
Quatre années, jour pour jour, séparent ces deux photos. La première marquait la fin d’une histoire, une page se tournait, la seconde évoque le début d’une nouvelle aventure, un nouveau challenge, de beaux souvenirs à fabriquer.
La page en question se tournait après des années de combats contre une copropriété obtuse ; il était préférable de conclure ces affrontements en appliquant le principe de non-opposition, si cher à Jigoro Kano.
Ce furent donc ensuite quatre années de réflexions, d’interrogations, de prospections, mais aussi de doutes et de découvertes sur la nature humaine, avec quelques belles surprises et beaucoup de déceptions.
Après différentes tentatives non abouties, mais sans jamais baisser la garde (ce serait paradoxal), une sorte « d’alignement des planètes » s’est réalisé. Dans la vie il est nécessaire d’avoir un peu de chance, avec une cristallisation de bonnes circonstances qu’il faut savoir saisir, mais aussi et surtout, ne pas manquer de volonté et d’organisation : « ne pas lâcher l’affaire », pour reprendre une expression teintée de trivialité. A force de prospections – aux allures d’acharnement – une opportunité qu’il ne fallait pas laisser passer a montré le bout de son nez.
Je n’affirmerai pas que le temps perdu a été rattrapé, mais il y a un peu de ça quand même, puisqu’une fois le bail signé, il n’aura fallu qu’un mois pour que le local soit opérationnel. J’ai pu compter sur le professionnalisme des artisans qui avaient en charge la réalisation des travaux et sur leur volonté de ne pas me décevoir ; les délais ont été respectés et le dojo a pu ouvrir le 2 juillet, comme convenu.
Durant l’été une permanence sera proposée trois jours par semaine aux adultes, avant que le club prenne son rythme de croisière dès le 1er septembre, aussi bien pour les adultes que pour les enfants.
Tous ceux qui souhaitent découvrir le ju-jitsu cet été, ou se perfectionner, seront les bienvenus !
A tous, je souhaite un très bel été.
Marie Agnès Gillot, ancienne danseuse Etoile à l’Opéra de Paris, déclarait récemment qu’elle allait confier les premiers pas de danse de son jeune fils à celui qui avait été son premier Maître. Il réside en Normandie et elle à Paris, mais elle considère que le premier professeur est le plus important. Cette affirmation me conforte dans mon point de vue. Ce n’est peut-être pas forcément vrai pour toute les disciplines, mais dans certaines, où la forme de corps est essentielle, l’enseignant qui dispense les bases techniques est déterminant.
Dans l’article de la semaine dernière qui traitait de l’ouverture de mon dojo parisien, j’évoquais la joie de pouvoir à nouveau enseigner régulièrement et sans modération « mon ju-jitsu ». Cette expression n’est pas l’émanation d’une quelconque appropriation ; elle évoque simplement des préférences techniques, pédagogiques, mais aussi un état d’esprit ; elle est l’expression de ma conception de la pratique et de l’enseignement ; je l’ai très souvent évoquée, mais un rappel n’est pas forcément superflu !
Il y a quatre ans, le 30 juin 2015 précisément, une nouvelle équipe prenait la direction du dojo de La Bastille. Une page se tournait pour moi, mais elle ouvrait la voie à une longue – trop longue – période, durant laquelle les surprises en « tout genre » se sont invitées. Différentes tentatives pour exercer mon métier d’une façon différente de celle qui avait été la mienne durant des décennies se sont avérées compliquées.
Comme souvent, à l’occasion de petites semaines comme celle-ci, j’apprécie de proposer une petite histoire ; ces contes sont divertissants et toujours riches d’enseignement. Issue du chapitre « Vaincre sans combattre » du magnifique recueil « contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon », cette courte histoire en est une belle illustration.
Certes, le mot boxe ne commence pas par un X, mais c’est bien cette consonne qui « claque » parmi les trois autres lettres. Et puis, pour l’illustrer au sein de mon dictionnaire des arts martiaux, il n’est pas facile de trouver des personnages et des éléments qui débutent par ce X en question.
Waza, voilà un mot couramment utilisé par les pratiquants et enseignants de ju-jitsu. On le traduit communément par «travail », mais utiliser « technique » est plus proche de la vérité et correspond mieux à ce qu’il représente réellement. Il est aussi moins rébarbatif que le mot travail qui, il y a quelques siècles, évoquait un instrument de torture.
Dans la collection « Spiritualités vivantes» publiée chez Albin Michel, j’ai fais l’acquisition d’un petit recueil dans lequel sont proposés 120 contes zen. Ce sont de très courtes histoires teintées d’humour et de poésie, au travers desquelles nous sont offertes de véritables leçons de vie. En voici un extrait avec un conte qui se nomme : « Ou est l’infirme ? ».