Nouvel(le) élève

 Maître Guy Pelletier, éminent judoka et surtout excellent professeur de judo, disait : «  Je préfère accueillir une bonne ceinture blanche, plutôt que d’hériter d’une mauvaise ceinture noire. » (D’ailleurs, une ceinture noire peut-elle être mauvaise ?  C’est un autre débat.) Ce qu’il voulait dire par là c’est qu’il est préférable de s’occuper de l’ensemble de la construction d’une maison – des fondations jusqu’au grenier – que d’en bâtir une sur de mauvaises bases, ou pire, être contraint d’hériter  d’une construction dont l’ensemble ne ressemble à rien. Mieux vaut, alors tout démolir et reconstruire. Que de temps de perdu !
Il en est de même pour les élèves. Chaque année, malheureusement c’est un constat qui est fait. C’est pour cette raison qu’à titre personnel, je m’enquiers toujours de savoir, premièrement quelle discipline la personne a pratiquée au préalable (si elle n’est pas novice en arts martiaux), mais surtout, dans quel club et avec qui ? Le professeur, c’est celui qui formera, façonnera  techniquement, physiquement son élève. Mais c’est surtout lui qui  inculquera les valeurs morales et mentales indispensables à une pratique sérieuse, efficace, intelligente, sécuritaire, et soucieuse du respect des valeurs morales. Ce sont celles-ci qui conditionnent une pratique saine et harmonieuse. C’est pour cela que quelquefois, à une personne qui souhaite faire une séance à l’essai, et qui vient d’un club dont je me méfie des « résultats » en matière d’éducation martiale, je lui donne quand même sa chance (il y a toujours des exceptions) et je lui indique que le cours à l’essai va lui permettre de voir si notre club lui plaît, mais plus encore, si lui-même convient à notre dojo !  Et c’est cela qui déterminera son adhésion…ou pas ! Il est clair que lorsque quelqu’un me fait part de ses origines de budoka(te), et que je connais le professeur (de réputation, ou mieux, personnellement), je me trompe rarement sur l’attitude qui sera la sienne dès la première séance. J’en ai eu encore très récemment la confirmation. Mais, comme expliqué un peu plus haut, il y a également des repentances exprimées qui ont abouti à d’exemplaires reconversions au niveau comportemental. Chacun à droit à une seconde chance. Même si mentalement ce sera plus facile (avec de la bonne volonté) que techniquement. L’esprit étant, normalement, plus souple que le corps !

Site du club ju-jitsu Eric Pariset : www.jujitsuericpariset.com

Commentaires

  • La toute première fois que j’ai marché sur des tatamis, j’étais très heureuse, motivée et anxieuse. Je me suis demandé si j’allais trouver ce que je cherchais, si j’étais là pour de bonnes raisons. J’ai eu de la chance, le premier dojo que j’ai essayé est celui que j’ai foulé pendant de nombreuses années. J’ai alors entamé les fondations de la maison que j’allais mettre des années à bâtir pour qu’elle soit solide et qui n’est toujours pas terminée.
    En grandissant, la vie m’a entraînée vers d’autres horizons. Et lorsque l’on arrive dans un nouvel endroit, il faut tout recommencer, y compris rechercher un dojo dans lequel on pourra poursuivre notre construction. Car il est vrai que lorsque le maître d’œuvre a bien commencé à bâtir notre maison, on préfère en général qu’il la termine plutôt que de confier à quelqu’un d’autre la suite des travaux. Cependant, ayant déménagé quelque paires de fois, j’ai essayé plusieurs clubs. Le vrai test est le premier cours. Lorsque je débarque dans un nouveau dojo, c’est un peu comme une rentrée des classes dans une nouvelle ville. Je me demande comment sera le professeur, les autres élèves, si je vais être à la hauteur et si mon ancien maître d ‘œuvre serait fier de moi. Cette première leçon a jusqu’à présent toujours été décisive…
    En fait, les préoccupations du professeur ne semblent pas si différentes de celles du nouvel élève 🙂

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