Une journée à Léognan

Dimanche dernier un stage d’une journée était proposé à Léognan dans le département de la Gironde, à quelques kilomètres de Bordeaux.

C’est à l’initiative de Michel et Nicole Dourthe,dynamiques dirigeants des « Arts Martiaux de Léognan », qu’était organisé ce rassemblement.

Dans les années 1980 et 1990, c’était presque tous les week-ends que je me rendais en province pour animer de telles journées. Il s’agissait d’une autre époque.

Ces journées sont toujours de bons moments. Elles se déroulent la plupart du temps selon un rituel dont on ne se lasse pas. Le 13 janvier était un modèle du genre.

Un départ de Niort (injustement caricaturée dernièrement), tôt le matin, avec une météo fraiche et humide, qui m’a épargné neige et/ou verglas, mais pas de rouler de nuit ; nous sommes encore dans les jours les plus courts, surtout le matin.

Après deux heures et quelques de route et à l’aide du GPS, je trouve le dojo situé en pleine nature. Un beau dojo doté d’un tatami de deux cents cinquante mètres carrés environ. Les stagiaires commencent à arriver et c’est l’occasion de retrouver des visages connus et d’en découvrir de nouveaux ; fidélité et nouveauté sont au rendez-vous. Un café et nous entamons la séance du matin.

En principe, j’aime bien commencer par un pur travail sur les atémis (les coups), que je considère comme une suite naturelle à l’échauffement. On continue avec des défenses sur les atémis en question, ce qui permet d’aborder les projections et les contrôles.

A midi, la pause est la bienvenue et nous nous rendons dans un restaurant pour vivre un agréable moment de convivialité et de reprise d’énergie. En l’occurrence, dimanche dernier, il s’agissait d’un restaurant chinois, un de ceux qui proposent un buffet à volonté dans lequel certains n’hésitent pas à se répandre comme s’ils n’avaient pas manger depuis des lustres. Je ne parle pas des stagiaires, eux sont conscients des risques encourus par une digestion trop lourde entreprise sur les tatamis.

Les tatamis justement, nous les retrouvons à 14 h 30 ; la remise en route est délicate, aussi c’est par du travail au sol qu’il est judicieux de commencer ; ce domaine impose moins de réactivité. Une fois que le tube digestif a en partie effectué son travail, nous pouvons passer à un thème précis. Ce jour-là, j’avais choisi de proposer différentes défenses à partir d’attaques des « 16 techniques », ce qui offre beaucoup de possibilités.

Pour terminer cette deuxième séance et le stage, l’exercice des « techniques démontrées et enchaînées », que mes fidèles stagiaires connaissent bien, recueille à chaque fois une parfaite adhésion. Il s’agit d’un travail technique rythmé, renforçant la condition physique et la mémoire, mais il est surtout un déclencheur d’enthousiasme et de dynamisme.

Après une douche salvatrice et avant de se quitter, il y a un moment toujours très agréable, autour de quelques friandises et jus de fruit, avec des échanges sur la journée, l’évocation de souvenirs communs, mais aussi de projets, la signature des passeports sportifs et la promesse de se retrouver rapidement. Je me plie aussi, avec la plus grande satisfaction à quelques dédicaces.

J’en profite aussi pour remercier les stagiaires pour leur présence. En effet, ce n’est pas évident de quitter le dimanche matin un logement douillet, surtout en hiver, de laisser la famille et de sacrifier le repas dominical ; tout ça pour passer quatre heures dans un dojo (parfois mal chauffé, ce qui n’était pas le cas à Léognan) dans lequel on va transpirer, prendre quelques fois des coups, subir des chutes, bref faire souffrir quelque peu son corps, même si c’est pour une bonne cause, celle d’assouvir sa passion vouée au ju-jitsu.

Vient le moment du retour ; deux heures de route (encore de nuit, nous sommes toujours en hiver) durant lesquelles l’esprit déroule le film d’une journée aussi intense qu’enthousiasmante. La fatigue est présente, mais il s’agit d’une « bonne fatigue », enveloppée par la satisfaction d’avoir donné le maximum en faisant son métier le mieux possible ; et quel beau métier !

Vivement le prochain rendez-vous !

Sur la photo : Michel Dourthe Directeur Technique, votre serviteur, Christian Walgraeve professeur et Nicole Dourthe présidente

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