Shin-gi-tai : réfléchir, construire et agir

Même en été, peut-être surtout en été, il n’est pas interdit de réfléchir.

Shin-Gi-Tai : voilà un concept que les pratiquants d’arts martiaux connaissent.

Tout du moins, ils l’ont entendu sans forcément y prêter l’attention qu’il mérite.

Il est pourtant le fondement d’une bonne pratique martiale, tout comme il est utile à toute activité et création dans la vie en général.

Cela résume la conception que Jigoro Kano, le créateur du judo, avait de son art et quelles étaient ses priorités.

Ces mots sont les murs porteurs d’une bonne pratique et plus largement d’une existence.

Shin désigne l’esprit, Gi la technique et Tai le corps. L’ordre n’est pas le fruit du hasard.

D’une manière générale, en prenant l’exemple de la construction d’une maison. Une personne établit un projet (le shin), une autre fait les plans (le gi, la technique) et une troisième la bâti (le tai, le corps).

Dans nos disciplines, notamment en ju-jitsu, l’esprit permet de visualiser la technique, les répétitions de l’assimiler et le corps de la réaliser.

Autre interprétation concernant ce « classement » : en avançant en âge, la vivacité d’esprit reste, la technique est acquise, même si elle est utilisée de façon moins percutante. Quant au corps (le physique), à partir d’un certain moment il subit une inévitable altération.

C’est donc l’esprit qui domine. C’est lui qui élabore, construit et affine cette technique qui renforce le corps, c’est l’esprit qui dirige nos actions. Il mène notre existence, grâce (ou à cause) des décisions que nous prenons. Il nous permet de réfléchir, d’agir et de réagir.

C’est en respectant ce triptyque que l’art martial devient plus qu’une simple utilisation brutale de nos moyens physiques, il nous permet de guider nos comportements dans le respect d’un code moral. Il structure notre existence !

Le fondateur du judo ne voulait pas faire de son art qu’une simple méthode de combat, mais aussi une méthode d’éducation physique et mentale, une École de vie.

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Reprise

Dans moins d’un mois, nous reprendrons le chemin des dojos. Enfin, pour ceux qui auront décidé de continuer une activité commencée la saison passée ou il y a plusieurs années.

On a raison d’affirmer qu’il n’est pas possible d’arrêter la pratique d’un art martial, sauf cas de force majeure, ou encore avec le sentiment de s’être trompé, ce qui se révèle très vite, lors des premières leçons.

Cette pratique ne s’inscrit pas que dans le loisir, c’est un peu plus que cela. On pourra me dire que c’est le cas de beaucoup de sports, ce qui est vrai, cependant cela l’est davantage dans nos disciplines.

Chaque sport est une éducation physique, mais Jigoro Kano en créant le judo a voulu en faire également une méthode d’éducation mentale ; une École de vie.

Développer des qualités techniques, renforcer le physique, mais aussi inculquer de fortes valeurs mentales.

Sur le plan technique, il y a la recherche de la perfection, de la finesse technique, de l’harmonie entre le corps et l’esprit. Tout cela demande beaucoup de temps, de patience, de rigueur et d’efforts. La satisfaction sera la récompense que seuls peuvent connaître ceux qui n’auront pas abandonné à la première occasion.

J’ai souvent insisté sur le fait qu’il était plus simple de céder à la facilité, qu’à chaque fois il était possible de trouver une bonne excuse pour faire l’impasse sur une séance. Mais que jamais ne s’était manifesté le regret de s’être fait violence en se rendant à l’entraînement (s’agit-il de violence, d’ailleurs?).

Aller au dojo n’a rien à voir avec aller au cinéma ou à une soirée avec des copains, si agréable soit-elle !

L’inscription dans un dojo est une sorte de pacte que l’on signe avec soi-même. On ne pourra donc s’en prendre qu’à soi si ce pacte est rompu. Respecter un engagement est un acte d’une valeur inestimable. Avec soi ou n’importe quelle personne.

La pratique est singulière d’autant plus que les arts martiaux ont la particularité de proposer des techniques qui permettent de maîtriser un adversaire, et même davantage. Il y a là une raison supplémentaire de s’investir avec sérieux, ce qui n’empêchera pas de trouver un aspect ludique qui participe à l’épanouissement et à l’acquisition d’un bien être supplémentaire.

Maintenant, il est incontestable qu’il ne faut pas se tromper au moment du choix de la discipline et plus encore du dojo et du professeur.

Quant à l’envie de « papillonner », d’essayer plusieurs disciplines, pourquoi pas ? Mais c’est la meilleure façon de ne pas en approfondir une.

