Sortir quelque peu du ju-jitsu et des arts martiaux pendant cette période où quelques-uns prennent du repos ne peut pas faire de mal. Cela pour aborder un sujet qui m’a souvent étonné.
Il est effectivement surprenant que certains athlètes de haut niveau, une fois leur carrière terminée, arrêtent brutalement toute activité physique, même d’entretien. Heureusement il ne s’agit pas d’un cas général, mais il existe une frange d’anciens sportifs qui ne veut plus du tout entendre parler de ce qui pourtant a fait leur notoriété et leur a donné les plus grandes émotions et les plus grandes joies sur les stades ou dans les gymnases du monde entier.
Envie de tourner complètement la page par rapport à une activité synonyme de contraintes qui les ont privés – un bon moment durant – d’une existence normale. Hypersaturation, le corps et la tête rejettent massivement une overdose d’entraînement. Il y a sans doute un peu de tout cela.
Certains quittent complètement l’univers du sport, d’autres y restent en l’enseignant, mais ne « mouille » plus le maillot (ou le judogi), d’autres prennent des responsabilités de dirigeant au sein de leur club ou à un plus haut niveau dans leur fédération. Mais bien souvent, ils ne pratiquent plus. C’est ainsi que l’on peut voir d’anciens champions arrêter complètement ce qui a été un moment leur passion. Et cela au risque de se négliger physiquement en prenant un aspect dans lequel l’embonpoint se taille la part du lion. Outre les risques physiques, ils abandonnent ainsi le rôle d’exemplarité qui devrait être celui d’un ancien champion et deviennent parfois moins « bien conservés » (selon l’expression consacrée) que le commun des mortels qui n’aurait jamais fait de sport de sa vie.
Tout cela renforce mon opinion qui est que dans toute chose il faut éviter l’excès. La compétition de haut niveau, sans conteste, n’en est pas dénuée. Excès de sacrifices, d’entraînement, d’efforts. Elle ne laisse pas indemne la personne à la sortie de sa carrière, pour peu qu’elle ne soit pas accompagnée sur le plan psychologique et si, en plus, rien n’a été préparé au niveau de la reconversion ! À l’inverse, il est certain que le haut niveau apportera à l’athlète des satisfactions et des sensations que seules les grandes altitudes procurent. Il faut peut-être simplement être bien préparé à l’ivresse des sommets et à un retour normal sur terre.
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Le travail au sol (ne-waza)
Le ne-waza (le travail au sol), paraît-il, n’était pas le domaine privilégié de Jigoro Kano, le créateur du judo. Il préférait l’amplitude des mouvements et le côté artistique qui se dégage des projections. Et puis, des principes tels que celui de l’utilisation de la force de l’adversaire semblent être plus faciles à mettre en application dans le travail debout. Cependant, il ne le négligea jamais, conscient de l’intérêt qu’il représentait.
Sur le plan de l’efficacité en matière de self-défense, on ne peut sérieusement pas s’en passer. Sur le plan physique tous les pratiquants se plaisent à reconnaître qu’il n’est nullement besoin de faire une autre activité pour participer à un son bon développement. Sur l’aspect mental, le ne-waza demande de la réflexion, sans aucun doute davantage que dans d’autres domaines du combat. En effet, la vitesse n’y est pas déterminante. Il s’agit avant tout de construire et d’élaborer une stratégie sur plusieurs coups : « Le serpent n’avale pas la grenouille en une fois » ! Tout est dit. Enfin, allié aux autres composantes du ju-jitsu, il participe à l’élaboration d’un véritable sens du combat. Ajoutons que le ne-waza est bien souvent la finalité d’un affrontement.
Dans les jours prochains, au dojo, deux séances seront consacrées à ce domaine dans lequel existe une richesse technique extraordinaire. Tout d’abord vendredi 25 de 19 h 00 à 20 h 15, dans le cadre des vendredis à thème. Et puis, en compensation des jours de fermeture dus au long week-end de la Toussaint, un entraînement exceptionnel est programmé le lundi 28 de 19 h00 à 20 h 15. Ces deux cours seront ouverts à tous les niveaux. Le premier abordera plus particulièrement juji-gatame et le second le « shime-waza », à savoir le travail des étranglements.
