Durant cette période estivale, j’ai pensé proposer chaque semaine un article parmi ceux qui ont le plus « marqué » la saison qui vient de s’achever.
Celui qui arrive en tête (selon un compteur visible « coté administrateur » de la page du club) est un billet publié le 27 janvier dernier et qui était consacré à…la self-défense. Ce n’est pas très étonnant et cela amène à s’interroger sur l’orientation ultra sportive prise par bon nombre d’arts martiaux, alors que c’est l’aspect utilitaire qui est largement plébiscité.
Bonne lecture
Self-défense et notamment défense contre armes.
Cet article proposé (sur mon blog et Facebook) est un peu plus long qu’à l’habitude ; le sujet le mérite.
C’est un secteur délicat en matière de self-défense que celui des défenses contre armes. Toute agression peut engendrer de désastreuses conséquences, à fortiori lorsque c’est à main armée. Les conseils en la matière pullulent sur les réseaux ; je ne me permettrai pas de porter de jugement à leur égard, d’autres n’hésitent pas ; je me contenterai de prodiguer quelques recommandations issues de mon expérience, non pas en tant que familier des combats de rue (très loin de là), mais tout simplement comme professeur qui enseigne depuis plusieurs décennies et qui a aussi collecté un nombre important de témoignages rapportés par des personnes (élèves ou professeurs, hauts-gradés ou pas, jeunes ou plus âgés, hommes ou femmes) qui ont pu se sortir indemnes d’agressions . Les quelques lignes qui suivent sont donc le fruit d’expérience, de témoignages et… du simple bon sens.
Commençons par le bon sens avec des conseils basiques et évidents qui s’appliquent – si on le peut – à toutes formes d’agressions et en l’occurrence celles avec arme. D’abord en évitant les endroits à risque, ensuite en favorisant la fuite (nul ne connais l’issue d’un affrontement) ; si celle-ci n’est pas possible, entamer un dialogue, une négociation. Si malheureusement l’affrontement est inévitable, il faut d’abord savoir que tout le monde n’a pas la même lucidité dans ces moments. Nous ne sommes pas tous égaux psychologiquement lors d’une agression. Pour savoir comment on réagi face à une telle situation, il faut avoir une expérience en la matière ; si tel n’est pas le cas, il est totalement déconseillé de se tester de son propre chef dans de telles conditions, c’est juste inimaginable (et répréhensible). Lorsque l’on est professeur, l’obligation de mettre en garde ses élèves sur les dangers et les conséquences multiples d’une agression, est obligatoire. On doit aussi se souvenir que la meilleure victoire est celle que l’on obtient sans combattre ; il ne s’agit pas de lâcheté, mais d’intelligence.
Quand l’affrontement semble inévitable, il est évident, que plusieurs facteurs entreront en ligne de compte, dont un qui n’est pas mince, je veux parler de la chance. Ensuite, la maitrise technique et les automatismes feront la différence ; cette maitrise sera acquise par l’apprentissage et le perfectionnement technique, pour ce qui concerne les automatismes, des centaines et des centaines de répétitions seront indispensables. Une bonne condition physique et une tonicité correcte ne gâcheront rien. Enfin, il ne faut jamais arrêter l’entrainement d’autant plus qu’à un certain moment on doit avoir découvert dans la pratique d’autres intérêts que l’unique coté utilitaire (c’est plus sain), même s’il est la raison première de l’élaboration de méthodes de combat.
Tous ces conseils et ceux qui suivent, sont encore plus vrais quand il s’agit d’attaques avec une arme ; surtout lorsqu’il est question d’objets tranchants ; le couteau excluant bon nombre de projections, celles-ci imposant un contact incompatible avec l’acier tranchant ou piquant. Parer ou bloquer l’attaque représente l’évidente première phase. La deuxième étant le coup (l’atemi) – ou plusieurs – pour fixer, stopper et déséquilibrer l’adversaire.
Enfin, pour finaliser face à une arme blanche, la maitrise des clefs est indispensable, à moins d’être persuadé que l’utilisation des coups sera d’une radicalité permettant de se passer de l’étude des contrôles en clef de soumission ; cet état d’esprit s’apparente peut-être à une forme de présomption !
Je finirai cet article avec quelques exemples qui sont autant de témoignages recueillis auprès de personnes que j’ai fréquentées et qui ont été victimes d’agressions (notamment avec armes). Grâce à leur technique elles ont pu se sortir d’affaire. Il y a d’abord ce haut gradé dans la police et dans le ju-jitsu qui a pu, grâce à un waki-gatame de bonne facture, maitriser quelqu’un qui lui brandissait un revolver sur le front ; puis, cette ceinture noire féminine qui a sorti un importun de la rame de métro avec un tai-sabaki (déplacement du corps) ; ensuite un « presque débutant », ceinture orange au moment des faits et qui a désarmé un agresseur muni d’un couteau en utilisant une clef au bras très basique (ude-gatame) ; ce septuagénaire haut gradé – mais septuagénaire quand même – qui a « confisqué » le revolver d’un voleur de portefeuille avec un contrôle au niveau du poignet ; certes il s’agissait d’un jouet mais la victime potentielle l’ignorait ; enfin, je termine avec ce monsieur qui, juste après sa première leçon, a réussi à se débarrasser d’un voleur de sacoche dans le métro en appliquant une technique qu’il venait de répéter quelques minutes plus tôt.