Une vie ne suffira pas pour maîtriser parfaitement un art martial, alors une saison, et parfois moins… Certes, cela peut paraître rébarbatif de s’investir totalement, surtout à une époque où l’on regarde les vidéos en accéléré, mais est-ce une (bonne) raison pour céder à l’air du temps ?

En attendant, bonne vacances pour les aoûtiens. Et retour sur les tatamis en pleine forme !

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Revenir sur Soulac

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(Et non pas revenir à Soulac, en tout cas pas tout de suite.)

La semaine dernière ont été mises en ligne quelques photos prises lors d’un des nombreux stages d’été qui se sont déroulés à Soulac-sur-Mer. Les réactions suscitées m’ont donné envie de revenir un peu plus sur ce stage en lui consacrant l’article hebdomadaire. Au fil des ans, il était devenu une véritable institution.

Plus qu’un stage, c’était un de ces moments exceptionnels que nous offre l’existence.

Il faut revenir un peu en arrière. Il y a exactement 40 ans se déroulait la première édition de ce stage. C’était au mois d’août 1986.

Après trois éditions au Temple-sur-Lot, les stagiaires qui venaient en famille, avaient émis l’envie « de bord de mer ». Ce qui ne retire rien au plaisir que nous avions de pratiquer dans le département du Lot-et-Garonne et à la qualité de l’accueil que nous réservait en son temps Gilbert Bilas.

Donc, à l’automne 1985, j’avais contacté la plupart des stations balnéaires, de la Normandie au Pays-Basque. La première à nous avoir répondu a été Soulac qui semblait réunir plusieurs critères favorables à une telle organisation. Un aller-retour sur place m’a convaincu.

La taille de la station, les locaux mis à notre disposition, les possibilités d’hébergement ont été convaincants. Et puis, le lieu par lui-même. Située dans le département de la Gironde, sur ce qu’on appelle La Pointe de Grave, la ville ne manque pas de charme ; entre forêt de pins et océan majestueux.

La décision a été prise rapidement et c’est là que nous nous sommes retrouvés autour du ju-jitsu, de 1986 à 2010.

Ensuite, il y a eu un arrêt pour des raisons personnelles, avant de reprendre le temps de deux éditions en 2022 et 2023.

Ces rassemblements ont vu passer des centaines de pratiquants venus de toute la France, mais pas que. Quelques pays européens nous rejoignaient.

Séances en extérieur à l’ombre des pins, puis en dojo pour la technique, les méthodes d’entraînement, les randoris.

Du dimanche au samedi les journées étaient bien remplies, ce qui n’empêchait pas de profiter de la plage et des bienfaits de l’océan.

Il y a des lieux qui marquent votre existence, à titre personnel Soulac en fait partie. Cela paraît évident, sinon pourquoi y être retourné vingt-cinq ans de suite ?

Quant à y fouler à nouveau les tatamis, il ne faut jamais dire jamais !

(Quelques photos avec des souvenirs qui ne laisseront pas indifférents ceux qui ont connu un ou plusieurs de ces rassemblements.)

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Coté professeur

La semaine dernière nous évoquions la fin de saison « côté élève », cette semaine intéressons-nous à ce moment de l’année, mais « côté professeur ».

C’est l’occasion d’établir un bilan des mois écoulés et de se projeter en septembre. Chaque saison se prépare aussi sur la précédente.

Pour la saison écoulée, il y a les points positifs qui sont autant d’encouragements et sur lesquels il n’est pas question de s’endormir. Ensuite les points négatifs ; ceux que l’on peut améliorer et ceux qui malheureusement nous échappent.

Pour ceux-là, l’exemple le plus marquant ayant été le Covid en 2020. Plus prêt de nous, dans une moindre mesure, les canicules. Avec la meilleure volonté, nous ne pouvons pas grand-chose sur la gestion de ces événements.

Je reviendrai plus bas sur les « évolutions sociétales ». Quant à ce que l’on peut améliorer, il ne faut pas hésiter à se remettre en question sans pour autant vendre son âme.

L’analyse d’une saison se fait principalement sur les statistiques : le nombre d’inscrits, de débutants, de renouvellements et d’abandons. Les montées en grades, les résultats sportifs pour les disciplines qui proposent des compétitions.

Le nombre d’inscrits dépend de plusieurs éléments. L’attractivité de la discipline, les compétences du professeur, l’ambiance générale, les conditions d’accueil, le confort du dojo, le nombre de créneaux disponibles, etc. Sans oublier les modes !

Pareil pour les renouvellements. Les causes d’abandons en cours de saison sont nombreuses, nous les avons évoquées dans le précédent article.