A ne manquer sous aucun prétexte pour les passionnés d’immobilisations, clefs, strangulations et autres retournements et renversements.
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Comme une envie…
Pratiquer une activité physique régulièrement, c’est bien. Pratiquer un art martial, c’est très bien. Pratiquez un art martial de façon régulière, c’est très très bien !
Les habitués de ce blog, ainsi que mes élèves, connaissent mon attachement à certaines valeurs. Je suis conscient qu’il est nécessaire de s’adapter à l’évolution des habitudes de « vie moderne ». Néanmoins il me semble dommage de se satisfaire d’une simple « consommation d’humeur du moment », surtout dans une société en mal de repères. Certes, le fait de commencer une pratique sportive, en se promettant de s’y tenir est louable – sans forcement faire preuve d’une régularité de métronome. Mais pour ceux qui ont choisi les arts martiaux, essayer de se fondre dans leurs exigences (bien vite récompensées, par ailleurs, comme chaque effort), c’est déjà leur marquer une forme de respect et c’est aussi s’imposer une rigueur nécessaire à tout accomplissement. Loin de moi l’idée d’incriminer ceux qui font ce qu’ils peuvent au milieu d’un emploi du temps difficile ou d’une vie compliquée. Mais, il y a une autre catégorie d’élèves qui existe et grandit. C’est celle qui décide un peu au dernier moment de sa participation à une séance. Une catégorie que ça prend comme ça… de venir – ou pas – à une séance.
J’ai connu une époque, au dojo de mon enfance « la rue des Martyrs », ou bien que chaque jour soient proposés des cours, il y avait les élèves pour qui l’entraînement était le mardi et le vendredi, d’autres le lundi et le jeudi et enfin ceux qui venaient le mercredi et le samedi. Cette forme de régularité a davantage de signification qu’il n’y paraît. La pratique de la discipline était tout simplement prioritaire. Il était hors de question de s’y soustraire et cela pour quelque motif que ce soit. Il ne serait pas venu à l’idée d’accepter autre chose ces soirs-là, ni invitation, ni réception, ni sortie. Je n’ignore pas que pour certains, c’est toujours le cas. Mais pour d’autres, la séance passe bien souvent après d’autres sollicitations et devient : « parce-qu’on-n’a-pas-mieux-à-faire » ! Caricatural : pas tant que cela.
On trouve toujours une bonne raison pour reporter une séance : absence de forme ce jour-là, un dossier urgent à traiter, l’anniversaire d’untel, etc. Mais ne pas faire l’effort de la régularité, ce n’est pas simplement dommage pour l’art que l’on pratique, c’est tout simplement dommage pour soi-même. Les arts martiaux demandent une implication particulière, c’est aussi leur force et cela fait partie de leur intérêt. Ils y en a qui rétorqueront que beaucoup de contraintes leur sont déjà imposées quotidiennement et que par conséquent, il est hors de question d’en avoir d’autres dans le domaine des loisirs ! C’est un point de vue que je respecte, sans l’approuver. S’impliquer régulièrement entraînera tout d’abord d’inévitables progrès, ensuite il s’agira du plaisir de retrouver les mêmes personnes avec lesquelles seront comparés les progrès et avec qui pourront se nouer d’agréables relations. C’est aussi se prouver qu’il nous est possible de faire des efforts juste pour soi-même, sans être sous l’effet de la contrainte d’un supérieur ou d’un employeur. Et puis, installer plus profondément des points de repère sur l’échelle du temps, ce n’est pas anodin et cela participe à une certaine forme de structure de sa vie personnelle.
Ceci étant, mettre sa tenue et monter, même irrégulièrement, sur le tatami : c’est déjà « presque pas mal » !
