Kansetsu-Waza, le travail des luxations

IMG_0005« Pouvoir maîtriser quelqu’un sans forcément mettre ses jours en danger » est une formule qui convient parfaitement à ce groupe de techniques dont le but est d’agir sur les articulations au point de provoquer une douleur qui contraint l’adversaire ou l’agresseur à l’abandon. « Forcer l’articulation dans le sens inverse de son fonctionnement naturel » est une autre formule très explicite. L’efficacité des clefs est incontestable et leur utilisation permet aussi de « graduer » la riposte. Son utilisation est moins radicale que celles des projections et des coups, ce qui n’est pas négligeable sur le plan de la légitime défense, mais aussi au nom du respect de la vie.

Les clefs peuvent s’appliquer sur les bras mais aussi sur les jambes, en sachant que pour certaines disciplines dans lesquelles l’affrontement direct existe, elles ne sont pas autorisées sur les membres inférieurs pour des raisons de sécurité. En effet, elles sont moins facilement maitrisables et surtout elles se pratiquent principalement sur l’articulation – très fragile – du genou pour laquelle, en cas de traumatisme la guérison sera longue et jamais vraiment complète.

Les contrôles sur les articulations se divisent en deux groupes, les clefs en hyper-extension (gatame) et celles en torsion (garami). En ju-jitsu elles s’appliquent debout et au sol,  en judo c’est principalement au sol. En « ju-jitsu self-défense » les opportunités sont nombreuses, essentiellement dans le domaine du corps à corps.  En combinaison avec les coups et les projections elles sont bien souvent la finalité  d’une défense. Lorsqu’il s’agit d’attaques à l’arme blanche, pouvoir maîtriser le bras armé est un atout considérable.

Elles se réalisent principalement à l’aide des mains qui sont les moyens de transmission d’une autre partie du corps telle que l’aisselle, le ventre, etc. Le travail des clefs représente la parfaite combinaison des points faibles du corps humain pour Uke (le méchant) et de l’utilisation la plus rationnelle de celui de Tori (le gentil).

Leur étude demande beaucoup de temps, leur efficacité une très grande précision et une adaptation rapide aussi bien à la situation qu’aux éventuelles  particularités de l’articulation du partenaire et/ou de l’adversaire.

En conclusion, il s’agit d’un domaine efficace, passionnant mais qui réclame des qualités dont la persévérance (pas toujours d’actualité, mais toujours récompensée) !

 

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Sixième sens

samourai-dore-3C’est toujours un grand plaisir que celui de proposer, de temps en temps, quelques lignes issues du recueil « Contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon ». Cette fois elles nous conduisent à quelques réflexions sur les « forces de l’esprit », qui peuvent nous habiter à partir d’un certain niveau d’engagement et de pratique.

« Tajima no Kami se promenait dans son jardin par un bel après-midi de printemps. Il semblait complètement absorbé dans la contemplation des cerisiers en fleur. A quelques pas derrière lui, un jeune serviteur le suivait en portant son sabre. Une idée traversa l’esprit du jeune garçon : « Malgré toute l’habité de mon maître au sabre, il serait aisé de l’attaquer en ce moment par-derrière, tant il parait charmé par les fleurs de cerisier. » A cet instant précis, Tajima no Kami se retourna et chercha autour de lui, comme s’il voulait découvrir quelqu’un qui serait caché. Inquiet, il se mit à fouiller dans tous les recoins du jardin. Ne trouvant personne, il se retira dans sa chambre, très soucieux. Un serviteur finit par lui demander s’il allait bien et s’il désirait quelque chose. Tajima répondit : « Je suis profondément troublé par un étrange incident que je ne peux m’expliquer. Grâce à ma longue pratique des arts martiaux, je peux ressentir toute pensée agressive émise contre moi. Quand j’étais dans le jardin, cela m’est justement arrivé. A part mon serviteur, il n’y avait personne, pas même un chien. Ne pouvant justifier ma perception, je suis mécontent de moi. » Le jeune garçon, apprenant cela, s’approcha du maître et lui avoua l’idée qu’il avait eue, alors qu’il se tenait derrière lui. Il lui en demanda humblement pardon. Tajima no Kami se détendit et, satisfait, retourna dans le jardin. »

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Encore une couverture…

judo-contactEncore une couverture de magazine en rapport direct avec ce billet. Cette fois c’était en 1984 et il s’agissait d’un numéro hors-série de la revue « judo » de la FFJDA. Une parution qui s’adressait trimestriellement aux dirigeants de club et aux élus régionaux.

