S comme Samouraï

Pour la lettre S de mon dictionnaire c’est tout naturellement que je me suis arrêté à « Samouraï ».

Comme pour chaque personnage ou élément qui compose ce dictionnaire, l’objectif n’est pas de faire un exposé sur le sujet, mais d’exprimer ce qu’il a représenté et représente pour moi.

Samouraï : ce mot je l’ai lu, entendu et prononcé un nombre de fois incalculable ; peut-il en être autrement dans la vie d’un pratiquant d’arts martiaux ? Ces valeureux guerriers sont indissociables d’une carrière consacrée aux disciplines de combat ; presqu’au point de souhaiter leur ressembler, non pas dans leur « métier », mais pour leur esprit ; acquérir cette farouche volonté, cette rigueur, cette efficacité et ce sens du raffinement dans le combat, et cet attachement à de belles valeurs, autant d’éléments qui ont participé à leur gloire et à leur histoire. Encore maintenant, Il n’y a pas plus beau compliment que celui de recevoir le qualificatif de samouraï. Non pas pour le maniement du sabre que nous ne portons plus, mais pour les valeurs exprimées ci-dessus.

Ceci étant, ne nous méprenons pas, ces hommes n’étaient pas des tendres et les combats qu’ils se livraient se finissaient par la mort d’un des deux protagonistes. Nous n’en sommes plus là, bien heureusement.

Pour ma part, deux mots me viennent spontanément à l’esprit pour les qualifier (et qualifier un « samouraï des temps modernes ») : courage et respect.

Le plus célèbre d’entre eux est incontestablement Miyamoto Musashi (1584-1645), grâce à son parcours, ses combats et ses écrits. On ne peut qu’encourager la lecture du « Traité des cinq roues ». Dans ce recueil, le samouraï philosophe fait état des cinq éléments qui représentent la nature entière : Terre, Eau, Feu, Vent, Vide. Il invite à transposer l’art de l’épée ; de l’appliquer à la vie quotidienne et qu’il devienne un art de vivre.

Je conclurai par une petite histoire : « Trois mouches » (déjà publiée sur mon blog). Réalité ou légende ? Peu importe, elle est savoureuse et démontre que parfois on peut vaincre sans combattre.

Trois mouches.

Dans une auberge isolée, un samouraï est installé, seul à une table. Malgré trois mouches qui tournent autour de lui, il reste d’un calme surprenant. Trois rônins entrent à leur tour dans l’auberge. Ils remarquent aussitôt avec envie la magnifique paire de sabres que porte l’homme isolé. Sûrs de leur coup, trois contre un, ils s’assoient à une table voisine et mettent tout en œuvre pour provoquer le samouraï. Celui-ci reste imperturbable comme s’il n’avait pas remarqué la présence des trois rônins. Loin de se décourager, les rônins se font de plus en plus railleurs. Tout à coup, en trois gestes rapides, le samouraï attrape les trois mouches qui tournaient autour de lui, et ce, avec les baguettes qu’il tenait à la main. Puis calmement, il repose les baguettes, parfaitement indifférent au trouble qu’il venait de provoquer parmi les rônins. En effet, non seulement ceux-ci s’étaient tus, mais pris de panique, ils n’avaient pas tardé à s’enfuir. Ils venaient de comprendre à temps qu’ils s’étaient attaqués à un homme d’une maitrise redoutable. Plus tard, ils finirent par apprendre, avec effroi, que celui qui les avait si habilement découragés était le fameux Miyamoto Musashi.  

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R comme Randori

Pour la lettre R de mon dictionnaire, j’ai choisi le mot Randori. C’est donc un article plus technique qui est proposé. J’aurais pu choisir R comme Respect ou R comme Reconnaissance ou encore R comme Remerciements, mais les lignes auraient été empreintes d’une certaine « négativité » face à quelques réalités.

Restons dans la « positivité » et revenons à « notre Randori ».

En guise d’introduction je propose une définition glanée sur Internet et qui me semble être un parfait résumé : « Exercice libre orienté vers l’attaque. Le randori permet la rencontre de deux partenaires dans une confrontation dont la victoire ou la défaite n’est pas l’enjeu ».

Le randori est sans doute l’exercice le plus important pour progresser et le plus agréable à pratiquer à condition de le faire avec un partenaire habité par un état d’esprit identique.

Le randori existe dans la plupart des arts martiaux, qu’ils soient ou non à but compétitif. On peut traduire ce mot par « exercice libre ». Libre dans l’utilisation des techniques et leurs enchainements, dans l’adaptation aux situations. C’est à la fois un exercice de perfectionnement technique et d’amélioration de la condition physique mais c’est aussi un moment de vérité où l’on peut se tester dans une situation d’opposition, même si cette opposition est codifiée pour des raisons évidentes de sécurité, entre autres. Je le définirai comme un exercice d’opposition codifiée à thème.

