L’échauffement

L’échauffement est une composante incontournable d’une séance et il est indispensable avant tout effort intense. Mais encore faut-il savoir exactement ce que l’on désigne par ce terme, à quoi sert-il exactement et comment doit-il être mené.
Il y a l’étymologie, l’utilité, les habitudes… et la réalité !
Étymologiquement échauffement signifie qu’il faut « chauffer » le corps. Partant du principe qu’avec deux degrés supplémentaires celui-ci atteint sa plénitude physique. Les habitudes ont quelque peu banalisé cette phase qui ne revêt pas qu’une utilité physique, mais qui a également son importance sur le plan psychologique. Quant à ce qu’elle devrait réellement être, cela est parfois différent des habitudes !
Commençons par la question essentielle : à quoi sert l’échauffement et de quoi doit-il être composé ? Les quelques lignes qui suivent n’étant juste que mon point de vue sur le sujet, fruit d’une petite expérience, disons sur le terrain ou plutôt sur le tatami en l’occurrence.
Le principal objectif de l’échauffement sera la mise en condition pour le développement du thème principal du cours. Il sera fonction des objectifs que l’on s’est fixés pour les minutes qui suivent. À l’occasion d’une séance d’art martial, par exemple, le but est tout simplement de mettre le corps et l’esprit dans les meilleures dispositions pour recevoir et assimiler l’enseignement qui va être dispensé ! Sans risques corporels et avec de la motivation.
Il faut distinguer l’échauffement pour une épreuve sportive et celui destiné à une simple séance. Entre une personne qui s’apprête à battre un record ou à livrer un combat lors d’un championnat et une autre devant suivre une simple séance, cela n’entre pas dans le même registre. Au sein de ce dernier exemple faudra-t-il distinguer quel type de séance. S’il s’agit d’une préparation – justement à une compétition –  ou bien d’un cours très technique. En fait l’échauffement devra être réalisé en fonction de l’orientation que l’on pense donner à la suite. Son contenu technique et physique. Ainsi, un cours qui s’annonce très technique pourra commencer, pourquoi pas, par de la technique à condition que celle-ci réponde à des critères compatibles avec un début de séance et pour que l’intégrité physique soit préservée grâce à une progression adéquate.
Sur le plan purement physique, il sera indispensable de distinguer l’échauffement « cardio » et l’échauffement des muscles et des articulations. L’un n’ira pas sans l’autre si on s’attaque à un record. Mais dans le cadre d’un simple cours à but non compétitif, l’impératif ne sera pas le même. Bien échauffer les articulations et les muscles sera l’essentiel, le « cardio » pourra se réaliser par les répétitions techniques elles-mêmes, puis par des exercices, tels que les « uchi-komis » bien connus des pratiquants, qui permettrons de monter en intensité et qui alliant acquisition technique et essoufflement. Dans tous les cas, il faudra en même temps prendre soin de ne pas entamer le capital énergie par des exercices trop forts ! Ne pas confondre échauffement et épuisement.
Quant à l’absence totale d’échauffement lors d’une agression, le problème est différent. À ce moment de stress intense, il se produit une décharge d’adrénaline qui met le corps instantanément en condition. Mais il est bien évident, et c’est tant mieux, que nous n’allons pas nous mettre dans un tel état avant chaque cours afin de gagner du temps sur l’échauffement.
Maintenant, pour aborder l’aspect concret des exercices à utiliser. Il en existe une multitude. Suffisamment pour ne pas tomber dans la lassitude. Ils doivent tous posséder un point commun, qui sera celui de ne jamais brusquer le corps et ne pas confondre échauffement et épuisement ni échauffement et renforcement musculaire. Celui-ci pouvant être le thème d’une séance. Il ne faut pas oublier qu’un cours d’arts martiaux est avant fait pour apprendre et répéter des techniques… d’arts martiaux ! Le temps sacrifié à autre chose est autant de temps que l’on ne consacre pas aux répétitions et donc autant de progrès potentiels en moins. Et puis, comment s’échauffent les joueurs de tennis ?
Enfin et concernant un aspect qu’il ne faut surtout pas négliger, l’échauffement donnera le ton et l’impulsion également sur le plan psychologique pour la suite du cours, c’est pour cela qu’il ne faut pas hésiter à varier les façons de se « mettre en condition ». Tout en restant dans l’esprit traditionnel des disciplines que nous pratiquons.
Pour conclure et d’une manière générale, cette toute première partie de cours doit être progressive et si possible attrayante. Il faut savoir aussi que parmi les « outils » prévus à cet effet et s’ils sont exécutés un peu n’importe comment – trop vite ou trop fort, ou encore maladroitement –, ils peuvent se révéler dangereux. À l’inverse certains qui à la base ne sont pas catalogués comme tel, intelligemment pratiqués, permettent à la fois de s’échauffer et d’entrer directement dans le vif du sujet. Là aussi, tout est question de comportement et d’état d’esprit. Une fois de plus, il semblerait que ce soit la tête qui commande le corps. Tout est question « d’équipement de l’étage supérieur » !
Site du club de ju-jitsu Eric Pariset : www.jujitsuericpariset.com

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