Violence…

SAMOURAI

Violence…

L’éradication de ce fléau n’est pas acquise, loin s’en faut et l’on s’en persuade encore davantage lorsque s’offrent à nous certaines vidéos d’arts martiaux sur les réseaux sociaux (qui donnent un spectacle qui ne m’aurait certainement pas donné envie de pousser la porte d’un dojo) et/ou que l’on assiste à certains comportements dans un domaine plus large. L’immensité de la tâche nous saisit. On se dit qu’il y a encore beaucoup de travail et que malheureusement l’exemple ne vient pas toujours d’en haut. Participer à la réduction de cette plaie a toujours fait partie des motivations qui m’ont animé dans l’accomplissement de mon métier. Aujourd’hui plus encore ! La fougue de la jeunesse laisse la place à davantage de sagesse liée à l’expérience. Mais surtout, à ce jour et malgré les efforts, la certitude d’un monde où régnera la concorde n’est pas encore acquise. Face à se constat, restons positifs, espérons – et surtout – œuvrons.

A maintes reprises j’ai évoqué le rôle – même très modeste – de ceux qui dispensent leur savoir dans le domaine des arts martiaux. « Enfoncer le clou » et tenter de convaincre que la violence ne se combat pas par elle-même ne me semble ni inutile ni superflu. Certes la riposte existe, et la punition aussi. Mais la prévention – par l’éducation et par l’exemple donné – doit être la priorité. Il s’agit là du fondement de la mission du professeur. Celui-ci est aussi un éducateur physique et mental. Par ce qu’il enseigne et surtout par la manière dont il le fait. Il ne suffit pas de maitriser correctement des techniques, encore faut-il être capable de les transmettre et ce n’est pas donné à tous le monde. Ensuite, la manière avec laquelle elles seront expliquées et démontrées déterminera la façon dont elles seront utilisées.

J’adhère parfaitement à la citation que l’on attribue à Jigoro Kano : « la meilleure utilisation que l’on peut faire d’un sabre, c’est de ne jamais s’en servir ». Je ne suis pas sans ignorer que l’adhésion à ce précepte ne fait pas l’unanimité. A chacun son état d’esprit, sa « philosophie ». Bien que ce dernier mot ne soit sans doute pas bien connu de tous.

L’enseignement des techniques de combat confère une énorme responsabilité à celui qui le distribue ; la plupart de ces techniques peuvent se révéler fatales. Cette mission ne peut donc pas être confiée à n’importe qui. Une solide formation sur le plan mental, éthique et philosophique est indispensable en plus de la maitrise technique.

Lorsqu’un pratiquant se présente dans un dojo qui n’est pas le sien, bien souvent la simple évocation du nom de son professeur donne une indication très précieuse, non seulement sur ses aptitudes techniques, mais aussi et surtout sur l’état d’esprit et le comportement qui seront les siens. « Dis-moi qui est ton sensei*, je te dirais comment tu pratiques ». (Sachant que dans notre domaine nous ne pouvons échapper parfois à « l’exception qui confirme la règle » !)

*Celui qui était là avant moi, qui est garant du savoir et de l’expérience d’une technique ou d’un savoir-faire.

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Shime-waza, le travail des étranglements

kata-ha-jimeAprès avoir présenté le travail des clefs il y a quinze jours, passons à celui des étranglements. Evoquer le terme d’étranglement auprès d’un néophyte provoque souvent une certaine frayeur légitime. Les pratiquants, eux, sont familiarisés avec ce groupe de techniques qui, lorsqu’elles sont travaillées entourées des précautions de base, ne sont absolument pas dangereuses parce que contrôlées. D’autant que leur bonne réalisation demande un peu de temps, celui qui permettra l’acquisition d’une forme de sagesse et de maitrise dans tous les sens du terme.

Il n’empêche que leur efficacité est redoutable et peuvent s’appliquer dans bon nombre de situations que ce soit en judo ou en ju-jitsu, debout ou au sol ! Sachant qu’en judo ce sera principalement dans ce dernier domaine qu’ils se concrétisent.