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Légitime défense
À l’occasion du dernier sondage, une écrasante majorité de votants a déclaré que la self-défense avait été leur première motivation pour franchir les portes d’un dojo. Confirmant ainsi une aspiration bien naturelle, celle d’être en capacité de se prémunir d’éventuelles agressions physiques. Cependant cela n’est sans doute pas assimilé, pour une grande majorité d’entre eux, à l’intention de se faire justice soi-même.
La législation en matière de légitime défense est précise et il est n’est pas inutile d’en rappeler les éléments. La riposte doit être proportionnelle, justifiée, nécessaire et spontanée.
Sans aucun doute, en cas d’agression, il ne sera peut-être pas facile de bénéficier du temps nécessaire pour se réciter ces quatre termes. Ceci étant, une certaine logique les entoure et ne pas les oublier semble souhaitable, au regard des risques encourus pénalement et humainement !
La proportionnalité est vraisemblablement l’aspect le moins commode à respecter. L’agressé devant être pourvu d’une maîtrise parfaite de sa technique. Non seulement il doit être en capacité de riposter, mais de ne pas aller au-delà des éventuels dommages causés par l’attaque de l’agresseur. Il ne sera peut-être pas évident d’évaluer correctement les conséquences d’un coup de pied, par exemple. Selon l’endroit où il est porté et par qui ! Entre un coup donné sur un point vital et le même administré sur un endroit moins sensible, le résultat ne sera pas identique. De même l’impact ne sera pas pareil en fonction de la personne qui le porte. Et pourtant, il s’agit bien du même coup. L’évaluation du résultat, surtout dans ces circonstances, n’est pas aisée !
Justifiée et nécessaire sont des qualificatifs qui paraissent évidents en cas d’agression.
Quant à la spontanéité, elle insiste sur l’interdiction de réaction « après-coup » ; en l’occurrence cela exclu toute idée de vengeance.
Certains diront que tout cela est bien gentil et que lorsque l’on sauve sa peau, on n’a que faire de cette législation, et puis, sommes nous certains d’être capables de la respecter.
Ils ont à la fois raison et tort. Sauver sa vie ou porter secours à une personne agressée est un acte qui coule de source. Mais une réglementation est un cadre indispensable pour éviter tout débordement et tomber dans un fâcheux engrenage.
D’où la nécessité, pour une parfaite efficacité – inscrite dans le respect de la loi –, de s’offrir une pratique régulière au travers d’une discipline qui propose une pluralité de techniques qui permettront de graduer la riposte, si toutefois l’état de stress le permet. Mais encore une fois, la gestion des émotions passent aussi par l’assurance acquise à l’occasion d’une pratique inscrite dans la durée.
Et puis, il est dans la mission du professeur de ne pas se satisfaire d’un enseignement et d’une philosophie « jusqu’au-boutiste ». Son rôle est aussi de mettre en garde sur les risques encourus d’une part et de ne pas désespérer du genre humain, d’autre part ! Dans le cas contraire, il ne sera pas facile de revendiquer le titre d’éducateur, même sportif !
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Rythmes scolaires
Il ne fallait pas être un grand prédicateur pour deviner que l’un des principaux soucis lié à la mise en place des nouveaux rythmes scolaires résiderait dans le fait que les enfants soient contraints de se lever tôt cinq jours de suite. Et que par conséquent une certaine fatigue se ressentirait. Il ne fallait pas bien connaître les enfants.
Certes, les villes avaient le choix entre l’école le mercredi matin ou le samedi matin. Dans un passé pas si lointain, il y avait cours le samedi matin. L’évolution de la société ? avec notamment un nombre de plus en plus importants de parents séparés ? rend cette option difficile à remettre en place. Et puis, il ne faut pas oublier le week-end amputé d’un quart dans cette hypothèse et comme à ce niveau existe un véritable lobbying, à cause de cela aussi, une marche arrière se heurterait à bon nombre de réticences.
Il n’y a sans doute pas de solutions idéales, surtout lorsque l’on cherche à ménager un peu tout le monde. Cependant, il ne faudrait pas céder à la réforme pour la réforme. L’objectif premier restant le bien-être de l’enfant pour un apprentissage dans les meilleures conditions. Alors faute de solution magique, il aurait peut-être fallu garder la moins mauvaise.