C’est Jean-Claude Bourget, photographe officiel de la fédération qui, comme à son habitude, avait su « déclencher » au bon moment ! Cette photo avait été prise à Bercy l’année de l’ouverture de cette grandissime salle de sports et de spectacles, c’était lors d’un gala d’inauguration réservé et organisé pour et par les fédérations d’arts martiaux.

J’avais l’honneur de présenter le ju-jitsu, mon partenaire du jour était François Bernier. Le privilège de clôturer la soirée nous avait été réservé.

A cette époque, pas de musique, pas de mise en scène particulière, juste la présentation très pure des arts martiaux japonais. Rien que dans ce « réservoir naturel», il y avait de quoi proposer un beau plateau et garnir une soirée complète.

A partir de 1986, c’est à la revue Bushido qu’est revenue la responsabilité d’organiser le célèbre festival annuel, ensuite c’est Karaté-Bushido qui a pris le relai avec le succès que l’on connait. Démonstrations en musique, tenues colorées, disciplines de combat venues de tous les horizons, mise en scène hyper travaillées ; de vraies soirées de gala.

Malheureusement, cela fait bien longtemps que le jujitsu japonais n’est plus au programme et il y aurait beaucoup à dire – et à écrire – sur cette regrettable absence. Heureusement qu’il reste les souvenirs.

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Encore des souvenirs

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La photo qui illustre ce billet présente la couverture de la revue «Ceintures Noires de France» parue au printemps 1983. Ce trimestriel était l’organe de communication du Collège des ceintures noires. Les deux n’existent plus.

Le Collège des ceintures noires avait été créé en 1947. Rassembler les plus hauts-gradés autour des valeurs fortes du judo était son objectif. Partisan d’une pratique très traditionnelle, il a parfois pris ses distances avec l’orientation ultra sportive du judo. Le Collège en tant que tel n’existe plus, il a été remplacé par le Cercle des Ceintures Noires à l’initiative de la FFJDA.

A l’époque de la parution de la revue dont je présente la couverture, le Collège des ceintures noires travaillait au sein de la FFJDA, en insistant sur ses valeurs qui lui avaient donné naissance. C’était tout naturellement qu’il s’intéressait de près aux travaux de réhabilitation du ju-jitsu. Pour cela, Christian Cervenansky, haut-gradé et responsable de la revue s’était déplacé à Vichy où se déroulait un stage de perfectionnement destiné aux enseignants.   C’était pendant les vacances d’hiver 1983, il faisait très froid, rien d’exceptionnel dans ce beau département de l’Allier à cette époque de l’année, sauf que le chauffage de la salle du CREPS dans laquelle avait lieu les séances…était en panne. Avec guerre plus de trois degrés dans le dojo nous avons passé une semaine durant laquelle même notre passion pour le ju-jitsu avait du mal à nous réchauffer.

Sur la photo, mon partenaire était Michel Lefebvre, membre de la Commission technique nationale ju-jitsu qui venait de voir le jour. Nous étions aux débuts d’une belle aventure. Les membres qui étaient à mes cotés dans ce groupement se nommaient André Guérin, Michel Lefebvre, Eugéne Domagata sans oublier, Bernard Pariset bien sûr, il en était à l’origine. Rendre à César…

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Le travail des projections (nage-waza)

tai-otoshiAvec une présentation plus complète du nage-waza, (travail des projections), ce billet étoffera celui publié le 13 octobre dernier dans lequel étaient évoquées les trois familles du ju-jitsu (atemi, nage et katame).