Nous pouvons définir deux grands groupes d’étranglements. Le premier rassemblant ceux qui sont appliqués « à mains nues » et le second ceux qui le sont à l’aide des revers de la veste. Parmi ces deux groupes, il y a les étranglements de face et ceux qui s’appliquent lorsque nous sommes placés derrière le partenaire (ou l’adversaire). Il faut compter aussi avec un étranglement bien particulier qui s’exécute à l’aide des jambes, je veux parler du fameux « sankaku-jime », l’étranglement « en triangle », rendu célèbre notamment grâce au premier opus de « L’Arme fatale », film dans lequel Mel Gibson l’utilise pour terrasser son dernier adversaire. Dans cet ensemble de techniques émergent encore deux groupes, celui qui rassemble les étranglements sanguins dont l’action se situe au niveau des artères placées de chaque coté du cou et l’autre les étranglements respiratoires, qui agissent sur la trachée. Leur appellation suffit pour comprendre leurs conséquences respectives.

Bien que leur terrain de prédilection se situe au sol, en self-défense ils peuvent s’appliquer en riposte à des attaques en position debout ; défenses sur coups de poing, sur coups de pied, sur tentatives de saisies et saisies, etc. L’action peut commencer debout pour se conclure au sol, comme avec le redoutable morote-jime, appelé aussi vulgairement « le manche de pioche ».

Comme pour toutes les techniques et sans doute encore davantage pour celles-ci, en raison de leur caractère particulier, l’étude des étranglements ne doit pas éluder celles de leurs défenses. Savoir appliquer des ripostes à des formes très techniques, mais aussi à l’encontre de tentatives de strangulations plus rudimentaires est indispensable.

Pour conclure avec le shime-waza, on peut affirmer qu’il s’agit, là encore, d’un domaine riche, passionnant à l’efficacité incontestable, mais qui demande à être étudié sous le contrôle d’une personne hautement qualifiée et responsable.

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Sixième sens

samourai-dore-3C’est toujours un grand plaisir que celui de proposer, de temps en temps, quelques lignes issues du recueil « Contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon ». Cette fois elles nous conduisent à quelques réflexions sur les « forces de l’esprit », qui peuvent nous habiter à partir d’un certain niveau d’engagement et de pratique.

« Tajima no Kami se promenait dans son jardin par un bel après-midi de printemps. Il semblait complètement absorbé dans la contemplation des cerisiers en fleur. A quelques pas derrière lui, un jeune serviteur le suivait en portant son sabre. Une idée traversa l’esprit du jeune garçon : « Malgré toute l’habité de mon maître au sabre, il serait aisé de l’attaquer en ce moment par-derrière, tant il parait charmé par les fleurs de cerisier. » A cet instant précis, Tajima no Kami se retourna et chercha autour de lui, comme s’il voulait découvrir quelqu’un qui serait caché. Inquiet, il se mit à fouiller dans tous les recoins du jardin. Ne trouvant personne, il se retira dans sa chambre, très soucieux. Un serviteur finit par lui demander s’il allait bien et s’il désirait quelque chose. Tajima répondit : « Je suis profondément troublé par un étrange incident que je ne peux m’expliquer. Grâce à ma longue pratique des arts martiaux, je peux ressentir toute pensée agressive émise contre moi. Quand j’étais dans le jardin, cela m’est justement arrivé. A part mon serviteur, il n’y avait personne, pas même un chien. Ne pouvant justifier ma perception, je suis mécontent de moi. » Le jeune garçon, apprenant cela, s’approcha du maître et lui avoua l’idée qu’il avait eue, alors qu’il se tenait derrière lui. Il lui en demanda humblement pardon. Tajima no Kami se détendit et, satisfait, retourna dans le jardin. »

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Encore une couverture…

judo-contactEncore une couverture de magazine en rapport direct avec ce billet. Cette fois c’était en 1984 et il s’agissait d’un numéro hors-série de la revue « judo » de la FFJDA. Une parution qui s’adressait trimestriellement aux dirigeants de club et aux élus régionaux.

