Offrons-nous un troisième K

Toujours dans le cadre du « dictionnaire » Offrons-nous un troisième K avec les Katas.

Il n’est pas inutile de revenir aux premières raisons d’être des katas, à savoir qu’ils sont avant tout des moyens d’apprentissage, des méthodes d’entraînement et qu’ils permettent de codifier et de transmettre les techniques.

Certains les considèrent comme une purge qu’il est nécessaire de s’administrer pour obtenir un grade, ou encore, toujours pour les examens et pour quelques jurys, un moyen d’exercer une autorité ! Que ces « formes imposées » intègrent un ensemble de contenus techniques d’évaluation, cela semble juste, mais ils ne sont pas que cela, heureusement.

Les katas permettent de rassembler dans un enchaînement des techniques par famille et/ou par thème et de leur faire traverser les âges, mais ils sont aussi et surtout de formidables méthodes d’entraînement. Il est dommage que bien souvent ils ne soient abordés et étudiés qu’à l’approche d’un examen. En effet, ils sont le reflet d’un combat, d’un combat codifié, pour des raisons évidentes de sécurité (un bon sens qui parfois échappe à certains), mais il s’agit bien du reflet d’un affrontement et c’est pour cela que les attaques de Uke doivent être sincères et fortes de façon à ce que les ripostes de Tori le soient tout autant ; mais aussi qu’elles soient  réalistes.

Le kata est également un exercice de style, c’est-à-dire qu’une certaine attitude doit être respectée. C’est ce qui différencie l’art martial de la simple méthode de combat ou de self-défense, même si cela ne doit pas être au détriment de l’efficacité, ce qui est parfois le cas.

Ils sont aussi, tout simplement une addition de techniques intéressantes à pratiquer une par une, il n’est donc pas nécessaire d’attendre que se profile à l’horizon un examen pour commencer à les étudier.

Un problème, et même un mystère, demeurent et entourent les katas : il s’agit des  incessantes modifications dont ils sont les victimes, surtout quand elles interviennent sur des détails, pour ne pas dire des broutilles, ce qui a pour effet de décourager bon nombre de pratiquants.

Lors de l’exécution d’un kata pour un examen, l’évaluation doit concerner, avant toutes autres considérations, l’efficacité ; ça passe par la sincérité des attaques et des ripostes. Ensuite, puisqu’il s’agit de formes imposées, il est nécessaire de respecter l’ordre de la présentation, les déplacements et emplacements, sans oublier l’attitude dans laquelle sont exclus désinvolture et relâchement corporel.

Pour conclure, je pense que pour faire apprécier le kata, il suffit simplement de le présenter comme partie intégrante d’une progression  et non pas comme un passage imposé pour accéder au grade supérieur.

En ju-jitsu nous étudions principalement le Goshin-jitsu-no-kata et le Kime-no-kata, qui nous vient presqu’en ligne directe des samouraïs. D’autres enchaînements comme les 16 techniques et ses variantes pourront peut-être, un jour, être considérés comme des katas, mais ayant moi-même eu le plaisir et l’honneur d’être à leur origine, je n’aurai pas la prétention de leur donner cette appellation que je considère comme réservée à des monuments techniques et culturels.

eric@pariset.net

Commentaires

  • Cher Eric, il me vient une idée… en cette période de confinement, er d’impossibilité d’entraînements de masse.. et la quasi impossibilité de mettre en place des mesures bio-sanitaires pour reprendre les cours traditionnels, on pourrait imaginer un site ou une page de reseaux sociaux, mettant en contact des judoka ou jujitsuka cherchant à travailler les kata en vue de présenter les examens de grades.
    Ensuite, trouver des dojo, qui pourraient ouvrir de manière privée, avec des heures de RDV.. moyennant tarif bien évidemment.. un peu à la manière des cours de tennis… car souvent au moment de passer les grades se pose le problème du partenaire… et beaucoup renoncent dès le 1er dan pour cette raison…
    Les séances seraient limitées aux 2 pratiquants… après 14 jours d’isolement certifié… ou preuve tangible d’être négatif au COVID19, et au prof, chargé d’enseigner le kata.. les pratiquants pourraient porter un masque, l’effort physique ne necessitant pas une grande quantité d’oxygène… voir porter un casque type Kendo… un peu comme pour le koshiki no kata… qui a été créé pour être pratiqué avec armure…
    Qu’en pensez-vous ?

  • Cher Eric, il me vient une idée… en cette période de confinement, er d’impossibilité d’entraînements de masse.. et la quasi impossibilité de mettre en place des mesures bio-sanitaires pour reprendre les cours traditionnels, on pourrait imaginer un site ou une page de reseaux sociaux, mettant en contact des judoka ou jujitsuka cherchant à travailler les kata en vue de présenter les examens de grades.
    Ensuite, trouver des dojo, qui pourraient ouvrir de manière privée, avec des heures de RDV.. moyennant tarif bien évidemment.. un peu à la manière des cours de tennis… car souvent au moment de passer les grades se pose le problème du partenaire… et beaucoup renoncent dès le 1er dan pour cette raison…
    Les séances seraient limitées aux 2 pratiquants… après 14 jours d’isolement certifié… ou preuve tangible d’être négatif au COVID19, et au prof, chargé d’enseigner le kata.. les pratiquants pourraient porter un masque, l’effort physique ne necessitant pas une grande quantité d’oxygène… voir porter un casque type Kendo… un peu comme pour le koshiki no kata… qui a été créé pour être pratiqué avec armure…
    Qu’en pensez-vous ?

  • Bonjour,
    Oui, c’est une bonne idée, mais cela me semble difficile à mettre en place, tout du moins dans l’immédiat.
    J’y réfléchi.
    Bien amicalement.
    Eric Pariset

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