Certains penseront que je suis quelque peu partisan dans cette affaire, puisque cela nous a obligés à supprimer les cours du mercredi matin. Il est vrai que cela a posé un problème pour que les enfants se répartissent sur d’autres cours. Mais après un mois de reprise ce souci est réglé. Il n’en n’est pas de même concernant celui de la fatigue des enfants.
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Souvenirs de… 1959 !
Radar. C’est le nom d’un journal des années 1950. Un mélange de France Dimanche et Match. Mon père, alors au sommet de sa carrière de champion, avait eu droit à un quatre pages pour se présenter également « côte privé ». Il n’avait pas cédé à toutes les exigences des journalistes. D’accord pour la « voiture de sport », pourtant sans passion particulière pour ces engins, mais pas d’accord pour faire la vaisselle ; nous étions dans les années 1950 !!!
En ce début de saison où beaucoup d’enfants foulent pour la première fois les tatamis, cela fait plaisir de remonter le temps et de se souvenir de son premier kimono. Pour l’occasion, j’avais des partenaires sympathiques et complaisants. Mes jeunes élèves comprendront mieux mon attachement à leur faire imiter les animaux.
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Les méthodes d’entraînement
Vendredi prochain, le thème sera consacré aux méthodes d’entraînement. Si j’insiste sur ce sujet, c’est que j’y attache une importance toute particulière. Il s’agit d’exercices de perfectionnement sur des techniques ou des groupes de techniques. Ils permettent de mettre l’accent sur telle ou telle phase ou détail. Parmi les plus connues, il y a les randoris, mais ce ne sont pas les seules, loin de là. Ces exercices peuvent être propres à la rapidité, à la précision, au renforcement musculaire, à l’endurance, à la résistance, etc. Le tout ayant comme but ultime de se perfectionner globalement mais en insistant ponctuellement et précisément sur un aspect bien particulier. Bien souvent, il s’agit de nombreuses répétitions qui peuvent sembler fastidieuses aux néophytes, mais sans négliger un certain plaisir que l’on retire de ces exercices, il y aura celui de savoir qu’il s’agit d’un véritable investissement. Et puis il existera surtout, à terme, la satisfaction de constater la réalisation inévitable de progrès et de fait, l’acquisition d’une incontestable efficacité, grâce justement à ces fameuses méthodes d’entraînement.
Vendredi 27 de 19 h 00 à 20 h 15, à partir de la ceinture orange. Il sera possible de faire valider l’U.V. 5 pour les personnes concernées. Nous consacrerons un tiers du temps au perfectionnement des coups, le deuxième au travail au sol et le dernier aux projections.
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La maîtrise
Maîtriser un sujet dans le sens le plus large du terme, c’est vers cet objectif que nous tendons tous. Maîtriser un art martial, c’est pouvoir exécuter ses différentes techniques, connaître ses principes et son histoire. Une bonne maîtrise technique sera déjà une grande satisfaction, maîtriser parfaitement relèvera peut-être du domaine de la prétention.
Maîtriser une technique, c’est pouvoir l’appliquer correctement sur un partenaire, mais aussi et surtout sur celui qui devient un adversaire le temps d’un combat d’entraînement, ou bien en compétition pour les sports de combat ou encore (en espérant que cela ne se présente jamais) en combat de rue, lors d’une agression.
Maîtriser une technique se vérifiera aussi dans la capacité du pratiquant à la contrôler lors de son application et être ainsi en mesure de la graduer, à l’entraînement en tout cas. Si l’élève n’est pas en capacité de le faire, c’est qu’il ne maîtrise pas totalement son sujet. Si tel est le cas, c’est le constat d’un certain manque d’efficacité. Et puis, travailler et répéter les techniques sans les contrôler est tout bonnement impensable. C’est aussi à cela que l’on reconnaît le véritable pratiquant, c’est lorsqu’il est « maître » de ses gestes, donc de ses actions.