C’est Jean-Claude Bourget, photographe officiel de la fédération qui, comme à son habitude, avait su « déclencher » au bon moment ! Cette photo avait été prise à Bercy l’année de l’ouverture de cette grandissime salle de sports et de spectacles, c’était lors d’un gala d’inauguration réservé et organisé pour et par les fédérations d’arts martiaux.

J’avais l’honneur de présenter le ju-jitsu, mon partenaire du jour était François Bernier. Le privilège de clôturer la soirée nous avait été réservé.

A cette époque, pas de musique, pas de mise en scène particulière, juste la présentation très pure des arts martiaux japonais. Rien que dans ce « réservoir naturel», il y avait de quoi proposer un beau plateau et garnir une soirée complète.

A partir de 1986, c’est à la revue Bushido qu’est revenue la responsabilité d’organiser le célèbre festival annuel, ensuite c’est Karaté-Bushido qui a pris le relai avec le succès que l’on connait. Démonstrations en musique, tenues colorées, disciplines de combat venues de tous les horizons, mise en scène hyper travaillées ; de vraies soirées de gala.

Malheureusement, cela fait bien longtemps que le jujitsu japonais n’est plus au programme et il y aurait beaucoup à dire – et à écrire – sur cette regrettable absence. Heureusement qu’il reste les souvenirs.

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Encore des souvenirs

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La photo qui illustre ce billet présente la couverture de la revue «Ceintures Noires de France» parue au printemps 1983. Ce trimestriel était l’organe de communication du Collège des ceintures noires. Les deux n’existent plus.

Le Collège des ceintures noires avait été créé en 1947. Rassembler les plus hauts-gradés autour des valeurs fortes du judo était son objectif. Partisan d’une pratique très traditionnelle, il a parfois pris ses distances avec l’orientation ultra sportive du judo. Le Collège en tant que tel n’existe plus, il a été remplacé par le Cercle des Ceintures Noires à l’initiative de la FFJDA.

A l’époque de la parution de la revue dont je présente la couverture, le Collège des ceintures noires travaillait au sein de la FFJDA, en insistant sur ses valeurs qui lui avaient donné naissance. C’était tout naturellement qu’il s’intéressait de près aux travaux de réhabilitation du ju-jitsu. Pour cela, Christian Cervenansky, haut-gradé et responsable de la revue s’était déplacé à Vichy où se déroulait un stage de perfectionnement destiné aux enseignants.   C’était pendant les vacances d’hiver 1983, il faisait très froid, rien d’exceptionnel dans ce beau département de l’Allier à cette époque de l’année, sauf que le chauffage de la salle du CREPS dans laquelle avait lieu les séances…était en panne. Avec guerre plus de trois degrés dans le dojo nous avons passé une semaine durant laquelle même notre passion pour le ju-jitsu avait du mal à nous réchauffer.

Sur la photo, mon partenaire était Michel Lefebvre, membre de la Commission technique nationale ju-jitsu qui venait de voir le jour. Nous étions aux débuts d’une belle aventure. Les membres qui étaient à mes cotés dans ce groupement se nommaient André Guérin, Michel Lefebvre, Eugéne Domagata sans oublier, Bernard Pariset bien sûr, il en était à l’origine. Rendre à César…

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Ukemi (les chutes)

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Savoir chuter n’est pas simplement indispensable pour progresser en ju-jitsu et dans les arts martiaux pourvus de projections, ça peut l’être aussi dans le quotidien. Certes nous ne passons pas notre vie à tomber et à nous relever (quoique), mais cela peut arriver à n’importe qui, n’importe quand.

« C’est en chutant que l’on apprend à chuter ». Cette formule que j’aime bien employer n’a de valeur qu’après avoir assimilé et répété les apprentissages spécifiques. Mais il n’est pas nécessaire – au risque de perdre du temps et que cela devienne rebutant – de passer trop de temps avec ces répétions. Rien ne vaut le perfectionnement dans l’action de la projection, à la condition de bénéficier d’un bon partenaire. Et puis, des méthodes d’entrainements comme les uchi-komi peuvent être des palliatifs à la systématicité de la chute.