Il s’agit du secteur le plus riche du ju-jitsu en quantité de techniques et par conséquent de travail à effectuer. C’est aussi un domaine très spectaculaire dans lequel le mot « art » a toute sa place. Son principe est de faire tomber quelqu’un qui est debout et qui entend bien le rester. Soit dans le cadre de la self-défense avec le ju-jitsu ou bien dans le domaine sportif lorsqu’il s’agit de judo. Il est aussi possible de s’exprimer dans l’art de la projection tout simplement au cours des séances d’entraînement de ju-jitsu ou de judo à la recherche du geste parfait, celui-ci étant générateur de grande satisfaction.

En principe, tout le monde doit être capable de faire tomber tout le monde, à la condition que ce «tout le monde » commette une faute. Une faute de déplacement bien exploitée, ou encore – plus subtile, provoquée par une action entraînant une réaction. Un atemi (un coup) lorsqu’il est question de self-défense, provoquera, lui aussi, un certain déséquilibre.

Plusieurs familles de projections sont recensées : les techniques de jambes, de bras, de hanches, d’épaules et de sacrifices. Il y en a pour tous les goûts, tous les gabarits et toutes les situations. A chacun ses préférences, souvent en rapport avec sa morphologie, également par l’envie de faire comme…

En self-défense l’efficacité du nage-waza est incontestable. Elle s’applique en réponse à des saisies, à des tentatives de saisies, également dans le travail par anticipation. Chaque technique peut répondre à au moins une situation d’agression, elles ont d’ailleurs toute vu le jour à partir d’une attaque précise. Ensuite, l’évolution du judo a fait naître d’autres projections qui sont parfois des variantes d’une technique existante. Par exemple, Il faut savoir qu’à l’origine harai-goshi, technique de hanche très populaire, n’existait pas. L’histoire nous conte que c’est Jigoro Kano qui, cherchant une solution aux esquives extérieures que subissait son uki-goshi, a trouvé la riposte en « inventant » cette belle projection. Existent aussi des techniques qui correspondent à un problème purement judo et qui ne seront utilisées que dans ce cadre. D’autres, très « explosives » comme uchi-mata (fatale pour celui qui la subirait) demandent souvent l’engagement complet du corps et entraînent automatiquement l’amenée au sol de celui qui la pratique. Ce qui pourra être gênant sur un sol dur et/ou dans l’éventualité d’être confronté à plusieurs adversaires.

Pour progresser dans ce domaine il faudra, par une étude approfondie, continuer à parfaire le geste à la recherche du détail, à « façonner » son corps pour obtenir une « forme de corps » à l’aide de nombreuses répétitions que l’on appellent uchi-komi, nous avons évoqué dernièrement cette méthode d’entraînement. Il ne faudra pas rechigner sur le nage-komi, exercice de réalisation complète de la projection avec chute, dont l’objectif vise aussi le travail de la rapidité d’exécution ; la méthode se fonde sur la répétition en séries importantes. vite et fort. Ensuite tester son efficacité à projeter un partenaire proposant une résistance avec les exercices d’entraînement à la codification sécuritaire, les randoris.

Enfin, pour les ju-jitsukas il ne faut pas perdre de vue que la famille des projections appartient à un ensemble dans lequel se trouvent aussi deux autres groupes : les coups et les contrôles.

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Professeur

img_0815-1Notre pays a toujours été strict concernant l’encadrement des activités sportives. Ce n’est d’ailleurs pas le seul domaine soumis à une forte réglementation et certains de nos excès en matière de contrainte administrative font notre réputation. Il s’agit sans doute des défauts de nos qualités. Etre rigoureux quant il s’agit de s’assurer qu’une activité physique et à fortiori une discipline de combat est correctement encadrée ne semble pas extravagant. D’autres pays ne sont pas aussi sourcilleux.