Il est important pour trois raisons principales. D’abord il permet de progresser dans l’attaque et la défense, ensuite il participe à l’acquisition et au renforcement de la condition physique et enfin, s’il est fait dans un bon état d’esprit, on prend beaucoup de plaisir dans une opposition aux allures de jeux. On peut ainsi mesurer les progrès ; par exemple, le jour où il devient possible de projeter quelqu’un alors que cela ne l’était pas quelques temps avant.

En ju-jitsu, les trois principaux thèmes sont le randori d’atemi (les coups) le randori de projections et le randori au sol. Ils permettent de se perfectionner dans chacun de ces trois domaines en toute sécurité. A titre personnel, je suis contre un exercice d’opposition dans lequel tout est autorisé. A ceux qui ne partagent pas ce point de vue au motif que dans la réalité tout est permis, je réponds que la réalité c’est la réalité et que l’entraînement c’est l’entraînement. Dans ce dernier, les consignes d’efficacité et de sécurité sont indissociables. Une pratique constructive se fait en limitant les situations dans lesquelles les risques de blessures sont plus importants.

Dans ces affrontements qui sont essentiellement axés sur le renforcement du système d’attaque, il est évident que l’on travaille aussi la défense. Ne serait-ce que pour proposer à son partenaire une opposition correcte.

Je concluerai en soulignant que chacun des trois principaux secteurs évoqués (coups, projections et travail au sol) possède ses particularités dans le plaisir procuré. Pour le travail des projections, arriver à « faire tomber » quelqu’un à l’aide d’une belle réalisation ou un enchaînement ou encore l’application du fameux principe action-réaction est une joie que seuls ceux qui la connaissent peuvent en attester. Dans le travail au sol, l’affrontement est différent dans la mesure où, ne réclamant pas autant de vitesse d’exécution, il offre la possibilité de « fourbir » sa stratégie, de préparer plusieurs « coups » à l’avance, de prendre son temps dans l’action et dans la satisfaction. Enfin, et pour terminer, on peut établir un parallèle entre le randori « coups de poings et pieds » et une conversation. « L’assaut courtois », tel que l’on nommait cet exercice du temps de Charlemont, le fondateur de la boxe française, peut s’assimiler à une discussion au cours de laquelle les deux protagonistes éviteraient de parler en même temps, sans pour autant se priver de défendre leurs propres arguments en coupant la parole (poliment) s’il le faut, mais au cours de laquelle ne serait prononcé aucun « gros mot ».

Alors, lors des séances d’entraînement, n’oubliez pas les randoris !

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Une journée à Léognan

Dimanche dernier un stage d’une journée était proposé à Léognan dans le département de la Gironde, à quelques kilomètres de Bordeaux.

C’est à l’initiative de Michel et Nicole Dourthe,dynamiques dirigeants des « Arts Martiaux de Léognan », qu’était organisé ce rassemblement.

Dans les années 1980 et 1990, c’était presque tous les week-ends que je me rendais en province pour animer de telles journées. Il s’agissait d’une autre époque.

Ces journées sont toujours de bons moments. Elles se déroulent la plupart du temps selon un rituel dont on ne se lasse pas. Le 13 janvier était un modèle du genre.

Un départ de Niort (injustement caricaturée dernièrement), tôt le matin, avec une météo fraiche et humide, qui m’a épargné neige et/ou verglas, mais pas de rouler de nuit ; nous sommes encore dans les jours les plus courts, surtout le matin.

Après deux heures et quelques de route et à l’aide du GPS, je trouve le dojo situé en pleine nature. Un beau dojo doté d’un tatami de deux cents cinquante mètres carrés environ. Les stagiaires commencent à arriver et c’est l’occasion de retrouver des visages connus et d’en découvrir de nouveaux ; fidélité et nouveauté sont au rendez-vous. Un café et nous entamons la séance du matin.

En principe, j’aime bien commencer par un pur travail sur les atémis (les coups), que je considère comme une suite naturelle à l’échauffement. On continue avec des défenses sur les atémis en question, ce qui permet d’aborder les projections et les contrôles.

A midi, la pause est la bienvenue et nous nous rendons dans un restaurant pour vivre un agréable moment de convivialité et de reprise d’énergie. En l’occurrence, dimanche dernier, il s’agissait d’un restaurant chinois, un de ceux qui proposent un buffet à volonté dans lequel certains n’hésitent pas à se répandre comme s’ils n’avaient pas manger depuis des lustres. Je ne parle pas des stagiaires, eux sont conscients des risques encourus par une digestion trop lourde entreprise sur les tatamis.

Les tatamis justement, nous les retrouvons à 14 h 30 ; la remise en route est délicate, aussi c’est par du travail au sol qu’il est judicieux de commencer ; ce domaine impose moins de réactivité. Une fois que le tube digestif a en partie effectué son travail, nous pouvons passer à un thème précis. Ce jour-là, j’avais choisi de proposer différentes défenses à partir d’attaques des « 16 techniques », ce qui offre beaucoup de possibilités.

