Agréable surprise…(et deuxième partie)

Dimanche dernier, Facebook (et ses anniversaires) me proposait de partager une nouvelle fois une publication mise en ligne deux années plus tôt ; aussi c’est la première partie de la démonstration effectuée à Dortmund en 1991 que j’ai publiée à nouveau (vous pouvez donc la retrouver sur ma page personnelle). La deuxième partie étant au présent article.

Ce gala était organisé par une revue allemande dirigée par Norbert Schiffer, éminent journaliste et budoka. Entre autres experts, j’étais en compagnie ce jour là de Christian Tissier pour l’aïkido et de Jean Frenette pour le karaté artistique.

J’ai été agréablement surpris par le nombre important de « likes », de partages et de commentaires que cette publication a engendrés. Cela m’a donné l’envie de lui consacrer un article.

Il ressort de ces commentaires une certaine nostalgie et des regrets par rapport à une forme de travail qui n’est plus démontrée et surtout qui n’est plus travaillée dans certaines sphères, notamment dans la fédération qui est en charge de façon « officielle » de la gestion du ju-jitsu. Comment ne pas être d’accord avec les regrets exprimés et ceux qui les formulent. Mais il en est ainsi, cela fait partie des paradoxes que ne cesse de croiser notre vie. Celui-ci en est un beau spécimen, dans la mesure où il révèle que ce n’est pas une forme de ju-jitsu proche du judo qui a été retenue dans une institution en charge du…judo, entre autres.

Certains dont je fais partie continuent à pratiquer et à enseigner avec bonheur cette forme de ju-jitsu qui, lorsqu’elle est proposée à des novices, est adaptée pédagogiquement et techniquement. Elle rencontre un engouement auprès de ceux qui la découvrent comme auprès de ceux qui s’y perfectionnent. Malheureusement elle ne bénéficie pas d’une gestion d’envergure au plan national. Cela demande beaucoup d’énergie, d’investissement et donc de temps.

Continuer à pratiquer (pour ceux qui le peuvent), à enseigner et à rester fidèle à une forme de travail dans laquelle on s’exprime et on s’épanoui, reste l’essentiel.

Je remercie tous ceux qui se sont manifestés par leurs appréciations, leurs partages et leurs commentaires.

eric@pariset.net   www.jujitsuericpariset.com

 

A comme arts martiaux

Il y a quelque temps un de mes anciens élèves, qui se reconnaitra, m’avait suggéré de réaliser un dictionnaire des noms et des mots qui ont marqué ma carrière. J’avais mis de coté cette idée, aujourd’hui elle me revient. Aussi, j’ai commencé à établir une liste alphabétique des personnes et des sujets qui me venaient assez spontanément.

La matérialisation de cette idée n’altérera pas la publication régulière d’autres articles, comme c’est le cas depuis de nombreuses années sur ce blog. Pour ce dictionnaire, toujours sur ce même moyen de communication, je donnerai une définition courte, étant entendu que par la suite, sera proposé un recueil dans lequel chaque sujet sera plus largement développé.

Aujourd’hui commençons donc par le début : la lettre A, comme Arts martiaux, on ne pouvait mieux commencer.

Grâce à de nombreux outils d’information chacun peut avoir accès à la définition et à l’histoire de ces arts de combat ; aussi, ce sera essentiellement mon interprétation personnelle qui sera proposée.

Tout d’abord, les arts martiaux sont une part importante de ma vie, ils sont mon métier. Et même si je me suis spécialisé dans l’un d’entre eux, le ju-jitsu, j’ai eu aussi la possibilité de pratiquer le judo bien sûr, mais aussi, le karaté et l’aïkido, sans oublier la boxe française que je considère comme « notre art martial ».

Dans « art martial », il y a d’abord le mot art. La première définition proposée par le Larousse est la suivante : «Aptitude, habilité à faire quelque chose » ; cela est explicite et me convient. Ensuite, il y a le mot martial. Toujours dans le même dictionnaire (en première définition): «Qui manifeste des dispositions belliqueuses ». Ah !  Pour belliqueux on trouve : «qui aime la guerre et cherche à la provoquer » ! Donc un raccourci logique donne pour art martial : « art de la guerre », mais la provocation en moins, puisque le principe est de combattre quand n’existe plus d’autres solutions, le bagage technique représentant avant tout une force de dissuasion. C’est, en tout cas la conception que j’en ai.

