui devrait l’accompagner et la méfiance des  adhérents et futurs élèves face au virus, sans oublier une possible nouvelle attaque de l’épidémie, sont autant de facteurs qui m’ont contraint à renoncer. Il ne s’agit pas d’un choix, mais d’une triste obligation.
Rien n’a été fait concernant les loyers et la propriétaire exige leurs paiements. Mais, étant fermé depuis maintenant trois mois et ne générant par conséquent aucune recette, je ne pouvais les honorer. Tout comme je ne pouvais prendre le risque d’additionner les impayés.
Dans le meilleur des cas, nous pourrions reprendre notre activité en septembre (et encore, dans quelles conditions ?), à ce moment là de l’année j’en serai à être redevable de six mois de loyer. Même si la propriétaire avait accepté de les repousser (ce qui n’a pas été le cas), il n’aurait pas été envisageable d’apurer cette dette tout en supportant les frais courants et une inévitable baisse du chiffre d’affaire.
L’état et les assurances ont laissé tomber bon nombre d’entrepreneurs et d’artisans.  Je précise que j’exerce en tant que travailleur non salarié, je vous laisse imaginer les conséquences.
Aucun décret n’a été promulgué par l’état concernant les loyers, aucune indemnisation n’est prévue de la part des assurances. Il s’agit pourtant, ni plus ni moins, d’une perte d’exploitation due exclusivement à une interdiction d’exercer, aussi imprévisible que brutale.
Voilà, Monsieur le Président de la République, ce dont je voulais vous informer.
Croyez bien que j’ai cherché les solutions qui pouvaient éviter ce naufrage, malheureusement je n’en n’ai pas trouvé. « La France d’en bas » paie un lourd tribut.
Je vous remercie par avance pour l’attention que vous aurez bien voulu porter à ce courrier et je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.
Eric Pariset
Professeur de ju-jitsu

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