Pour terminer cette deuxième séance et le stage, l’exercice des « techniques démontrées et enchaînées », que mes fidèles stagiaires connaissent bien, recueille à chaque fois une parfaite adhésion. Il s’agit d’un travail technique rythmé, renforçant la condition physique et la mémoire, mais il est surtout un déclencheur d’enthousiasme et de dynamisme.

Après une douche salvatrice et avant de se quitter, il y a un moment toujours très agréable, autour de quelques friandises et jus de fruit, avec des échanges sur la journée, l’évocation de souvenirs communs, mais aussi de projets, la signature des passeports sportifs et la promesse de se retrouver rapidement. Je me plie aussi, avec la plus grande satisfaction à quelques dédicaces.

J’en profite aussi pour remercier les stagiaires pour leur présence. En effet, ce n’est pas évident de quitter le dimanche matin un logement douillet, surtout en hiver, de laisser la famille et de sacrifier le repas dominical ; tout ça pour passer quatre heures dans un dojo (parfois mal chauffé, ce qui n’était pas le cas à Léognan) dans lequel on va transpirer, prendre quelques fois des coups, subir des chutes, bref faire souffrir quelque peu son corps, même si c’est pour une bonne cause, celle d’assouvir sa passion vouée au ju-jitsu.

Vient le moment du retour ; deux heures de route (encore de nuit, nous sommes toujours en hiver) durant lesquelles l’esprit déroule le film d’une journée aussi intense qu’enthousiasmante. La fatigue est présente, mais il s’agit d’une « bonne fatigue », enveloppée par la satisfaction d’avoir donné le maximum en faisant son métier le mieux possible ; et quel beau métier !

Vivement le prochain rendez-vous !

Sur la photo : Michel Dourthe Directeur Technique, votre serviteur, Christian Walgraeve professeur et Nicole Dourthe présidente

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« La bonne année »

Que pouvons-nous souhaiter à des pratiquants d’arts martiaux en ce début d’année, en dehors des vœux traditionnels ?

Tout d’abord de terminer, au moins, la saison commencée ; ce souhait est valable pour tous, mais peut-être davantage pour ceux qui sont entrés dans le monde des arts martiaux en septembre dernier ; les autres, en principe, ne lâchent la pratique qu’en cas de force majeur. Mais il est vrai que les tatamis sont moins fréquentés en fin de saison ! Les beaux jours ne sont pas la seule explication.

Ensuite on peut souhaiter évidemment de ne pas se blesser. Non seulement parce que ce n’est jamais agréable, mais aussi parce que cela implique fatalement une période sans entraînement, donc sans plaisir ni progrès ! Et puis, une fois guéri, c’est parfois difficile de « s’y remettre ».

On peut espérer aussi franchir les étapes et « monter en grade », même si ce n’est pas l’essentiel ; cela est synonyme de régularité, de persévérance, de rigueur et d’évolution ! Les ceintures de plus en plus foncées et les « dans » sont aussi de réels encouragements. Et puis, il y a ce fameux graal que représente la ceinture noire. Elle doit être considérée non pas comme un aboutissement, mais comme un accomplissement (j’emprunte cette formule à un ancien élève) et comme une étape extrêmement agréable à franchir. Une fois acquise, la ceinture noire devient synonyme d’un engagement, celui de ne jamais arrêter d’être présent dans un dojo, pour pratiquer et/ou transmettre !

Effectivement, on souhaite une présence régulière pour progresser, mais aussi pour retransmettre. C’est valable dans toutes les matières, dans toutes les disciplines sportives, mais disons que cela est vraiment dans l’ADN des arts martiaux, davantage qu’ailleurs.

Plus globalement, mais en restant dans le monde des budos, on peut espérer que s’inversent les statistiques qui font état de plus de 50 % d’abandons d’une saison à l’autre. S’agissant d’une moyenne, cela signifie que certains clubs perdent chaque année bien plus que la moitié de leur effectif. Par conséquent, cela implique un renouvellement considérable d’élèves après chaque été. Il est donc indispensable d’être attractif et de proposer ce que les futurs pratiquants attendent. Mais, ces clubs qui perdent beaucoup d’élèves, sont-ils capables d’en attirer beaucoup d’autres ?

Même si un nombre significatif d’abandons est inévitable, on doit pouvoir en juguler une part non négligeable. Peut-être en proposant une pratique moins brutale, donc moins accidentogène, en respectant davantage les diverses aspirations, en définissant des objectifs et en fournissant les moyens de les atteindre, etc. Bref, en faisant part d’un professionnalisme irréprochable. Ce n’est pas toujours le cas, malheureusement.

