Le marronier de septembre

Une « mini-rentrée » le 20 août, puis la vraie le 2 septembre. Certains savent déjà ce qu’ils feront comme activité durant la saison à venir. Soit parce qu’aucune hésitation ne leur effleure l’esprit : ils continueront et persévéreront dans la discipline commencée la saison passée ou il y a plusieurs années. Soit parce que la décision a déjà été prise avant les vacances.
Mais, pour beaucoup, ce n’est pas encore le cas et dans le but de leur prodiguer quelques conseils, je peux leur apporter ma modeste contribution.
Pour les personnes qui habitent l’Île-de-France, il est vrai que je serai naturellement enclin à leur proposer de venir chez nous en ventant, à juste titre, les mérites d’une discipline complète. Mais, de toutes les façons, notre dojo ne peut accueillir tous les pratiquants d’arts martiaux franciliens et puis on ne peut pas satisfaire tout le monde. Enfin, la neutralité et l’objectivité ne sont  pas des valeurs superflues.
Je sais qu’en terme journalistique, cet article  s’appelle un « marronnier », c’est-à-dire un sujet qui revient chaque année à la même époque sur le même thème. Pour les anciens, l’aspect redondant pourra être lassant, mais pensons aux futurs pratiquants.
Plus que le choix d’une discipline, ce qui compte, c’est le choix d’un professeur, d’une pédagogie, d’un club et d’un état d’esprit.
Les disciplines ne sont pas aussi éloignées les unes des autres sur le plan technique, c’est davantage ce que l’enseignant va en faire qui sera important. Il faut se méfier de ceux qui prétendent enseigner la meilleure discipline, surtout s’ils l’enseignent mal.
Les phénomènes de mode vont conduire vers tel ou tel art qui bénéficie d’un phénomène d’entraînement médiatique (un peu comme si on venait de découvrir l’eau tiède) et bien souvent le néophyte se laissera influencer par cette couverture.
Ce qui est certain, c’est qu’il faut se fier à sa première impression et pour cela ne pas hésiter à demander à faire un essai, et en cas de refus (méfiance), au moins assister à une séance. Même si on ne se sent pas apte à porter un jugement sur le plan technique, l’ambiance générale qui se dégagera du cours sera une indication précieuse. Plus précisément regarder le comportement des anciens entre eux, mais surtout vis-à-vis des novices. Constater si la condescendance est plus forte que l’entraide. Regarder si la tranche d’âge à laquelle ont appartient est représentée. En clair : est-ce pour tous ou bien réservé à une élite ? Etudier le comportement durant ce que l’on appelle les « randoris » (les combats d’entraînement) et se demander si l’on est en osmose avec. Est-ce plus une impression de violence gratuite qui suinte que des exercices ou la maîtrise sera incontournable. Le ressenti à l’issue de la première séance est assez révélateur.
Et puis, il y a des éléments purement pratiques, tels que la proximité, l’accessibilité, les horaires adaptés à son emploi du temps, etc. Ils influenceront notre choix.
Enfin, n’oublions pas la motivation première, celle-ci doit évidemment être prise en compte : compétition ou pas, self-défense ou entretien physique, etc. Il est vrai que certaines disciplines sont plus spécialisées dans tel ou tel domaine. Mais il faut être objectif et réaliste, la compétition dans un sport de combat n’est pas forcément accessible à tous. Quant à l’aspect utilitaire, il n’est pas superflu de rappeler que l’efficacité vient avec le temps et qu’il n’existe pas de formule magique du genre « j’apprends à me défendre en 10 leçons », même s’il est vrai que chaque séance apporte un « capital-défense » qui peut s’avérer opérationnel immédiatement. Cet aspect est important, mais il y a aussi beaucoup d’autres facettes passionnantes à découvrir dans les arts martiaux.
Maintenant, il faut savoir que bien souvent, c’est sur la recommandation d’un ami qu’un grand nombre de nouveaux adhérents franchissent la porte d’un dojo. Rien n’empêche de constater par l’intermédiaire d’une séance d’essai que l’on est bien sur la même longueur d’ondes que notre ami !
Et puis se souvenir avant toute chose que l’essentiel s’inscrit dans la durée et qu’à ce titre, une pratique « très engagée » laissera fatalement des séquelles sur le long terme !
Pour résumer : se fier à notre première impression, discuter avec les personnes qui fréquentent l’établissement, puis avec le professeur pour constater, ou pas, que nos attentes sont en phase avec son projet pédagogique.
Je souhaite à toutes et à tous une excellente saison 2013/2014.

Site du club de ju-jitsu Eric Pariset : www.jujitsuericpariset.com

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