La vie parisienne…

sans-titre (6)Avec l’installation varoise (voir le précédent article) ce sont exactement quarante-cinq années de vie professionnelle parisienne qui s’achèvent.

A l’âge de dix-sept ans j’ai commencé mon métier sur le tatami du club de la rue des Martyrs. Ensuite plusieurs dojos se sont succédés. Le dojo de la rue de La Rochefoucauld dans le neuvième arrondissement puis trois clubs situés dans le douzième. D’abord rue de Charenton, ensuite boulevard de Reuilly, puis à nouveau rue de Charenton. Je n’oublie pas celui de Saint-Mandé qui fit office d’annexe trois années durant. Enfin, le « dojo de la Bastille », le dernier, le plus grand et celui dans lequel je suis resté le plus longtemps. (L’activité ne s’y est d’ailleurs pas arrêtée, elle continue avec une autre équipe.)

Durant toutes ces années, j’ai eu la joie d’initier et de perfectionner plusieurs centaines d’élèves. J’ai pu faire connaitre à des dizaines de pratiquants devenus ceintures noires le goût très particulier de l’accession à ce graal. Je n’oublie pas la formation de professeurs ! Dans ces dojos j’ai accueilli des enfants de tous les âges, des pré-ados, des ados et bien évidement des adultes hommes et femmes. Des gens habiles, d’autres moins, mais qui le sont devenus à force d’entraînement sérieux et de volonté. Des personnes qui ne pensaient pas pouvoir, un jour, pratiquer et s’exprimer dans les disciplines de combat, etc.

J’ai connu des satisfactions et des déceptions, de la joie et de la peine, de la reconnaissance et des trahisons (parfois) (qui laissent leurs auteurs face à leur conscience.) Elles ne gâchent en rien la satisfaction ressentie en se retournant sur un passé professionnel bien dense et la sensation du devoir accompli. Je le pense, avec une certaine fierté, sachant que la perfection n’existe pas et que c’est d’essayer de s’en approcher qui nous motive !

Aujourd’hui il n’est question que de la « vie parisienne », je n’évoquerai donc pas tout ce qu’il fallut assurer en matière de promotion du ju-jitsu, en province et à l’étranger ; stages, démonstrations, réunions, organisations de manifestations, supports techniques, etc. Autant d’actions venues s’ajouter à l’activité déjà bien intense que représente la direction d’un club dans le secteur privé. Cette formule très lourde, offre une contrepartie qui n’a pas de prix, celle de profiter d’une liberté d’organisation (planning, stages et autres animations.). Mais bien souvent la liberté à un prix et (paradoxalement) des contraintes. Il s’agit tout à la fois d’une « Ecole » avec des objectifs techniques et pédagogiques qui doivent être atteints, mais aussi d’une entreprise avec d’autres impératifs incontournables ! Ceci étant, un parallèle peut être établi entre la volonté nécessaire à la gestion d’une entreprise et celle dont on doit faire preuve sur un tatami.

Même si certains moments ont été difficiles, il faut conserver le meilleur. Parmi ces bons souvenirs, il y a le plaisir de transmettre et de constater les progrès. Tout au long de cet apprentissage existe la fameuse relation professeur-élèves, si chère aux arts martiaux. Mais pour moi il y a aussi et surtout ce brassage social que nous propose un dojo. Des relations qui n’auraient pu se faire ailleurs s’y établissent. Certes, c’est le cas dans de nombreux sports, mais les « sciences du combat » offrent une complicité et une connivence différentes, issues de la nature même de la pratique (Un autre sujet à développer ultérieurement.)

Pour clore ce résumé de plusieurs décennies d’activités martiales parisiennes et avant de filer vers d’autres horizons parfaitement bleus, on peut se poser, avec malice la question suivante : « Sera-t-il possible d’établir un bilan identique dans quarante-cinq ans sur les années tropéziennes ? »

Site ju-jitsu Eric Pariset : www.jujitsuericpariset.com

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