Enfin on peut souhaiter que les arts martiaux continuent à participer à l’éducation, et cela dans tous les domaines et que le « code moral » affiché dans la plupart des dojos soit appliqué. Je reviens souvent sur cet aspect éducatif, mais comme dans beaucoup de domaines, ce sont les répétitions qui font progresser.

Bonne année et bonne pratique à tous.

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L’ordre des choses

Certains ont la chance d’être encore pour quelques heures en vacances, d’autres sont déjà (ou encore) au travail, mais comme beaucoup de dojos ne reprennent les cours  que la semaine prochaine, voilà pour patienter, un extrait de l’excellent ouvrage « Contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon ». Extrait déjà proposé il y a quelques mois et dans lequel il est question du respect de  « l’ordre des choses» !

«La loi de l’équilibre»

Ayant l’occasion de séjourner au Japon au début du siècle dernier, un européen avait décidé d’y apprendre le ju-jitsu qui lui paraissait être une méthode de combat redoutable. Il commença donc à suivre les cours d’un Maître renommé.

Mais quelle ne fut pas sa surprise quand, au bout de la troisième séance, il n’avait toujours appris aucune technique de combat ! Il s’était seulement exercé à des mouvements très lents, en décontraction. A la fin de la séance, il décida d’aller trouver le Maître.

« Monsieur, depuis que je suis ici, je n’ai rien fait qui ressemble à des exercices de lutte.

– « Asseyez-vous, je vous prie », déclara le Maître.

L’européen s’installa négligemment sur le tatami et le Maître s’assit en face de lui.

« Quand commencerez-vous à m’enseigner le ju-jitsu ? »

Le Maître sourit et demanda :

– « Etes-vous bien assis ? »

– «  Je ne sais pas…Y a-t-il une bonne façon de s’asseoir ? »

Pour toute réponse, le Maître désigna de la main la façon dont il s’était lui-même assis, le dos bien droit, la tête dans le prolongement de la colonne vertébrale.

– « Mais écoutez, reprit l’Européen, je ne suis pas venu ici pour apprendre à m’asseoir. »

– « Je sais, dit patiemment le Maître, je sais, vous voulez apprendre à lutter. Mais comment pouvez-vous lutter si vous ne cherchez pas l’équilibre ? »

– « Je ne vois vraiment pas le rapport entre le fait de s’asseoir et le combat.»

-« Si vous ne pouvez rester en équilibre quand vous êtes assis, c’est-à-dire dans l’attitude la plus simple, comment voulez-vous garder l’équilibre dans toutes les circonstances de la vie et surtout, dans un combat ? »

S’approchant de son élève étranger qui restait perplexe, le japonais le poussa légèrement. L’européen tomba à la renverse. Le Maître, toujours assis, lui demanda alors d’essayer de le renverser à son tour. Poussant d’abord timidement d’une main, puis y mettant les deux, l’élève finit par s’arc-bouter vigoureusement contre le Maître, sans succès. Soudain, ce dernier se déplaça légèrement et l’autre bascula en avant, s’étalant de tout son long sur les tatamis.

Esquissant un sourire, le Maître ajouta :

– « J’espère que vous commencez à comprendre l’importance de l’équilibre. »

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Une très belle histoire

Voici une très belle histoire pour finir agréablement une année quelque peu éprouvante. Une histoire extraite d’un livre intitulé : « Petite philosophie du matin » de Catherine Rambert. Bonne fin d’année à tous. (Ce magnifique récit avait déjà été proposé sur ce blog à la fin de l’année 2015.)

« Les deux malades »

Deux hommes, sérieusement malades, occupaient la même chambre d’hôpital. Tous deux devaient rester alités, mais l’un des deux avait l’autorisation de se redresser dans son lit, pendant une heure, chaque après-midi, tandis que son compagnon d’infortune devait rester couché.

Le lit du premier homme étant situé juste à côté de la fenêtre, il profitait du laps de temps où il pouvait s’asseoir pour regarder au-dehors et décrire à son ami tout ce qui se passait à l’extérieur.

La chambre donnait sur un parc avec un magnifique lac. Les canards et les cygnes jouaient sur l’eau, tandis que les enfants faisaient naviguer leurs bateaux miniatures. Les jeunes amoureux marchaient bras dessus, bras dessous. Tout cela était beau et bucolique. Pendant une heure, l’homme assis décrivait tout à son compagnon avec force détails.

Ce moment embellissait la journée. Les deux hommes en profitaient pour se raconter leurs souvenirs, évoquer les enfants et leur famille… Pendant ce temps, tous deux oubliaient leur maladie, et cela mettait un peu de douceur dans leur malheur.

Au fur et à mesure des semaines, ce rendez-vous de l’après-midi devint une forme de récompense qui égayait leur vie quotidienne.

Quand l’heure arrivait, la féérie narrative recommençait. L’homme décrivait les fleurs, les arbres, en essayant de deviner leur variété, les enfants qui jouaient dans le bac à sable, la vue sur la ville au loin… En écoutant ces détails, l’autre fermait les yeux de bonheur en imaginant ces scènes belles et pittoresques.