En ju-jitsu nous comptons deux catégories de chutes : les « chutes de situation » qui pourront être utilisées dans la réalité et les « chutes de répétitions », celles le plus couramment utilisées (heureusement) lors des séances. Dans chacun de ces groupes, il faut distinguer la chute-avant et la chute-arrière. Ce qui fait quatre formes de « brise-chutes ».

Ce ne sont pas les mêmes automatismes dont il faudra faire preuve selon que l’on chute sur un tatami ou sur un sol dur. Frapper avec le bras tendu, comme nous devons le faire en dojo pour répartir l’onde de choc n’est pas conseillé sur le macadam. Au même titre, dans la réalité, il faudra tenter de se retrouver debout le plus vite possible et de préférence face à l’agresseur.

Dans tous les cas, la tête et les articulations du bras devront être protégées en priorité. Sur l’arrière, il faudra prendre soin de rentrer la tête (menton dans la poitrine) et de tendre le bras ; en frappant lorsque l’on se trouve en dojo et en roulant sur une épaule en cas de perte d’équilibre hors-dojo. Sur l’avant, dans les deux cas, les bras serviront de roues et d’amortisseurs. Lors des entraînements la réception se fera jambes tendues et parallèles, dans la réalité il sera utile de plier une jambe à la réception, de façon à se relever face à un agresseur survenu par l’arrière.

Comme indiqué au début de cet article, savoir chuter peut être utile dans la vie courante, que ce soit en raison d’une glissade sur la neige, en cas de chute de cheval (pour ceux qui ont la chance de pratiquer l’équitation), ou lorsque l’on se « prend les pieds dans le tapis » ! Etc.  Maitriser l’art de la chute est incontournable pour pratiquer le ju-jitsu, c’est aussi une forme d’assurance pour le quotidien.

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Professeur

img_0815-1Notre pays a toujours été strict concernant l’encadrement des activités sportives. Ce n’est d’ailleurs pas le seul domaine soumis à une forte réglementation et certains de nos excès en matière de contrainte administrative font notre réputation. Il s’agit sans doute des défauts de nos qualités. Etre rigoureux quant il s’agit de s’assurer qu’une activité physique et à fortiori une discipline de combat est correctement encadrée ne semble pas extravagant. D’autres pays ne sont pas aussi sourcilleux.

Tout au début de l’histoire des arts martiaux en France il n’existait pas de diplômes pour les enseigner, mais ils ont été mis en place assez rapidement, dès 1955 à l’initiative de la fédération de judo. De nombreuses formules se sont ensuite succédées.

Personnellement, je me souviens d’avoir franchi trois échelons : animateur, moniteur, puis professeur. « Je parle d’un temps que forcément les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. » C’était au cœur des années 1970. Concernant le titre de professeur qui était le véritable objectif, il s’agissait d’un diplôme qui s’appelait : « professeur de judo, karaté, et aïkido, option principale judo (ou karaté, aïkido selon l’option principale choisie) ». Les titulaires ayant la possibilité d’enseigner les deux autres disciplines jusqu’à un certain niveau. Cette formule était intéressante, sur le plan de l’ouverture d’esprit et de l’élargissement des connaissances. Il s’agissait aussi pour la « fédération mère » à savoir la fédération de judo, de continuer à assurer une forme d’hégémonie sur les disciplines « cadettes ».

Animateur, moniteur et surtout professeur étaient des titres largement plus gracieux que les appellations qui ont suivies ; BEES (brevet d’éducateurs sportifs), et maintenant les CQP (certificat de qualification professionnelle), le sport et les arts martiaux n’ont pas échappé à cette tendance qui consiste à abuser des abréviations qui ne contribuent pas à l’enrichissement de notre langue.

