Self-défense, encore !

img017Récemment j’ai été interpellé par le contenu d’une affiche sur laquelle était proposée – entre autres thèmes – de la « self-défense » au programme d’un stage de ju-jitsu. Cela sous entend (volontairement ou involontairement) que le ju-jitsu n’est pas une méthode de défense (à moins que ce soit dans un souci approximatif d’information destiné aux néophytes). C’est surprenant dans la mesure où je pensais que lorsque l’on pratiquait cette discipline on pratiquait forcément de la self-défense. Certes le ju-jitsu a l’avantage de ne pas se limiter au simple aspect utilitaire ; on travail le physique et le mental – qui ne sont pas incompatibles avec l’efficacité, bien au contraire -, mais il s’agit avant tout d’un art de combat. Ses principes et la majorité de ses techniques possèdent des spécificités qui sont la non-opposition, l’utilisation de la force de l’adversaire, la recherche du contrôle de l’adversaire, mais aussi celle du détail qui tente de conduire à la perfection, partant du principe que « qui peut le plus, peut…le plus ». Même si pour différentes raisons – éthiques et éducatives -, son enseignement et sa pratique ne se limitent pas à l’aspect utilitaire, chaque technique étudiée, chaque méthode d’entraînement travaillée et chaque kata exécuté ont comme principaux objectifs de progresser et de renforcer l’efficacité dans l’art du combat. Et puis surtout n’oublions pas que dans l’arsenal technique existent des projections et des coups qui peuvent être fatales (ne pas l’ignorer n’est pas superflu, à bien des égards). Tout cela pour affirmer que la self-défense est l’ADN du ju-jitsu.

Peut-être et même sûrement, la mise en place de compétitions d’affrontements directs – contre nature – dans cette discipline a contribué à jeter une confusion, puisqu’à partir du moment où un art martial devient un sport, pour des raisons évidentes de sécurité, il se prive des techniques les plus dangereuses, donc des plus efficaces ; à ce titre il n’est plus considéré comme une méthode d’auto-défense (et reste-t-il un art martial ?). C’est pour cette raison que je n’adhère pas à cet aspect.

Les précédentes lignes nous ramènent à l’article publié sur ce blog il y a quinze jours et qui traitait principalement de la violence en liaison avec certains apprentissages d’auto-défense. Il a suscité de l’intérêt et des réactions. Entre autres, l’affirmation, à juste titre, que le travail en dojo et l’application « dans la réalité » n’ont rien de commun. Mais, comme je l’avais indiqué, heureusement ! Il n’est quand même pas souhaitable de provoquer des situations réelles pour pouvoir progresser et pour tester ses compétences.

Quoiqu’il en soit, ce sujet passionne. Il en a toujours été ainsi. La défense de sa propre intégrité et l’assistance à personne en danger sont des priorités légitimes. C’est pour cette raison qu’il me semblait utile de rétablir ce qui me semble être la vérité sur cette discipline qu’est le ju-jitsu.

eric@pariset.net   www.jujitsuericpariset.com

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