La vie s’écoulait ainsi. Mais un matin, l’infirmière entra dans la chambre et découvrit que l’homme près de la fenêtre s’était éteint dans son sommeil.

Attristée, elle se fit aider pour enlever le corps, sous les yeux de son voisin, qui pleura la disparition de son ami.

Lorsqu’il sentit le moment propice, il demanda s’il pouvait être placé dans le lit à côté de la fenêtre. L’infirmière fut heureuse de lui faire ce plaisir et après s’être assuré qu’il était confortablement installé, le laissa seul.

Lentement, il se hissa sur un coude pour jeter un premier coup d’œil à l’extérieur. Il aurait enfin la joie de voir par lui-même tout ce que son compagnon savait si bien lui décrire… mais tout ce qu’il vit fut un mur.

Pourquoi son compagnon disparu lui avait-il décrit tant de merveilles alors qu’il n’en n’était rien ? demanda-t-il à l’infirmière.

« Sans doute pour vous donner du courage, répondit cette dernière en souriant, car, vous ne le saviez peut-être pas, mais il était aveugle. »

La morale de cette histoire est qu’il y a un bonheur immense à rendre les autres heureux, en dépit de ses propres soucis.

Et que si la peine partagée divise par deux la douleur, alors la joie partagée sera double.

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2018 : mini bilan !

Encore une année au cours de laquelle aucune forme de violence ne nous aura été épargnée, et cela malgré les bons vœux que nous ne manquons pas de nous souhaiter au moment du nouvel an. Pour ceux qui prônent la non-violence, quelle déception ! Ce n’est pas une raison pour abdiquer face à ce fléau. « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre (et persévérer) » !

A titre personnel et professionnel, ces douze mois auront été marqués par le plaisir de retrouver régulièrement de fidèles élèves à l’occasion des rendez-vous parisiens qui se tiennent à un rythme mensuel ; de commencer, par l’intermédiaire de mon blog, mon dictionnaire des arts martiaux et de proposer chaque semaine, sur ce même blog, et relayés sur Facebook, des billets d’humeur. Ces articles traitent de sujets en rapport direct avec le ju-jitsu, le judo et les arts martiaux ; le nombre croissant de personnes concernées ainsi que les commentaires confortent à la fois mes opinions et l’envie de poursuivre cet exercice qui me procure énormément de plaisir.

Du coté déception, la plus grande restera sans conteste mon projet de réinstallation parisienne qui n’a pu aboutir à l’occasion de la rentrée. Il n’y a pas de mystère autour de cet événement, tout simplement un problème logistique : l’impossibilité de trouver un logement. La vie parisienne est assurément de plus en plus compliquée. Je ne considère pas cela comme un échec (et quand bien même !) mais comme un gros contretemps, la vie ne nous en prive pas ! Et puis, lorsque l’on entreprend, l’aboutissement n’est pas systématiquement garanti, ceux qui ont (ou qui ont eu) l’envie et la possibilité de « se lancer » savent de quoi il s’agit. Le projet n’est donc pas abandonné pour autant.

Durant cette année, j’ai aussi pu « considérer » toutes les facettes de l’âme humaine ; en commençant par l’indéfectible fidélité, en passant par la redoutable indifférence, pour finir dans certain cas, par l’ineffable médiocrité et l’inévitable trahison ! Parfois aussi, comme le disait Beaudelaire, j’ai pu croiser : « la bêtise au front de taureau ».

Il existe une autre désillusion en liaison directe avec le début de cet article, avec le constat que cette fichue violence investi certains dojos par l’intermédiaire d’une pratique très « musclée ». Mais pouvons-nous encore appeler « dojos », ces lieux dans lesquels est oublié l’aspect éducatif ?

Ce fléau, nous le retrouvons malheureusement dans d’autres sports, par la faute d’une pratique violente, non pas forcément dans l’esprit, mais dans la forme ; pour de malheureuses raisons, on exige toujours plus de performances, en faisant fi d’une simple définition : «le sport améliore l’homme ». En oubliant aussi, comme je l’indiquais dans un article mis en ligne le 14 novembre dernier, que le sport est également un loisir dans lequel la notion d’opposition peut (et doit) prendre la forme d’un jeu, pour les plus jeunes, notamment !

Sur un plan positif, en sport tout du moins, notre pays a connu des moments intenses, même si l’emballement autour de certains résultats parait excessif, mais ce n’est qu’un point de vue personnel. Ceci étant, il est préférable d’assister à des moments de liesse plutôt qu’à des affrontements de rue.

Au moment où une nouvelle année se profile à l’horizon, souhaitons tout simplement que chaque être humain, à la place qui est la sienne, puisse être animé de raison et de responsabilité et que la solidarité ne soit pas qu’un mot, surtout dans les dojos dignes de ce nom ; n’oublions pas que Jigoro Kano évoquait régulièrement le principe « d’entraide mutuelle » ! Joyeuses fêtes à tous !

