Carnet d’espoirs

Dans ces jours particuliers durant lesquels nous vivons une situation qui l’est tout autant, j’ai pensé tenir un petit carnet à l’aide d’articles dans lesquels je ferai par de mes ressentis. Ces articles sont aussi disponibles sur Facebook, sur ma page personnelle (Eric Pariset) ou sur celle du club (Club Jujitsu Eric Pariset), ou encore sur les deux.

Aujourd’hui, je vous propose les trois premiers.

Le jour d’après (lundi 16 mars)

Ce matin régnait dans la capitale une curieuse ambiance. Un calme oppressant et angoissant habitait la ville.
Loin de celui que nous offrent les périodes de congés, durant lesquels les rues presque désertes ont un parfum de légèreté.
Ambiance différente aussi de celle des lendemains d’horribles attentats, comme celui du Bataclan en 2015, où nous avions plutôt la sensation d’un chaos créé par un ennemi qui n’était pas totalement inconnu et contre lequel, malgré tout, nous possédions des moyens de riposte.
Aujourd’hui il s’agissait d’une sensation inédite au travers de laquelle régnait l’inconnu et le trouble. Des masques sur le visage de gens marchant tête baissée allant allonger d’interminables queues devant les supérettes et les pharmacies et dans lesquelles la distance conseillée peinait à être respectée.
Et puis, toutes ces vitrines éteintes, ces grilles tirées, ces rideaux baissés et ces terrasses de bistrots rangées.
La sidération et l’inquiétude étaient palpables.
Il fallait être fort mentalement pour conserver un invincible espoir. Cependant il le faut !

Comment ? (Mardi 17 mars)

Avant toute chose, c’est d’un esprit combatif et d’un moral d’acier dont nous avons besoin pour ne pas nous laisser submerger par un panique malfaisante.
Malgré tout,  comment en sommes nous arrivé là ?
Qui aurait pu imaginer que de telles mesures (indispensables) nous soient imposées ? Il ne s’agit pas de réécrire la fable de La Fontaine (les animaux malades de la peste) dans laquelle les plus forts font du plus faible le coupable, mais n’est-ce pas toujours les mêmes, qui deviennent les principales victimes du comportement de certains puissants ?
Pour le moment la priorité n’est pas de rechercher les coupables, mais de sortir d’une effroyable situation inédite.
Ensuite, il faudra inévitablement tirer les leçons et se livrer à une introspection relativement approfondie afin de ne pas plonger à nouveau dans un certain mode de vie qui nous a été proposé (parfois imposé). Ne plus être les « baudets » de la fable.
D’autant plus que nous ne sommes qu’au début d’une période de confinement dont nous ne mesurons ni les difficultés quotidiennes engendrées tout au long des semaines qui viennent ni, pour beaucoup, les effets  physiques et psychologiques. Sans évoquer une crise économique aux conséquences sociales inquiétantes.
Certes, nous nous en sortirons, nous vaincrons et nous rebâtirions, mais dans combien de temps et dans quel état ? Plus forts, selon la formule : «ce qui ne me détruit pas… » il faut l’espérer !
Sang-froid, confiance, volonté et solidarité sont plus que jamais des valeurs qui ne doivent jamais nous quitter.

Tenir le coup (mercredi 18 mars )

Certains se demandent comment ils vont « tenir le coup ». Certes, il y a plus difficile et plus grave que de rester « à la maison » (et puis, c’est pour une cause essentielle) mais peut-être dans des circonstances différentes et sur une durée plus courte et déterminée. Il faudrait éviter que ce confinement engendre d’autres conséquences.
Nous n’avons pas d’autres choix, même si la privation du droit de sortir, donc de libertés, sans avoir commis d’acte répréhensible, est parfois compliqué à accepter.
Il nous faut faire preuve de discipline, de réflexion et d’organisation. Faire le « dos rond », le temps que passe la tempête !
Je ne suis pas psychologue, par conséquent je ne donnerais pas de conseils, je me contenterai d’évoquer de simples sensations et sentiments personnels.
Le confinement n’est pas facile à vivre, surtout pour les personnes seules et qui sont déjà fragilisées psychologiquement. Le manque d’activité physique et sociale, à fortiori pour ceux qui y sont habitués, peut s’avérer très néfaste. Nous devons chercher et trouver des compensations.
D’abord et apparemment, il est toujours possible de sortir seul pour faire une activité physique (encore faut-il posséder les capacités nécessaires). Footing et vélo pour tous ; pour les jujitsukas et autres budokas, travail des coups en shadow, uchi-komi dans le vide, etc. Si on a un peu de place chez soi,  des « pompes », des abdos et quelques étirements feront le plus grand bien. Regarder des vidéos et se replonger dans des bouquins techniques que l’on avaient délaissés au profit des images, ne peut qu’être bénéfique. Et puis, c’est peut être le moment de mettre au repos une articulation douloureuse ou un muscle meurtri.
Plus généralement, s’adonner à des activités dont nous sommes privés d’habitude par manque de temps : lecture, dessin, écriture ; s’occuper de son intérieur pour le rendre encore plus agréable. Et puis, ne pas céder à la facilité ; s’imposer une rigueur en respectant un rythme sain. Ne pas se lever trop tard, et même si on ne sort pas, se vêtir correctement, essayer d’adopter de nouvelles habitudes, elles rassurent ! Ce sera aussi l’occasion de se reposer, mais il faudra éviter les « journées pyjama » vautré sur le canapé devant Netflix (que je ne regarde jamais) ! Éviter les jeux vidéos qui participent en ce moment à la saturation d’Internet.
Avec ce rythme particulier, où chaque journée ressemblera  à la précédente et à la suivante, il est  indispensable de savoir tout simplement quel jour nous sommes ! Il faudra faire la distinction entre la semaine et le week-end.
Enfin, il ne sera peut-être pas bon d’être abreuvé en permanence d’infos en boucle sur le même sujet et qui sont d’une anxiété ahurissante. Être informé bien sûr, intoxiqué sûrement pas ! C’est aussi le moment de s’abreuver de musique et de chansons (pas trop tristes).
Et puis, communiquer avec des amis et des proches est indispensable ; nous possédons suffisamment de moyens pour cela !
Ces quelques lignes ne sont qu’une humble participation pour essayer d’éviter la généralisation d’un mal-être rampant.
Enfin, un jour viendra où tout ira mieux !

eric@pariset.net

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