Bien que « tombé dedans » tout petit, s’il n’était question que de guerre, je n’aurais pas persévéré. Nous ne sommes plus au temps des samouraïs qui se trouvaient en situation quasi permanente de survie, les combats se finissant bien souvent pas la mort d’un des deux protagonistes ; ces valeureux combattants ont disparu, mais ils ont légué un mythe puissant et les valeurs qui y sont attachées, celles du code du bushido. Gardons les principes de courage, d’honnêteté, de fidélité, de tout ce qui fait le code d’honneur pour les mettre au service d’une éducation physique et mentale. La sagesse que l’on retrouve dans certains contes que je me plais de proposer régulièrement sur ce blog, est un des principaux intérêts qui m’anime, peut-être encore davantage avec le temps.

La self-défense – l’aspect technique – représente bien évidemment un intérêt majeur ; faire en sorte que chacun puisse acquérir une technique protectrice et une confiance en lui ! Et puis, la notion d’affrontements très codifiés lors des séances d’entraînement pouvant s’apparenter à une forme de jeu est un autre aspect que je retiens. Elle permet de s’engager tout en ne dramatisant pas la situation, ce qui est sain. « Nous nous sommes bien amusés » est une phrase que mes élèves connaissent bien et que j’utilise volontiers, avec facétie, après un randori.

Dans une version plus fouillée que j’espère publier à l’occasion d’un dictionnaire complet de mes préférences, à la lettre A comme Arts martiaux, je ne manquerai pas d’étoffer le contenu de ce court billet et de donner mon sentiment sur chacune des principales disciplines, mais aussi sur les personnes qui, de mon point de vue, les ont le mieux représentées. Ce sera aussi l’occasion de proposer les nuances que je mets entre arts martiaux et sports de combat. Et tout simplement d’exprimer mon sentiment sur l’évolution de nos disciplines. Je ne manquerai pas d’évoquer celles que j’aurais bien aimé pouvoir pratiquer, comme le Kendo, et plus largement traiter les techniques plus anciennes, ainsi que les nombreux « Styles et Ecoles » attachés à certaines disciplines, comme le ju-jitsu.

En conclusion et en un résumé on ne peut plus court, les arts martiaux sont pour moi des méthodes de combats entourées de fortes valeurs éducatives, physiques et mentales, à condition de respecter « réellement » leurs traditions.

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Décalé !

ballonSortir un peu des arts martiaux pour se demander jusqu’à quel niveau de démesure et même d’indécence nous amènerons les sommes qui transitent dans le monde du ballon rond.

Certes, il y a des individualités qui procurent du spectacle et du bonheur chez certains, un système qui génère de la richesse et du travail, mais il y a aussi et surtout un décalage choquant par rapport à ceux qui sont au bas de l’échelle et même tout simplement au commun des contribuables. De telles sommes pourraient être utilisées pour répondre à d’autres nécessités telles que de nouveaux équipements sportifs ou tout simplement l’entretien de ceux qui existent.

A titre personnel, je n’ai rien de particulier contre le football, si ce n’est ses excès décrits plus haut. C’est vrai que je ne m’y suis jamais intéressé plus que ça, sauf à deux occasions. La première, c’est lorsque je donnais des cours au Stade Français, au début des années 1990. Le dojo était situé juste à coté du Parc des Princes, le stade dévolu au PSG. Lors des matchs de Coupe d’Europe le quartier était bouclé. L’accès était difficile et parfois impossible. De façon à pouvoir assurer mes cours je m’inquiétais du parcours européen du club parisien. La seconde fois c’était en 1996, lorsque l’A.J. Auxerre avait réalisé le doublé « coupe/championnat » avec un budget vraisemblablement sans commune mesure avec celui des « grosses cylindrées » de l’époque. Dans cette région du nord de la Bourgogne pour laquelle j’ai un attachement particulier, ce succès était le fait de Guy Roux, un entraîneur hors du commun et le fruit d’un « esprit club » qui primait sur le chéquier.

Sans doute, je souffre d’une déformation propre au monde des arts martiaux dans lequel l’attachement et la fidélité au premier professeur et au premier dojo sont très forts.