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Les pionniers

La triste nouvelle de la disparition de Luc Levannier que j’avais relayée la semaine dernière sur ma page Facebook, ainsi que les commentaires qu’elle avait suscités m’ont inspiré quelques réflexions.

D’abord concernant Luc Levannier. Il était un des pionniers du judo français, ceux à qui nous devons l’incroyable engouement suscité par cet art martial dans notre pays ; c’était aussi un grand technicien amoureux de la beauté du geste et attaché aux principes de base du judo. J’ai eu la chance et le plaisir de le côtoyer dans les années 1990, nos réunions traitaient bien évidemment de nos deux disciplines, le judo et le ju-jitsu. En plus de ses compétences techniques et pédagogiques, j’appréciais sa conception des arts martiaux qui lui avait d’ailleurs fait prendre ses distances avec une certaine politique ultra-sportive. Un jour, il avait eu une formule que je n’oublierai jamais : «Nous pratiquons des arts martiaux bios ». Je trouvais cette formule très jolie et bien imagée ; j’étais très flatté qu’il m’y associe. Enfin, chez lui, j’aimais une autre grande qualité, plus exactement l’absence d’un certain défaut : la « compromission » ! Il était fidèle à ses convictions, et ce n’était pas pour me déplaire !

L’autre réflexion qui me vient spontanément à l’esprit, c’est que l’actualité allant très vite, les évènements s’enchaînant à un rythme de plus en plus rapide, nous avons tendance à tourner les pages de plus en plus prestement et à oublier un peu trop vite ceux qui nous quittent ; la mémoire a tendance à se raccourcir.

J’ai eu la chance de connaitre quelques uns de ces fameux « pionniers du judo français » ; ils possédaient en commun la passion de leur art, ils avaient une très haute considération de leur mission, celle de transmettre. Ils étaient animés toute à la fois par la fraicheur liée à la découverte, mais aussi par une incroyable maturité dans leur attitude de transmission. Leurs dojos n’étaient pas des sanctuaires, mais il y « transpirait » aussi l’expression exacte de la traduction de dojo : le lieu où l’on trouve la voie. Cela commençait par le respect de certaines règles élémentaires, le respect des lieux et des personnes qu’aucun n’aurait eu l’idée de transgresser.

A propos de ces pionniers, il existe un excellent ouvrage qui leur rend hommage en évoquant avec précision leurs parcours ; il s’agit du livre, le bien nommé, « les pionniers du judo français » écrit par Claude Thibaud, une autre personnalité de notre judo national que l’on pourrait qualifier d’historien de judo français. La première parution de ce livre remonte à 1966, une réédition actualisée à l’année 2000 (chez Budo Editions).

Parmi les sommités qui figurent dans cet ouvrage, je citerai les noms de ceux dont j’ai pu bénéficier de l’enseignement et qui m’ont influencé : Guy Pelletier, Maurice Gruel, Jacques Leberre, Luc Levannier et bien évidemment Henri Courtine et… Bernard Pariset. Mais il y en a beaucoup d’autres que je n’ai pas eu la chance de connaitre et qui ont marqué le pays. Et puis il ne faut surtout pas oublier les experts japonais qui se sont installés en France, notamment Mikinosuke Kawashi et Shozo Awazu. Ensuite, d’autres « grands noms » qui ne figurent pas dans cet excellent ouvrage sont venus grossir la liste de ces experts. Je suis peut-être de la « Vieille Ecole », celle animée par des sentiments qui semblent désuets et dépassés à certains, celle qui respecte les « anciens » surtout lorsqu’ils ont accompli de tels parcours. (Et je l’assume pleinement !)

Dans cette période pour le moins troublée je terminerai avec une notre positive. En effet, le nombre important de réactions et de commentaires sur ma page Facebook – à propos de Luc Levannier (en pourcentage par rapport aux autres parutions) – me font penser que, s’agissant d’un homme habité par des valeurs essentielles, tout n’est peut-être pas perdu dans certains domaines.

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Atemi-waza

Cette semaine, c’est un article technique qui est proposé.

La photo qui lui sert d’illustration présente la couverture d’un livre paru au milieu des années 1980. Comme son titre l’indique, il est consacré à l’une des trois composantes du ju-jitsu, à savoir l’atemi-waza, le travail des coups. Dans cette parution sont proposés des exercices appartenant à un domaine qui doit être traité à part égale avec les deux autres familles que sont le nage-waza, le travail des projections et le katame-waza, celui des contrôles. Pour le moment ce livre n’est plus disponible, une réédition est envisagée.