Et puis, il y a l’évolution de la société. Disons le franchement, on assiste à un engagement moins important, dans la régularité et dans la durée. On papillonne devant une « offre » conséquente ; mais il y a aussi un goût de l’effort qui n’est plus le même. On trouve plus facilement une (bonne) raison pour louper une séance. Or, régularité et abandons vont de pair. Sans régularité il n’y a pas de progrès, sans progrès il y a du découragement et donc des abandons.

L’enseignement des arts martiaux est une passion, mais aussi un métier pour ceux dont c’est l’activité professionnelle principale. (Bien que nous soyons de moins en moins nombreux a arborer ce statut.) Devant le constat établi précédemment, de la part de l’enseignant, il faut être armé d’une forte motivation pour remplir une des missions parmi les plus nobles et surtout indispensables.

Quant à la remise en question, bien sûr, mais à la condition de savoir s’adapter tout en restant fidèle à des principes qui tendent à élever et non pas à revoir à la baisse le niveau d’exigence en termes de transmission technique et encore davantage d’éducation.

Certaines valeurs ne sont plus tout à fait dans l’air du temps, il faut trouver les moyens d’éviter leur disparition. Même s’il s’agit d’une mission de plus en plus difficile à assumer, et pourtant indispensable : un chalenge !

Photo d’illustration prise à Chevreuse (78)

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Fin de saison

Une fin de saison, c’est souvent le moment de faire des bilans. Pour les pratiquants d’arts martiaux, c’est revenir sur environ dix mois de pratique.

D’abord, j’évoque ceux qui ont pu aller jusqu’au bout d’une saison commencée en septembre.

On fait un bilan sur les progrès réalisés, souvent matérialisés par l’obtention d’un grade supérieur, sur la découverte de nouveaux enchaînements et de nouvelles sensations dus à un investissement régulier. Pour ceux qui pratiquent une discipline avec des compétitions, on analyse ses victoires et ses défaites, en relativisant les unes et les autres.

On a renforcé des amitiés, on en a découvert d’autres. Parfois on déplore qu’une blessure a pu nous éloigner des tatamis le temps du rétablissement. On se souvient que parfois s’est manifestée la tentation de rester à la maison, mais jamais nous n’avons regretté de ne pas nous être écouté.

Par contre, comme chaque année, on déplore des abandons en cours de saison. Il existe plusieurs raisons à cela. Il y a les inévitables et…les autres.

Dans la première catégorie, ce sont des problèmes personnels, professionnels ou de santé qui ont mis un terme à un engagement sincère. On aurait préféré continuer à fouler les tatamis.

Ensuite, d’autres constats peuvent provoquer un arrêt. S’apercevoir que « ce n’est pas pour nous », que nous avons été déçus ou que c’est trop difficile physiquement, trop pointu techniquement, qu’il faut y consacrer beaucoup de temps pour progresser et s’exprimer. Ou tout simplement que nous nous sommes lancés dans une discipline qui ne nous correspond pas.

Enfin, il y la catégorie dans laquelle on trouve ceux qui abandonnent à tout.

A la fin de la saison, pour d’autres, se pose la question de savoir si on reprend en septembre. On a été au bout d’une saison, en sera-t-il de même pour la prochaine ? N’est-ce pas le moment de changer de discipline ? Avec l’argument de la nouveauté ? Cela peut se défendre, mais il faut savoir que les disciplines de combat demandent un investissement sur du long terme, comme dans beaucoup d’autres domaines, mais plus encore.

Pour les passionnés, cette question ne se pose pas. Sauf problèmes évoqués plus haut, ils seront présents pour continuer à découvrir et à se perfectionner dans des arts qui demandent des efforts, de la rigueur, mais qui offrent tant de récompenses et apportent autant de satisfactions en retour. Ils sont impatients de gravir de nouveaux échelons et de continuer à partager une passion.

Quant à ce que représente une fin de saison pour le professeur, nous y reviendrons dans le prochain article.

(Photo d’illustration : Léognan juin 2026)

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Osae Waza. Les immobilisations

Dans les deux précédents articles nous nous sommes intéressés au kantsetsu-waza (les clefs) et au shime-waza (les étranglements). Deux groupes qui appartiennent au katame-waza (les techniques de contrôles).

Pour clore avec le groupe des contrôles, il nous reste à voir les osae-waza, les immobilisations.

Elles sont surtout utilisées en Judo, mais elles peuvent l’être aussi, en Ju-Jitsu, à condition de maîtriser les bras de l’adversaire.

Leur utilité est incontestable en self défense, quand il s’agit de maintenir quelqu’un au sol, de l’immobiliser sans « l’abîmer « , pour des raisons de légitime défense et de respect de l’intégrité physique. Dans le cadre de son activité professionnelle, un de mes élèves a pu tester cette affirmation.