Tout au début de l’histoire des arts martiaux en France il n’existait pas de diplômes pour les enseigner, mais ils ont été mis en place assez rapidement, dès 1955 à l’initiative de la fédération de judo. De nombreuses formules se sont ensuite succédées.

Personnellement, je me souviens d’avoir franchi trois échelons : animateur, moniteur, puis professeur. « Je parle d’un temps que forcément les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. » C’était au cœur des années 1970. Concernant le titre de professeur qui était le véritable objectif, il s’agissait d’un diplôme qui s’appelait : « professeur de judo, karaté, et aïkido, option principale judo (ou karaté, aïkido selon l’option principale choisie) ». Les titulaires ayant la possibilité d’enseigner les deux autres disciplines jusqu’à un certain niveau. Cette formule était intéressante, sur le plan de l’ouverture d’esprit et de l’élargissement des connaissances. Il s’agissait aussi pour la « fédération mère » à savoir la fédération de judo, de continuer à assurer une forme d’hégémonie sur les disciplines « cadettes ».

Animateur, moniteur et surtout professeur étaient des titres largement plus gracieux que les appellations qui ont suivies ; BEES (brevet d’éducateurs sportifs), et maintenant les CQP (certificat de qualification professionnelle), le sport et les arts martiaux n’ont pas échappé à cette tendance qui consiste à abuser des abréviations qui ne contribuent pas à l’enrichissement de notre langue.

Lorsque j’ai acquis mon diplôme, les programmes était très chargés dans des matières certes très intéressantes, mais au contenu un peu disproportionné par rapport à l’usage que l’on en ferait ensuite sur le terrain (le tatami en l’occurrence). Il s’agissait de thèmes tels que l’organisation du sport en France, anatomie/physiologie (domaines dans lequel nous étions presque au niveau de la première année de médecine). Ces thèmes existent toujours, mais de manière plus raisonnable. Enseigner un sport demande avant tout une maitrise technique, pédagogique et phsycologique.

Le programme technique était complet avec du « travail debout » et « au sol », des katas, des randoris, la préparation d’une séance (et la présentation effective d’une partie) dont le thème était tiré au sort, s’ajoutaient une épreuve pédagogique d’éducation physique et sportive et comme indiqué plus haut, une séquence au cours de laquelle il fallait démontrer ses connaissances en karaté et en aïkido. Le ju-jitsu n’était pas vraiment au programme, nous étions un peu avant la remise en valeur de notre art bien aimé.

L’examen commençait le lundi matin pour se finir le vendredi soir. Enchaîner au fil des jours les interrogations techniques et physiques, les épreuves pédagogiques, les écrits et les oraux n’étaient pas de tout repos, Il fallait bien plusieurs jours pour se remettre de l’acquisition d’un diplôme qui nous semblait largement mérité.

L’évolution tend à proposer un allégement des programmes de façon à rendre plus accessible la possibilité d’enseigner. C’est louable, mais à plusieurs conditions. D’abord qu’un certain niveau d’exigence assurant une pratique sécuritaire et éducative soit garanti, que toutes les disciplines (même les plus récentes) soient astreintes à la même réglementation et enfin qu’existent des débouchés d’un point de vue professionnel, ce qui garantie un niveau d’engagement différent.Enfin, la vigilance s’impose aussi face à une forme de nivellement par le bas, lorsque certaines des valeurs propres aux arts martiaux tendent à disparaître. C’est parfois, justement, un manque de professionnalisme qui en est la raison.

La capacité d’enseigner n’est pas forcément donnée à tous et ce n’est pas une moindre responsabilité. Il faut d’abord en avoir l’envie et en plus des qualités précitées, il est indispensable d’être armé de patience, d’une farouche énergie et d’une autorité qui imposera le respect indispensable à la mission.

Si le métier d’enseignant – selon l’expression consacrée – est le plus beau métier du monde et pour qu’il en soit ainsi encore longtemps, il est indispensable de conserver et de renforcer tous les moyens qui contribuent à sa valorisation, à commencer par les titres qui l’identifient.