Il comporte des exercices de renforcements, des méthodes d’entraînement à pratiquer seul et avec un ou plusieurs partenaires, mais aussi un enchaînement appelé les « 16 atemis ». Une suite de ripostes en atémi répondant à des attaques portées également et exclusivement avec des coups : coups de poing, de pied, de genou, etc. Une des particularités de cet enchaînement réside dans le fait de proposer des ripostes compatibles avec les autres composantes du ju-jitsu, partant du principe que l’utilisation des coups dans notre discipline n’est pas une finalité, mais une manière d’y parvenir, puisqu’ils servent essentiellement à « fixer » et/ou à déséquilibrer l’adversaire. Cela implique plusieurs recommandations.

D’abord que la « garde » (la posture) soit très naturelle pour donner la possibilité d’enchaîner chaque technique avec une projection ou un contrôle en clef, ou étranglement. Une garde trop basse ralentira forcément les liaisons et interdira bon nombre de grandes projections. Et puis tout simplement nous devons être à même de réagir très vite à partir d’une position naturelle, celle de la vie de « tous les jours ». Ensuite, il est important de ne pas mettre toute l’énergie dans « le coup », puisqu’il n’est pas une finalité, celle-ci étant obtenue par une technique appartenant à l’une des deux autres familles.

Lors de l’exécution et des répétitions il faudra respecter une autre particularité, qui existe déjà dans le goshin-jitsu, celle de changer de place entre chaque technique, ce qui permet de se remettre à distance de façon harmonieuse. Certaines attaques et ripostes de l’enchaînement sont d’ailleurs inspirées du célèbre kata.

A la toute fin du livre sont proposés quatre exemples d’enchaînement avec clef, projection et étranglement, toujours dans le but d’illustrer la compatibilité entre les différentes composantes du ju-jitsu.

Pour résumer cet article et en guise de conclusion, j’insisterai sur le fait que l’atemi-waza a toujours appartenu au ju-jitsu (nous le trouvons même dans un ouvrage réalisé par le kodokan), qu’à ce titre il ne doit pas être négligé et même valorisé, et surtout travaillé dans des attitudes compatibles avec les autres composantes de notre discipline. Enfin, on apprend ces techniques de coups aussi bien pour se défendre que pour apprendre à s’en défendre, cela semble logique.

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P comme Bernard Pariset

Aujourd’hui c’est de la lettre P de mon dictionnaire dont il est question. Pouvait-elle être consacrée à une autre personne que celle évoquée dans les lignes qui suivent ?

P comme Bernard Pariset

En 1947, un jeune homme de dix-sept-ans se présente devant le 11 de la rue des Martyrs, dans un des quartiers les plus attachants de la capitale, le IXème arrondissement. Sur le mur, à coté de la porte d’entrée, une plaque porte l’inscription : « Club français de jiu-jitsu ».

Le jeune homme s’appelle Bernard Pariset ; il a été mon professeur, mon mentor, mais aussi – et surtout – mon père.

Il était né à la fin de l’année 1929 à Pantin, en Seine-Saint-Denis et a passé son enfance dans le XIIème arrondissement. Sa préadolescence a été marquée par la seconde guerre mondiale et des difficultés à tenir en place.

Très vite s’est imposé le fait que rester assis toute la journée n’était pas vraiment pour lui ; il préférait les activités physiques, les randonnées dans la campagne, le camping sauvage, les baignades en rivière, c’était un amoureux de la nature. Doté d’une curiosité naturelle, toutes ces activités plutôt physiques, ne l’empêchaient pas de nourrir un esprit très vif. Cet amour de la nature a sans doute été une des raisons de son rapprochement avec une matière noble : le bois. En effet, il est devenu apprenti dans une ébénisterie. Il possédait un certain talent dans la sculpture. Les figurines de samouraïs et autres judokas et ju-jitsukas créées dans la dernière partie de sa vie, en attestent. Mais sa véritable passion c’était bien évidemment le judo.

D’un gabarit modeste et d’un tempérament bouillonnant, il avait entendu parler de « ce judo », cette lutte un peu particulière dans laquelle les petits pouvaient faire tomber les grands. Par la suite il ne s’est pas gêné pour prouver que c’était possible, et de quelle manière !

Dans ce dojo de la rue des martyrs, Il franchit rapidement les échelons et il en devient très vite la référence. En 1954, au décès de son professeur, Roger Piquemal, il en prend les commandes et cela jusqu’à sa disparition en 2004.

A ses débuts, de son propre aveu, sa technique était assez rudimentaire. Les règles d’arbitrage étant beaucoup plus « libres », les combats d’entraînement (les randoris) offraient une physionomie différente de celle qui existe actuellement. Attraper la jambe de l’adversaire et pousser jusqu’à ce qu’il chute lui plaisait beaucoup et lui convenait tout à fait. Le problème, qui n’en était pas un, c’est que très vite il n’y avait plus un combattant au club pour résister à cette technique rustre, mais incontestablement ravageuse. Ensuite, sa technique s’est adaptée à sa morphologie et aux besoins du « toutes catégories », avec ses redoutables « mouvements d’épaules » (comme on disait à l’époque pour désigner les seoi nage), et puis elle s’est très vite affinée dans tous les domaines. Le travail au sol est notamment devenu un secteur dans lequel il faisait référence.