A l’évidence, cela peut se transposer plus largement dans la vie en général. Contrôler ses pulsions, donc ses actes, ses actions et ses réactions. C’est en ce sens que la pratique d’un véritable art martial prend toute sa valeur. Apporter une amélioration dans la qualité de ses gestes techniques, sur le plan physique mais aussi pouvoir participer, par son comportement, à une amélioration de la vie en sociètè, tout simplement.
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Ju-jitsu et éducation
A notre époque, tout le monde est convaincu de la nécessité de pratiquer une activité physique. L’offre est vaste : salles de fitness, sports collectifs, jogging en solitaire, etc. et bien sûr arts martiaux. Il est encore temps pour se décider et le dernier article publié sur ce blog en faisait état.
Un fois inscrit dans un dojo (qui se respecte), la façon dont on devra se comporter sera peut-être différente de celle que l’on pourra trouver dans d’autres lieux où les règles comportementales sont moins rigoureuses. Mais n’est-ce pas ce comportement que certains dojos ont réussi à conserver ? s’érigeant ainsi en dernier rempart d’une société qui aurait perdu ses repères ? qui devraient être la norme. Pourquoi ne trouverions-nous pas dans tous les sports les mêmes outils qui participent à une bonne éducation. Les arts martiaux bénéficient, à juste titre, d’une solide réputation concernant ce secteur, mais il devrait en être de même dans toute activité physique et dans bon nombre de structures. Notamment dans la première d’entres elles, à savoir la famille. Le problème est que bien souvent cette dernière est parfois fissurée et dépassée. Alors on se reporte sur l’école et les activités extrascolaires. Que nous participions, nous aussi, éducateurs sportifs, à parfaire l’éducation dans un concept général semble évident, mais il faut veiller à ce que l’école et/ou le club d’arts martiaux ne se voient pas confier une responsabilité qui dépasserait le cadre de leurs compétences et surtout celui de leur mission.
Quant au comportement qui doit être celui d’un pratiquant d’arts martiaux au sein du dojo, en ce début de saison il n’est pas inutile d’en rappeler l’essentiel.
Tout d’abord, prendre soin de respecter la ponctualité, les arrivées tardives perturbent les débuts de séances. Et puis un cours est un ensemble et ne s’inscrit pas dans une sorte de self-service permanent. Sans être dans un lieu sacré, il faudra éviter les exclamations trop importantes, dans un dojo il est indispensable de se concentrer afin d’apprendre et de contrôler ses gestes, ne serait-ce que pour éviter les accidents. Les techniques sont, à la base, faites pour mettre hors d’état de nuire un adversaire. Cet aspect ne doit pas être négligé. Ensuite, il y a le respect du lieu et normalement, le salut en entrant dans le dojo est de rigueur. Tout comme celui du début et de fin de cours, qui représente un signe de politesse réciproque entre les élèves et le professeur. Pareil à chaque changement de partenaire, qui plus est : dans une « tenue correcte ». En clair, on prend soin de ne pas saluer débraillé. Puis vient le problème oh combien délicat de l’hygiène. Pour certains cela va de soi et cela va sans dire, pour d’autre cela va mieux en le disant. Les corps et les kimonos doivent être propres, les ongles coupés courts. Tout comme sera banni le fait de marcher pieds nus en dehors du tatami. Enfin, et cela touche directement l’enseignement, la régularité dans la pratique assurera les progrès.
Bonne saison 2013/2014 et vive le ju-jitsu.
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Le marronier de septembre
Une « mini-rentrée » le 20 août, puis la vraie le 2 septembre. Certains savent déjà ce qu’ils feront comme activité durant la saison à venir. Soit parce qu’aucune hésitation ne leur effleure l’esprit : ils continueront et persévéreront dans la discipline commencée la saison passée ou il y a plusieurs années. Soit parce que la décision a déjà été prise avant les vacances.
Mais, pour beaucoup, ce n’est pas encore le cas et dans le but de leur prodiguer quelques conseils, je peux leur apporter ma modeste contribution.