Il y a bien d’autres exemples ; et puis il y a ceux et celles qui affirment qu’à partir du moment où ils ou elles ont commencé à pratiquer, ne se sont plus jamais fait embêter, alors que c’était fréquemment le cas avant : cela s’explique assez facilement par une certaine assurance qui émane de la personne possédant quelques moyens de ne pas subir. L’assurance en question étant ressentie par l’agresseur qui n’insistera pas, n’étant pas un exemple de courage de par sa nature. Cependant il ne faut pas tout miser sur cette assurance.
Enfin, je finirai par un clin d’œil à l’attention de ceux qui affirment que leur méthode est la meilleure, tout en critiquant parfois les autres, en leur soumettant l’idée qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises méthodes, à partir du moment où l’on étudie toutes les formes de ripostes à toutes les situations d’attaques et que toutes les « armes naturelles » du corps sont utilisées. Par contre, il y a des bons et des moins bons professeurs et des élèves avec des qualités et des compétences naturelles moins développées ; ce sont d’ailleurs souvent ceux-là qui persistent et progressent le plus.
Une toute dernière recommandation : le package « sachez vous défendre en tant de séances », ça n’existe pas. Etude, perfectionnement, entrainement et répétitions sont les uniques recettes, non pas de l’invincibilité, elle n’existe pas non plus, mais pour cultiver et augmenter un potentiel naturel.
La semaine dernière j’ai présenté la première partie du résumé de mon « dictionnaire des arts martiaux », cette fois, c’est la seconde partie qui est proposée.
mois, sur mon blog et sur Facebook, j’ai entrepris la rédaction d’un « modeste dictionnaire des arts martiaux » dans lequel j’évoque ce qui m’a marqué dans ma vie de pratiquant. Ce sont des personnalités qui forment l’essentiel de cet abécédaire, mais y sont aussi rassemblés des techniques, des lieux, des évènements et des objets qui ne m’ont pas laissé insensible.
Posséder son propre dojo, un « dojo privé », impose de nombreuses contraintes et de gros sacrifices, à l’inverse cela offre une certaine liberté. D’abord concernant l’organisation des cours, sur le plan de la logistique et sur celui de l’enseignement distribué au sein de ce dojo.
Quatre années, jour pour jour, séparent ces deux photos. La première marquait la fin d’une histoire, une page se tournait, la seconde évoque le début d’une nouvelle aventure, un nouveau challenge, de beaux souvenirs à fabriquer.
Marie Agnès Gillot, ancienne danseuse Etoile à l’Opéra de Paris, déclarait récemment qu’elle allait confier les premiers pas de danse de son jeune fils à celui qui avait été son premier Maître. Il réside en Normandie et elle à Paris, mais elle considère que le premier professeur est le plus important. Cette affirmation me conforte dans mon point de vue. Ce n’est peut-être pas forcément vrai pour toute les disciplines, mais dans certaines, où la forme de corps est essentielle, l’enseignant qui dispense les bases techniques est déterminant.
Dans l’article de la semaine dernière qui traitait de l’ouverture de mon dojo parisien, j’évoquais la joie de pouvoir à nouveau enseigner régulièrement et sans modération « mon ju-jitsu ». Cette expression n’est pas l’émanation d’une quelconque appropriation ; elle évoque simplement des préférences techniques, pédagogiques, mais aussi un état d’esprit ; elle est l’expression de ma conception de la pratique et de l’enseignement ; je l’ai très souvent évoquée, mais un rappel n’est pas forcément superflu !
Il y a quatre ans, le 30 juin 2015 précisément, une nouvelle équipe prenait la direction du dojo de La Bastille. Une page se tournait pour moi, mais elle ouvrait la voie à une longue – trop longue – période, durant laquelle les surprises en « tout genre » se sont invitées. Différentes tentatives pour exercer mon métier d’une façon différente de celle qui avait été la mienne durant des décennies se sont avérées compliquées.
Comme souvent, à l’occasion de petites semaines comme celle-ci, j’apprécie de proposer une petite histoire ; ces contes sont divertissants et toujours riches d’enseignement. Issue du chapitre « Vaincre sans combattre » du magnifique recueil « contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon », cette courte histoire en est une belle illustration.