Ses « spéciaux » et un tempérament de combattant hors du commun lui ont permis de se constituer un palmarès exceptionnel. Champion de France et d’Europe, médaille de bronze aux premiers championnats du Monde qui se déroulaient à Tokyo en 1956, autant de titres conquis en « toutes catégories » ce qui leur confèrent davantage de saveur et un incontestable respect, surtout lorsqu’on mesure à peine un mètre soixante dix.

Mais il n’a pas été qu’un champion d’exception, il a occupé aussi différentes fonctions au sein de la fédération de judo : conseiller technique, entraîneur national, directeur des équipes de France, membre de la commission nationale de grades. On lui doit aussi la remise en valeur du ju-jitsu au début des années 1970, ce qui n’est pas rien ! Il a aussi publié différents ouvrages sur le judo et évidement sur le ju-jitsu.

On ne peut évoquer ce fantastique parcours sans rappeler qu’avec Henri Courtine ils ont été les premiers 6ème dan en 1968. Il en a été de même du 7ème au 9ème dan. Ils étaient les meilleurs adversaires sur les tatamis de compétition et les meilleurs amis dans la vie. Leurs styles différents et leurs caractères aux antipodes ont été d’une exceptionnelle complémentarité, pour servir et marquer de leurs empreintes le judo français.

Durant toute sa carrière il ne s’est jamais détaché de la base, puisqu’il n’a cessé de s’occuper de son club de la rue des Martyrs (que l’on ne peut s’empêcher de lui associer totalement). Ce qui a permis à des centaines de pratiquants de profiter d’une pédagogie aussi pragmatique qu’efficace. Sous sa houlette le « Club Français » s’est constitué un palmarès impressionnant par équipe ; l’équipe A étant à plusieurs reprises confrontée à l’équipe B en finale du championnat national ; le club est aussi devenu champion d’Europe par équipe. Le dojo n’a pas manqué non plus de produire de belles individualités.

Le fait de ne jamais quitter cette base que représente un club dans lequel se côtoient des pratiquants de tous âges et de toutes conditions sociales, de s’occuper aussi bien des ceintures blanches que des plus hauts gradés, tout cela lui permettait d’être à l’écoute de tous et d’observer ainsi l’ensemble des motivations. Faire le constat, par exemple, que si les titres glanés apportaient du prestige, ce n’était pas forcément ce qui intéressait le « samouraï de base ». Celui-ci étant souvent, par exemple, attiré par l’aspect self-défense.

En dehors des tatamis, il n’était pas dénué de passion. L’équitation était son deuxième centre d’intérêt, à tel point que dans ce département de l’Yonne qu’il aimait particulièrement, il s’est occupé durant de nombreuses années d’un centre équestre.

Dans la vie, beaucoup de choses l’intéressaient, même s’il posait sur les soubresauts de notre société un regard circonspect et parfois navré. Il était pourvu d’un bon sens désarmant et sa liberté d’action était son bien le plus précieux ; il a toujours refusé les contraintes que pouvaient imposer des organisations trop rigides dans leur fonctionnement. Il avait aussi comme caractéristique un « esprit de conquête » qui le faisait toujours aller de l’avant.

Diminué physiquement en avançant en âge, il « payait » les excès d’une carrière sportive durant laquelle il ne s’était jamais ménagé, il n’a pas voulu envisager de finir sa vie sans pouvoir vraiment la vivre… Il était parfois excessif ! Il l’a prouvé malheureusement une dernière fois le 26 novembre 2004, avant de rejoindre « le jardin du souvenir »  des samouraïs.

Ci-dessous, quelques citations que nous lui devons. Humoristique : «Les catégories de poids ont été inventées pour mettre les poids lourds à l’abri des plus légers ». Compatissant (s’adressant à une personne de grande taille) : «Vous êtes grand, mais ce n’est pas de votre faute ».  Il était aussi très bavard et dans les réunions, c’était très drôle de l’entendre demander à ses interlocuteurs, qui ne pouvaient pas « en placer une », de bien vouloir le laisser s’exprimer.

Il avait aussi un sacré caractère, je suis bien placé pour le savoir, cela n’a pas été tous les jours facile d’être le fils unique de Bernard Pariset, mais est-ce possible de faire une telle carrière sans caractère ?

En janvier 2005, la fédération de judo lui a rendu un bel hommage lors de la cérémonie des vœux. A cette occasion « l’immense » (dans tous les sens du terme) Anton Geesink s’était déplacé et avait pris la parole pour un discours des plus émouvants. En 2006 le ministère des sports l’a promu « gloire du sport». Hommage et récompense amplement mérités.

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