Pour les personnes qui habitent l’Île-de-France, il est vrai que je serai naturellement enclin à leur proposer de venir chez nous en ventant, à juste titre, les mérites d’une discipline complète. Mais, de toutes les façons, notre dojo ne peut accueillir tous les pratiquants d’arts martiaux franciliens et puis on ne peut pas satisfaire tout le monde. Enfin, la neutralité et l’objectivité ne sont pas des valeurs superflues.
Je sais qu’en terme journalistique, cet article s’appelle un « marronnier », c’est-à-dire un sujet qui revient chaque année à la même époque sur le même thème. Pour les anciens, l’aspect redondant pourra être lassant, mais pensons aux futurs pratiquants.
Plus que le choix d’une discipline, ce qui compte, c’est le choix d’un professeur, d’une pédagogie, d’un club et d’un état d’esprit.
Les disciplines ne sont pas aussi éloignées les unes des autres sur le plan technique, c’est davantage ce que l’enseignant va en faire qui sera important. Il faut se méfier de ceux qui prétendent enseigner la meilleure discipline, surtout s’ils l’enseignent mal.
Les phénomènes de mode vont conduire vers tel ou tel art qui bénéficie d’un phénomène d’entraînement médiatique (un peu comme si on venait de découvrir l’eau tiède) et bien souvent le néophyte se laissera influencer par cette couverture.
Ce qui est certain, c’est qu’il faut se fier à sa première impression et pour cela ne pas hésiter à demander à faire un essai, et en cas de refus (méfiance), au moins assister à une séance. Même si on ne se sent pas apte à porter un jugement sur le plan technique, l’ambiance générale qui se dégagera du cours sera une indication précieuse. Plus précisément regarder le comportement des anciens entre eux, mais surtout vis-à-vis des novices. Constater si la condescendance est plus forte que l’entraide. Regarder si la tranche d’âge à laquelle ont appartient est représentée. En clair : est-ce pour tous ou bien réservé à une élite ? Etudier le comportement durant ce que l’on appelle les « randoris » (les combats d’entraînement) et se demander si l’on est en osmose avec. Est-ce plus une impression de violence gratuite qui suinte que des exercices ou la maîtrise sera incontournable. Le ressenti à l’issue de la première séance est assez révélateur.
Et puis, il y a des éléments purement pratiques, tels que la proximité, l’accessibilité, les horaires adaptés à son emploi du temps, etc. Ils influenceront notre choix.
Enfin, n’oublions pas la motivation première, celle-ci doit évidemment être prise en compte : compétition ou pas, self-défense ou entretien physique, etc. Il est vrai que certaines disciplines sont plus spécialisées dans tel ou tel domaine. Mais il faut être objectif et réaliste, la compétition dans un sport de combat n’est pas forcément accessible à tous. Quant à l’aspect utilitaire, il n’est pas superflu de rappeler que l’efficacité vient avec le temps et qu’il n’existe pas de formule magique du genre « j’apprends à me défendre en 10 leçons », même s’il est vrai que chaque séance apporte un « capital-défense » qui peut s’avérer opérationnel immédiatement. Cet aspect est important, mais il y a aussi beaucoup d’autres facettes passionnantes à découvrir dans les arts martiaux.
Maintenant, il faut savoir que bien souvent, c’est sur la recommandation d’un ami qu’un grand nombre de nouveaux adhérents franchissent la porte d’un dojo. Rien n’empêche de constater par l’intermédiaire d’une séance d’essai que l’on est bien sur la même longueur d’ondes que notre ami !
Et puis se souvenir avant toute chose que l’essentiel s’inscrit dans la durée et qu’à ce titre, une pratique « très engagée » laissera fatalement des séquelles sur le long terme !
Pour résumer : se fier à notre première impression, discuter avec les personnes qui fréquentent l’établissement, puis avec le professeur pour constater, ou pas, que nos attentes sont en phase avec son projet pédagogique.
Je souhaite à toutes et à tous une excellente saison 2013/2014.
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