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Trois mouches en plein été

samouraiAu cœur de l’été, découvrir ou redécouvrir quelques leçons de sagesse issues du précieux et délicieux recueil intitulé « contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon » ne peut qu’être bénéfique. En toute saison d’ailleurs. Pour les heureux bénéficiaires de congés, ceux-ci sont propices à une saine réflexion. Bonne lecture et bel été.

Le livre en question aborde plusieurs thèmes illustrés par différentes petites histoires. Le récit proposé ci-dessous matérialise l’art de vaincre sans combattre, ce qui est pour le moins une conduite intelligente (et manifestement efficace).

Trois mouches

Dans une auberge isolée, un samouraï est installé, seul à une table. Malgré trois mouches qui tournent autour de lui, il reste d’un calme surprenant. Trois rônins entrent à leur tour dans l’auberge. Ils remarquent aussitôt avec envie la magnifique paire de sabres que porte l’homme isolé. Sûrs de leur coup, trois contre un, ils s’assoient à une table voisine et mettent tout en œuvre pour provoquer le samouraï. Celui-ci reste imperturbable, comme s’il n’avait même pas remarqué la présence des trois rônins. Loin de se décourager, les rônins se font de plus en plus railleurs. Tout à coup, en trois gestes rapides, le samouraï attrape les trois mouches qui tournaient autour de lui, et ce, avec les baguettes qu’il tenait à la main. Puis calmement, il repose les baguettes, parfaitement indifférent au trouble qu’il venait de provoquer parmi les rônins. En effet, non seulement ceux-ci s’étaient tus, mais pris de panique, ils n’avaient pas tardé à s’enfuir. Ils venaient de comprendre à temps qu’ils s’étaient attaqués à un homme d’une maîtrise redoutable. Plus tard, ils finirent par apprendre, avec effroi, que celui qui les avait si habilement découragés était le fameux Miyamoto Musashi.

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Un débat

Décidément le combat entre le judo et le MMA alimente l’actualité sportive. D’une certaine façon, j’y contribue personnellement avec ce troisième billet sur le sujet. Dimanche 25?avril, c’est Stade 2, animée par l’ex-championne de judo, Céline Géraud, qui proposait un débat entre Jean-Luc Rougé, président de la Fédération de judo et Bertrand Amoussou, représentant du MMA en France. La légalisation de la pratique du MMA dans notre pays en était le sujet, ainsi que l’interdiction des combats UFC. Cette émission n’a pas franchement fait avancer le débat, chacun campant sur ses positions. Cette affaire qui s’éternise m’inspire quand même quelques réflexions. D’abord, il ne faut pas tout mélanger, MMA et UFC sont deux choses différentes et bien heureusement, pour les pratiquants lambda de ce MMA, qui, si c’était le cas, ne pourraient se rendre au travail les lendemains d’entraînement. Ensuite, ce n’est pas moi qui vais être contre une discipline où sont étudiés les coups, les projections et les contrôles et qui m’en rappelle étrangement une autre. Simplement si le but est de se singulariser en proposant une pratique dépouillée au niveau des quelques contraintes qu’impose un art martial traditionnel, cela justifie-t-il un tel battage médiatique?? Et est-ce que la pratique en short et T-shirt délivre davantage d’efficacité et qu’au contraire, le judogi en retire?? Les simulacres de frappes au sol – lors des entraînements -, suffisent-ils à faire de cette discipline la panacée des sports de combat?? Que de nouvelles pratiques voient le jour, que de nouveaux talents puissent s’exprimer est dans l’ordre des choses et s’y opposer serait une sorte de totalitarisme. À l’inverse, cela pourrait en devenir un de l’esprit que d’affirmer que la nouveauté est forcément la vérité ! Sans vouloir polémiquer, on peut aussi se demander pourquoi appeler MMA ? ce qui signifie, en français, mélange d’arts martiaux ? une discipline qui désire s’affranchir des traditions que l’on trouve essentiellement et justement dans les arts martiaux. Maintenant, on peut comprendre que la Fédération de judo voie d’un mauvais œil que des professeurs qu’elle a formés et qui, avec le diplôme de judo, vont enseigner une discipline concurrente. Il aurait peut-être été judicieux de laisser se développer en son sein et en son temps un ju-jitsu plus « conciliable » avec le judo, comme cela avait été l’idée (mal comprise) dans les années 1970. Certes, le ju-jitsu existe au sein de la FFJDA, mais – tout comme dans la vie en général – nous ne sommes pas à un paradoxe près, ce ju-jitsu-là est-il vraiment compatible, avec le judo ? Tout comme il est curieux, et sans doute dommage, que ce soit des ju-jitsu  « assez judo » au niveau des formes de corps qui se trouvent en dehors de la Fédération… de judo. Cela n’est pas un autre débat, tout est lié, et certains problèmes n’auraient peut-être pas existé avec un peu plus de « souplesse »  comportementale?! Affaire à suivre, mais pas trop longtemps au risque de  lasser.