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Tori et Uke, les inséparables

hiza-gurumaTori et Uke sont deux personnages bien connus des pratiquants d’arts martiaux et notamment des ju-jitsukas, ils sont les deux partenaires  lors des séances d’entraînement. Pour faciliter les présentations  nous pourrions expliquer que dans ce couple d’inséparables, Tori incarne « le gentil » et Uke « le méchant ». Cette définition, même si elle facilite l’identification des rôles, est un peu simple dans la mesure où les deux protagonistes sont complémentaires et non pas adversaires. Sans Uke, Tori n’existe pas. Affirmer que c’est Tori qui a le « dernier mot » serait plus juste pour signifier les implications respectives.

Une traduction littérale nous révèle que Tori est celui qui « prend » ou « choisit » et Uke celui qui « reçoit » ou « subit ». Cela semble assez explicite.

Dans la connivence qui unit ces deux personnages, il n’existe aucune rivalité, ils sont partenaires et non pas adversaires. Ils doivent être continuellement en quête d’une parfaite osmose.

Bien souvent c’est Tori qui attire davantage l’attention et le rôle d’Uke n’est  pas toujours considéré à sa juste valeur et parfois même il peut apparaitre ingrat. Or, son rôle est déterminant. C’est grâce à lui que Tori réalise ses progrès, qu’il peut ouvrir et élargir son champ des connaissances. En plus d’une parfaite maitrise de la chute,  Uke doit être capable d’adopter toutes les situations, les postures et les réactions qui peuvent se présenter à son partenaire. Il se doit d’être d’une disponibilité corporelle totale, malléable à souhait, dans le bon sens du terme. Il doit «jouer le jeu ».

Pour parfaitement maîtriser une technique ou un enchaînement, il est indispensable de pouvoir les répéter des dizaines, des centaines, des milliers de fois. Imaginons un seul instant le faire sur un mauvais partenaire, pire encore sur un partenaire qui résiste systématiquement ! Pas de répétition, pas de progrès.

Le rôle d’Uke étant déterminant, il serait presque préférable d’être d’abord un bon Uke avant de devenir un bon Tori. Au-delà de cette constatation, somme toute assez logique, par l’intermédiaire de ce billet, c’est l’occasion de rendre hommage à ces personnages qui doivent être interchangeables et rappeler qu’entre eux il n’y a pas ni vainqueur ni vaincu, mais une victoire commune, celle de la conquête du savoir.

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Efficacité, Education, Ethique, Evolution et Esthétisme

webkanjiCes cinq mots commençant par la même lettre, résument ma conception du ju-jitsu. Celle-ci m’a guidé tout au long de mon parcours.

Efficacité. Cela semble évident pour une discipline de combat. Avec le ju-jitsu toutes les formes d’attaques sont envisagées et en matière de ripostes aucun secteur n’est négligé : travail à distance, en corps à corps, debout et au sol !

Education. Une méthode d’éducation physique et mentale, la grande idée et le grand principe qui ont été développés par Jigoro Kano. Elever l’art martial au-dessus d’une simple forme de combat, à savoir vers une Ecole de vie, un idéal de comportement. Développer son corps, l’assouplir, parfaire sa condition physique, tous ces éléments seront garants d’une bonne santé et ne nuiront pas à l’efficacité, il s’agit là de l’aspect physique. Ensuite, l’éducation mentale Dans un premier temps celle-ci se construira naturellement, au travers d’une pratique encadrée où s’imposera le respect des règles de vie d’un dojo. Comme celles concernant la politesse, l’entraide et celles liées aux traditions ; le salut et la tenue, etc. Ensuite, et c’est essentiel, une pratique non violente et sécuritaire. Une des idées géniales de Kano avait été de faire le tri dans les techniques pour ne conserver que celles qui répondaient à deux critères : efficacité et sécurité. (Dommage de constater parfois des retours en arrière) Ensuite il faudra apprendre à faire la nuance entre partenaire et adversaire, respecter les deux et ménager son propre corps, pour se garantir une pratique durable ; apprendre à contrôler ses pulsions, donc à se maîtriser. Enfin, il faudra aussi renforcer son mental et développer le goût de l’effort et s’imposer de la rigueur. La plupart de ces qualités acquises dans le dojo pourront être transposées dans la vie en société.