Lorsque j’ai acquis mon diplôme, les programmes était très chargés dans des matières certes très intéressantes, mais au contenu un peu disproportionné par rapport à l’usage que l’on en ferait ensuite sur le terrain (le tatami en l’occurrence). Il s’agissait de thèmes tels que l’organisation du sport en France, anatomie/physiologie (domaines dans lequel nous étions presque au niveau de la première année de médecine). Ces thèmes existent toujours, mais de manière plus raisonnable. Enseigner un sport demande avant tout une maitrise technique, pédagogique et phsycologique.

Le programme technique était complet avec du « travail debout » et « au sol », des katas, des randoris, la préparation d’une séance (et la présentation effective d’une partie) dont le thème était tiré au sort, s’ajoutaient une épreuve pédagogique d’éducation physique et sportive et comme indiqué plus haut, une séquence au cours de laquelle il fallait démontrer ses connaissances en karaté et en aïkido. Le ju-jitsu n’était pas vraiment au programme, nous étions un peu avant la remise en valeur de notre art bien aimé.

L’examen commençait le lundi matin pour se finir le vendredi soir. Enchaîner au fil des jours les interrogations techniques et physiques, les épreuves pédagogiques, les écrits et les oraux n’étaient pas de tout repos, Il fallait bien plusieurs jours pour se remettre de l’acquisition d’un diplôme qui nous semblait largement mérité.

L’évolution tend à proposer un allégement des programmes de façon à rendre plus accessible la possibilité d’enseigner. C’est louable, mais à plusieurs conditions. D’abord qu’un certain niveau d’exigence assurant une pratique sécuritaire et éducative soit garanti, que toutes les disciplines (même les plus récentes) soient astreintes à la même réglementation et enfin qu’existent des débouchés d’un point de vue professionnel, ce qui garantie un niveau d’engagement différent.Enfin, la vigilance s’impose aussi face à une forme de nivellement par le bas, lorsque certaines des valeurs propres aux arts martiaux tendent à disparaître. C’est parfois, justement, un manque de professionnalisme qui en est la raison.

La capacité d’enseigner n’est pas forcément donnée à tous et ce n’est pas une moindre responsabilité. Il faut d’abord en avoir l’envie et en plus des qualités précitées, il est indispensable d’être armé de patience, d’une farouche énergie et d’une autorité qui imposera le respect indispensable à la mission.

Si le métier d’enseignant – selon l’expression consacrée – est le plus beau métier du monde et pour qu’il en soit ainsi encore longtemps, il est indispensable de conserver et de renforcer tous les moyens qui contribuent à sa valorisation, à commencer par les titres qui l’identifient.

eric@pariset.net

Eté 2017

carqueiDu 2 au 7 juillet, j’aurai le grand plaisir de proposer un stage d’une semaine sur les bords de la Méditerranée, à Carqueiranne exactement. Située entre Hyères et Toulon cette charmante station balnéaire accueillera pour la première fois une semaine de ju-jitsu-vacances.

Cette initiative est celle de Patrick Desprez, avec lequel j’ai tissé de solides liens amicaux. Dans cette belle région, Patrick dispense depuis longtemps des cours de judo et de ju-jitsu et fait preuve, en plus de ses compétences, d’une grande ouverture d’esprit, éloignée des stériles querelles intestines. Son seul objectif étant de faire progresser ses élèves tout en leur donnant du plaisir au travers d’une pratique éducative. Cet état d’esprit et cette manière de faire me correspondent pleinement,  nous étions fait pour nous entendre.

Les cours de ju-jitsu auront lieu le matin, laissant ainsi les après-midi libres pour profiter d’activités en rapport avec la mer, ou bien d’autres telles que les découvertes et les balades dans cette Provence magnifique, ou encore… ne rien faire du tout, se reposer bercé par le clapotis des vagues.

Pour ce qui concerne le contenu technique, six journées de stage permettront d’aborder un maximum de thèmes. Techniques et enchaînements de bases et avancés, kata, mais aussi beaucoup de méthodes d’entraînement, de randoris, etc.