Site du club de ju-jitsu Éric Pariset?: www.jujitsuericpariset.com

Trahison

Les deux derniers articles publiés sur ce blog étaient respectivement consacrés aux katas et au jugement lors des passages de grades. Si aujourd’hui je reviens sur ces deux sujets sous une forme de synthèse, c’est que je suis choqué par l’évolution que certaines institutions infligent aux katas et par le comportement de quelques juges à leur égard.
Heureusement que, sur beaucoup de sujets, nos sociétés ont su évoluer, mais les bonnes évolutions, pour qu’elles méritent ce nom,  se sont toujours réalisées… dans le bon sens. Or, pour ce qui est des katas, d’abord il n’y avait pas de nécessité à opérer des changements, et donc, non content de trahir l’esprit et la forme insufflée par les créateurs, ceux qui, pour d’obscures raisons, ont opéré ces modifications ne l’ont pas fait pour une meilleure efficacité, bien au contraire. Il ne faut pas oublier que les katas sont avant tout la représentation d’un combat. Or, ni dans le rythme qui s’apparente davantage à une représentation effectuée par des zombies, ni dans certaines modifications récemment imposées, l’impression d’un duel n’est probante. Pour ma part, je me refuse de pratiquer, et surtout d’enseigner, ce qui n’est pas efficace et qui peut porter à sourire ! Et puis, en plus d’imposer des aménagements contre nature, il y a sanction à l’occasion d’examen, pour les candidats qui sont restés fidèles aux origines. Sur un plan plus général, lorsque j’affirme qu’il faut être nuancé par rapport à certaines fautes, je précise qu’il en existe deux catégories, pour lesquelles les juges doivent être rigoureux ; l’efficacité, cela va de soi, mais aussi certaines attitudes par trop désinvoltes qui ne sont pas en adéquation avec la simple politesse attachée à des règles qui régissent les sociétés civilisées.
Mais de grâce, afin de ne pas décourager les bonnes volontés, que l’on arrête ces changements qui n’ont pas de sens et que les jurys soient formés correctement. Si tel n’était pas le cas, il ne faudra plus s’étonner si certains préfèrent des pratiques modernes dans lesquelles ils ne seront pas embêtés par des katas à l’inefficacité évidente et par des jugements décourageants lors des examens pour les grades supérieurs !
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Eté 2012

La semaine qui va commencer demain sera la dernière avant un peu de repos pour le club. Cette coupure permettra de pouvoir attaquer une nouvelle saison dans de bonnes conditions.
A tous ceux qui ont la chance d’avoir des congés, mais surtout de pouvoir partir, je leur souhaite de bonnes vacances et pour les autres, je leur dis bon courage, leur tour viendra.
Comme prévu, il n’y a pas de stage cet été, les fans de Soulac le regrettent. Il en est de même pour moi. J’en avais donné les raisons à l’occasion d’un précédent billet le 24 avril sur ce blog.
Le club sera donc fermé pour trois semaines à partir du vendredi 27 juillet.
Revêtir le maillot de bain à la place du judogi ou tout simplement laisser quelque temps le corps au repos ou à l’abri d’efforts répétés ne peut pas faire de mal. Et puis, l’envie n’en sera que plus forte de reprendre le chemin du dojo après une bonne d’interruption.
Bel été à toutes et à tous.  
Site du club ju-jitsu Eric Pariset : www.jujitsuericpariset.com