Ethique. En liaison directe avec l’éducation, l’éthique se matérialisera par le respect des règles de morale. Le fameux code moral du judo et du ju-jitsu,

Evolution. Il s’agit là de l’évolution du pratiquant dans la mesure où il progressera. Il y a aussi l’évolution des techniques qui consiste à les affiner, à chercher de nouvelles opportunités, sans jamais trahir la forme et l’esprit. Pour les enseignants, l’évolution devra aussi se faire dans la recherche de nouvelles méthodes d’entraînement et de nouveaux outils pédagogiques.

Esthétisme. Une technique peut être belle et efficace. Elle peut être aussi inesthétique et inefficace. La beauté du geste relève du talent, sans doute, mais aussi et surtout du travail. (Le talent sans le travail n’est qu’une sale manie », Nietzsche). « Faire beau » est parfois (je dis bien parfois) contesté par deux catégories de personnes. Celles qui – dans tous domaines – critiquent systématiquement ce qu’ils ne maîtrisent pas, et souvent ils ne maîtrisent pas grand chose. Et celles intéressées uniquement par l’aspect utilitaire (dommage). Il se trouve que la discipline que j’ai la chance d’enseigner, à savoir le ju-jitsu, est un art martial et dans cette appellation il y a le mot « art ». Plusieurs définitions le définissent. En voici deux, extraites du Larousse. Art : « aptitude, habilité à faire quelque chose ». Mais aussi : « manière de faire qui manifeste un sens esthétique ». Leur association me satisfait pleinement.

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Un dimanche parisien

sans-titre (6)Dimanche dernier, à l’occasion du stage j’ai donc retrouvé Paris, je l’avais quitté en avril dernier. Ce fût l’occasion de passer un excellent moment en compagnie de mes anciens élèves et le bonheur de faire mon métier auprès de personnes convaincues et enthousiastes.

Parti le matin à 8 h 19 de la gare de Niort avec un « petit 3 degrés » relativement correct par rapport à ce que nous vivons en ce moment et c’est après deux heures trente de TGV que j’atteignais ma destination. Pour un ex-parisien le premier contact avec la capitale ne se limite pas à retrouver l’odeur si particulière qui règne dans le métro, non une fois sorti des entrailles métropolitaines se développent certaines émotions par rapport à des lieux et à des souvenirs qui s’y rattachent.

L’objectif de cette journée parisienne n’était pas de faire du tourisme ni de se répandre dans la nostalgie liée aux années passées, et encore moins de faire les soldes, mais bien d’encadrer un stage.

Après une « légère » collation en guise de déjeuner, place au ju-jitsu et au plaisir de l’enseigner. Trois heures de perfectionnement, de randoris et de transpiration. D’abord l’étude de quelques défenses sur coups de pied, ensuite un travail en profondeur sur les 16 techniques ; celles-ci se révélant une fois de plus comme une solide base de travail. Dommage qu’elles soient délaissées au profit d’autres enchaînements qui n’offrent pas les mêmes richesses. Enfin différentes formes de randoris, générateurs d’efficacité et exécutés en toute sécurité sont venus clôturer trois heures d’une belle intensité.

Cette journée fut aussi l’occasion de s’interroger à nouveau sur les motivations de certains professeurs à ne pas vouloir faire simple et en faisant l’impasse sur des « fondamentaux » techniques et des règles d’éthiques qui ont donné toute leur valeur aux arts martiaux et sans lesquelles ceux-ci ne seraient que de simples formes de combat.. Incompétence, négligence, besoin de se singulariser ou soumission ? Dommage, quoiqu’il en soit..

