Elle a toujours guidé mon action et encore davantage au fil des ans. L’expérience venant s’ajouter à l’idée que l’on se fait de la profession exercée.
La conscience professionnelle ne se limite pas à arriver à l’heure pour donner ses cours, et même en avance afin d’accueillir les élèves, ni d’éviter de se faire remplacer sauf cas de force majeur ; ce sont des évidences.
On veillera également à la façon de s’adresser aux élèves (le respect, ça se partage), à être exemplaire en termes d’hygiène corporelle et vestimentaire. La conscience professionnelle, c’est aussi faire en sorte que ce qui est enseigné soit entouré de précautions limitant les risques de blessures. Certes, dans les disciplines de combat, forcément on ne peut éviter quelques « bobos ». C’est au professeur de proposer une pratique sécuritaire, lors de l’étude technique et dans les combats d’entraînement. La priorité est d’éduquer et non pas d’abîmer. Apprendre des techniques de combat pour se rassurer, mais aussi pour évoluer physiquement. Comment progresser si on est souvent blessé ?
Il est raisonnable et même indispensable de faire un choix pour faire en sorte que les techniques et les méthodes d’entraînement répondent à deux critères : efficacité et sécurité. On les distingue avec l’expérience, un peu de bon sens et…de la conscience professionnelle !
La conscience professionnelle c’est aussi se maintenir en forme physique pour avoir valeur d’exemple. Sur le plan technique, elle dicte la poursuite du perfectionnement personnel, des recherches, non pas pour inventer des techniques, mais pour proposer des enchaînements, des variantes, sur les bases solides livrées par nos professeurs, sans jamais renier les fondamentaux qui y sont attachés.
Dans le domaine pédagogique, ne jamais oublier que ce qui est important ce n’est pas ce que nous démontrons, mais ce que les élèves retiennent. C’est se remettre en question, s’adapter au niveau des étudiants, et de leurs aspirations. Être capable de le faire rapidement avec une pédagogie d’instinct et de terrain, mais aussi avec des méthodes d’apprentissage et des formules qui marquent.
Enfin sur le plan mental, la conscience professionnelle (la conscience tout court), c’est de rester fidèle à ses engagements et à ses convictions. Certes, on peut évoluer, sans pour autant confondre évolution et reniement. Les sirènes de la mode sont puissantes, mais un esprit fort est capable d’y résister. J’aime la fidélité à des engagements.
La conscience professionnelle du professeur c’est aussi de ne pas oublier la transmission de valeurs telles que le goût de l’effort, de la rigueur, et du respect des règles du dojo (déjà évoquées dans un article consacré au Code moral). Ces règles auront un effet sur la vie en société.
Les séances doivent se dérouler dans un climat de convivialité et d’entraide et sûrement pas dans une ambiance où suinte la violence. Le professeur n’est pas qu’un passeur de techniques, il est bien plus que ça. Sa conscience professionnelle ne doit cesser de le lui rappeler.
Quant à l’autorité dont il doit être pourvue, elle ne s’apprend pas, elle s’impose, elle est naturelle, elle est avant tout l’émanation du respect et de l’estime qu’éprouvent les élèves pour le professeur.
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« Surmonter l’habitude d’employer la force contre la force est une des choses les plus difficiles de l’entraînement du judo (et du ju-jitsu). On ne peut espérer progresser sans y parvenir ». Jigoro Kano
On ne fait pas toujours ce que l’on veut, il y a les imprévus, les impondérables, les cas de force majeure, etc. Mais parfois, l’absence à une séance est la conséquence d’une « petite flemme », d’une flemmingite aiguë ! Certes, on n’est obligé de rien, mais lorsqu’on cède à la facilité on rompt une sorte de triple engagement.
C’est pour les besoins d’une démonstration qu’est né cet enchaînement. 

Aujourd’hui intéressons nous au katame-waza (les techniques de contrôle). Il s’agit de l’une des trois composantes du Ju-jitsu. Pour rappel, les deux autres sont l’atemi-waza (les techniques de coup) et le nage-waza (les techniques de projection).
Même si une même personne peut endosser les deux rôles, les objectifs ne sont pas les mêmes, chacun a sa propre mission.
La saison dernière, à l’occasion d’un stage, m’a été adressé un compliment particulièrement touchant : « Vous êtes un des derniers gardiens d’une pratique traditionnelle qui porte et défend des valeurs qui semblent se perdre».