C’est en 1982 qu’a été créé cet enchaînement. Nous étions en plein renouveau du ju-jitsu en France.
Cette année-là se tenaient à Paris les deuxièmes championnats du monde de judo féminins. La fédération m’avait chargé de présenter une démonstration de ju-jitsu à cette occasion.
Avec une de mes élèves nous avions préparé une prestation. Marie-France Léglise était Tori et j’endossais le rôle d’Uke. La démonstration avait été conçue en deux parties. Une première très technique et une seconde très dynamique. Avec cette deuxième partie les « 16 techniques » étaient nées.
Il s’agissait de 16 réponses à 16 attaques différentes. La priorité était la diversité technique et la rapidité d’exécution.
Ensuite elles ont été intégrées au programme « option ju-jitsu », c’est ainsi qu’avaient été appelés les grades attribués à ceux qui choisissaient cette discipline. Cette formule a cessé en 1995, mais ça, c’est une autre histoire et c’est bien dommage.
Cet enchaînement est toujours présent dans mon programme d’enseignement. J’y vois plusieurs avantages.
D’abord un apprentissage technique sur diverses attaques. Avec des réponses emblématiques de notre discipline.
Ensuite, lorsque l’enchaînement est réalisé à vitesse réelle, il est le reflet d’un combat durant lequel les automatismes et la condition physique seront développés.
Puis, c’est un « pont » entre le judo et le ju-jitsu (qui normalement n’est pas utile), ou plus exactement il permet de travailler les grandes projections du judo dans leur vocation première : la défense. Ce « pont »peut être emprunté dans un sens, comme dans un autre. Les judokas s’y retrouvaient facilement et les ju-jitsukas bénéficiaient d’un apprentissage sur des situations très concrètes. Malheureusement à l’époque cela n’a pas été bien compris (ou admis).
L’apprentissage se fera d’abord technique par technique, ensuite il faudra les mémoriser et les enchaîner. On pourra commencer par le faire avec les quatre premières, puis de la cinquième à la huitième, de la neuvième à la douzième et de la treizième à la seizième. Puis, les huit premières et les huit dernières et enfin les seize dans leur intégralité.
Enfin, pour le professeur, cet enchaînement servira de base de travail. Il pourra faire étudier des ripostes différentes à chaque attaque. Des réponses à thème (contrôles, liaisons). Des contres qui permettront de renforcer les techniques. On pourra aussi travailler l’enchaînement avec plusieurs Uke. Sans oublier la possibilité de demander aux élèves de mettre des réponses de leur choix.
Il pourra évidemment faire une belle fin de démonstration, ce qui était son origine.
En conclusion il s’agit d’un travail technique et physique pour l’élève et un formidable « outil » pour le professeur. Tout cela en parfaite cohérence avec l’esprit du judo-jujitsu.
S’il a été retiré à un moment des programmes « officiels » c’est peut-être qu’il dérangeait des gens qui n’étaient pas à l’aise avec cet indéfectible lien entre les deux disciplines qui, en vérité, ne sont qu’une. J’y reviendrai.
(En photo d’illustration un extrait d’une planche murale parue dans les années 1980.)
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Quelques fois on peut entendre ou lire que les techniques de ju-jitsu sont irréalistes, donc irréalisables en matière de self défense. 
Dans les arts martiaux aussi il est question de rentrée.
Entre ceux qui disent que cela ne sert à rien d’apprendre à se défendre, ceux qui affirment que leur méthode est la meilleure, ceux qui critiquent les techniques qu’ils ne maîtrisent pas et ceux qui disent que l’expérience de la rue est la seule qui vaille, il y a des réflexions plus modérées à émettre concernant la pratique de la self défense.
Même en été, peut-être surtout en été, il n’est pas interdit de réfléchir.
Dans moins d’un mois, nous reprendrons le chemin des dojos. Enfin, pour ceux qui auront décidé de continuer une activité commencée la saison passée ou il y a plusieurs années.
La semaine dernière nous évoquions la fin de saison « côté élève », cette semaine intéressons-nous à ce moment de l’année, mais « côté professeur ».