Pour conclure cette chaleureuse journée, je n’ai pas manqué d’évoquer le projet de formation d’un groupe rassemblant les élèves à qui j’ai eu le plaisir d’enseigner le ju-jitsu au cours de ces dernières décennies. Ce projet prend forme ; à ce sujet les personnes concernées et intéressées peuvent se manifester en donnant leur avis sur cette initiative.

Alors que la neige commençait à tomber en même temps que la nuit, il était l’heure de prendre la direction de la gare Montparnasse après s’être donné rendez-vous très prochainement… Pourquoi pas dès le 5 mars pour un nouveau dimanche parisien. Et peut-être avant !

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2017, quelques dates et projets

SAMOURAI

Comme nous l’avions évoqué la semaine passée le début d’une année est synonyme de vœux, mais c’est aussi un moment propice aux bonnes résolutions et à la réalisation de projets.

A titre professionnel, j’aurai le plaisir de proposer quelques stages. Le temps d’une journée ou d’un week-end, le premier dès ce dimanche à Paris. La province ne sera pas oubliée, par exemple en mars à Carqueiranne dans le Var, en avril à Bassens en Gironde, à Niort (mon nouveau lieu de résidence) dans les semaines à venir. D’autres pourront être mis en place, sans doute en juin à Vincennes, notamment.

Ensuite il y aura le ou les stages d’été. Une date est d’ors et déjà acquise, ce sera du 2 au 7 juillet dans le charmant village de Carqueiranne ; une semaine de « ju-jitsu vacances » sur les bords de la Méditerranée. Ensuite, il se peut que nous puissions renouer avec le célèbre rendez-vous de Soulac-sur-Mer, la très sympathique station balnéaire girondine. La confirmation ne devrait pas tarder.

Ce qui est évoqué plus haut concerne la première partie de l’année civile, soit la fin de la saison sportive 2016/2017. Il est évident qu’à partir du mois de septembre l’activité ne sera pas atone. Ne serait-ce qu’au mois de novembre avec un grand rassemblement aux Pays-Bas, à l’initiative de l’IMAF Europe. Rassemblement auquel je suis convié.

Parmi les autres projets, il en est un qui me tient à cœur et qui devrait se concrétiser, mais qui n’a pu voir le jour car d’autres priorités se manifestaient. Il s’agit de créer une association qui regrouperait ceux qui sont et qui ont été mes élèves. En effet, depuis mes débuts dans l’enseignement à l’aube des années 1970, ce sont plusieurs centaines de personnes à qui j’ai donné le gout de la pratique de notre art martial. Beaucoup sont devenus de valeureux jujitsukas, puisque c’est aussi un nombre important de ceintures noires qui ont été formées. Sans oublier les élèves qui ont brillés à l’occasion des coupes techniques et ceux qui ont eu la chance de fouler des tatamis prestigieux comme celui de Bercy en me servant de partenaires. Mais aussi et surtout l’immense majorité qui a pris du plaisir au travers d’une pratique plus ou moins régulière, plus ou moins longue, et pour qui cela a pu améliorer un tant soit peu la vie.

Aussi, j’ai pensé réunir au sein d’une sorte d’Amicale ceux qui le souhaitent (anciens et actuels), mais pas au nom d’une forme de nostalgie, mais simplement pour appartenir à un groupe dans lequel les membres sont unis par un lien fort : le ju-jitsu. Plus exactement une forme de ju-jistu traditionnel, animé d’un certain état d’esprit. Une méthode de combat dans laquelle sera recherchée la finesse technique, mais aussi un idéal de comportement. Je reviendrai très, très vite – dès la semaine prochaine – et plus longuement sur ce projet.

A bientôt sur les tatamis, pour certains, pour les autres, les réseaux sociaux sont là pour continuer à communiquer. Une fois de plus je vous souhaite une excellente année 2017.

 

Site ju-jitsu Eric Pariset : www.jujitsuericpariset.com