Concernant l’hébergement, il est laissé à chacun la possibilité de choisir celui qui convient le mieux à ses préférences et à son budget. L’office du tourisme de Carqueiranne est à la disposition des futurs stagiaires. Bien que la période ne se situe pas en « très haute saison », il est quand même préférable de prendre ses dispositions sans trop tarder.

Ce rassemblement est ouvert aux ju-jitsukas de tous niveaux, mais aussi aux pratiquants d’autres arts martiaux. La condition sera de maitriser quelque peu les ukemis (les chutes).

En espérant que cette première édition rassemblera des pratiquants de toutes régions et de toutes origines martiales. Quant à l’accueil je n’ai aucun doute sur celui qui nous sera réservé.

Une très belle semaine en perspective.

A bientôt sur les tatamis.

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Les 16 bis, (deuxième épisode)

Il y a quinze jours nous avions commencé l’étude des 16 bis en présentant les quatre premières. La vidéo de l’intégralité de l’enchaînement est d’ailleurs attachée à ce premier article que vous pouvez retrouver à la date du 2 mars.

Aujourd’hui, poursuivons avec les quatre techniques suivantes, à savoir de la cinquième à la huitième.

Dans la cinquième technique, sur une saisie de tête à droite, TORI – ne pouvant « renverser la vapeur » comme dans les 16 techniques -, va utiliser une fois de plus la force de l’adversaire en sacrifiant son corps à l’aide de YOKO-GURUMA, classé dans les techniques de YOKO-SUTEMI (SUTEMI de côté.) Pour ce faire, il place sa main gauche sur le ventre d’UKE et la droite sur le dos au niveau de la ceinture. Il engage sa jambe gauche entre celles d’UKE en se plaçant sur le flanc gauche. La jambe droite est légèrement repliée de façon à pouvoir se détendre en poussant sur le pied resté au sol dans l’éventualité où UKE retomberait sur TORI. L’efficacité de la technique réside dans l’application parfaite du principe d’utilisation de la force de l’adversaire par le sacrifice de notre corps.

Pour la sixième technique, UKE se place en décalé sur la gauche de TORI et lui saisit la manche à l’aide de sa main droite. TORI réagit immédiatement avec URA-MAWASHI-GERI à gauche au niveau de la poitrine et après avoir pivoté en direction d’UKE, il enchaîne avec MAWASHI-GERI à droite à la hauteur du ventre. En passant son bras droit sous celui d’UKE, avec l’intérieur de son coude il lui bloque le sien pour lui appliquer une forme d’UDE-GATAME. Ce dernier se dégage en chute avant à gauche. L’efficacité sera assurée par la précision des deux ATEMIS, ainsi que la bonne ouverture du bras d’UKE (paume de main vers le haut), au moment de la clef.

Septième technique. TORI est amené au sol par une violente poussée de face aux épaules. Il adopte immédiatement une « garde » de côté, ce qui le positionne favorablement pour appliquer un YOKO-GERI à droite au niveau du ventre (à partir du sol). Il se relève et conclut avec HARAI-GOSHI. On trouvera l’efficacité dans la capacité à faire la preuve d’une parfaite fluidité dans l’enchaînement des différentes phases de cette « septième ».

Pour ce qui concerne la huitième, il s’agit ni plus ni moins de la fameuse « pince de crabe », à savoir KANI-BASAMI. Technique particulièrement spectaculaire avec laquelle on prend un réel plaisir lors des répétitions. Il s’agit d’un travail par anticipation. L’adversaire adoptant une attitude franchement menaçante, on anticipe en se jetant directement dans ses jambes à l’aide des nôtres. La droite étant placée devant du corps d’UKE et la gauche derrière. C’est tout simplement (et sans doute encore davantage que pour d’autres techniques) dans la vitesse d’exécution que l’on trouvera une parfaite efficacité.

La suite… très vite !

Site ju-jitsu Eric Pariset : www.jujitsuericpariset.com