En dehors de leur efficacité, dans les combats d’entraînement – les randoris – bien les maîtriser apportent beaucoup de satisfaction.

Ce secteur réclame et développe le sens du combat, aussi bien pour tenir une immobilisation que pour en sortir ; il y a de la technique et de la stratégie. En plus il développe des qualités physiques de façon naturelle. On s’amuse davantage avec un partenaire qu’avec de la fonte. À la condition de ne pas être toujours en dessous. Pour cela il faut un entraînement régulier.

Les immobilisations permettent un investissement total, on va au bout de l’effort sans risque de blessure par manque de contrôle ou par maladresse. Ce qui les rends encore plus sympathiques.

Enfin, avec le travail au sol en général et les immobilisations en particulier, la pratique s’inscrit dans la durée. Davantage que de la rapidité, il demande de la stratégie, de la patience, on prépare ses coups à l’avance.

J’ai déjà évoqué l’appellation « science du combat » qui lui va parfaitement !

Une science dans laquelle on trouvera du plaisir, ce qui n’est pas négligeable, à condition de la pratiquer avec des partenaires à l’état d’esprit identique au notre !

À noter que le but des immobilisations consiste à maintenir le partenaire ou l’adversaire sur le dos, mais en self défense il est possible d’immobiliser quelqu’un sur le ventre.

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Atemi waza

Aujourd’hui revenons sur l’atemi-waza (le travail des coups), l’une des trois composantes du ju-jitsu.

Pour rappel, les deux autres étant le nage-waza (le travail des projections) et le katame-waza (le travail des contrôles).

En ju-jitsu, l’atemi-waza possède la particularité de ne pas être une finalité, mais un moyen d’y parvenir ; un « coup porté » permet un déséquilibre favorisant l’enchaînement avec une projection ou un contrôle, ou encore les deux.

Logiquement il compose la première partie d’une défense, puisqu’il s’utilise à distance. Un « enchaînement type », se déroulera de la façon suivante : coup, projection et contrôle. Mais ce n’est pas une règle absolue.

L’étude de l’atemi-waza est importante pour trois raisons.

D’abord pour son efficacité dans le travail à distance. Il est souhaitable d’avoir une bonne maîtrise dans ce domaine aussi bien pour l’utiliser que pour s’en défendre. Si mon partenaire ne maîtrise pas bien les coups, j’ai peu de chance d’apprendre à me défendre contre ceux-ci.

Ensuite, sa pratique est intéressante sur le plan physique, elle permet de travailler la souplesse, la vitesse, et de parfaire sa condition physique. Sans oublier l’aspect ludique que l’on trouvera pour lorsque la pratique s’effectue avec un parfait état d’esprit.

Enfin, cette pratique procurera ce que l’on appelle le « sens du combat » : le coup d’œil qui favorise les automatismes d’attaques et de défenses. Ce sens du combat qui peut se transposer d’une forme de science à une autre. Pour être précis, quelqu’un qui a des compétences dans le travail à distance, à de fortes chances d’en posséder aussi dans le corps à corps. Savoir saisir le bon moment, l’opportunité.

Dans l’enseignement du Ju-jitsu l’atemi-waza est donc incontournable. Jigoro Kano l’avait inclus dans certains katas et créer quelques enchaînements.

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Self défense

Quelle est la méthode de self défense la plus efficace ? Il faut combien de temps pour appendre à se défendre ? Voilà deux questions récurrentes.

Je pense avoir certaines compétences pour aborder le sujet. Grâce à une longévité dans la pratique et dans l’enseignement, mais aussi avec un nombre important de situations au cours desquelles des élèves pratiquants de ju-jitsu se sont sortis d’affaire.

Même si on parle de plus en plus de violence et du besoin de se rassurer au travers de la pratique d’une méthode d’auto défense, le sujet n’est pas nouveau. Il n’y a qu’à se référer au nombre important de parutions qui y ont été consacrés depuis que l’imprimerie existe. (D’ailleurs, en image d’illustration, on retrouve un ouvrage écrit par une personne légendaire et qui présente une méthode très en vogue dans les années 1950.) Maintenant se sont davantage les vidéos qui pullulent sur les réseaux.

Dans ces vidéos il est rassurant de ne pas trouver que des « spécialistes » qui se targuent d’être les meilleurs experts dans la meilleure méthode. Heureusement, il y a des gens sérieux qui ont des analyses pleine de bon sens. Je n’oublie pas les défaitistes qui affirment que ça ne sert à rien de pratiquer un méthode de self défense, que la rue n’est pas le dojo. À ça, je répond que c’est heureux !

Avant tout, il faut préciser aux néophytes que si l’efficacité d’une méthode ne dépend pas que de son nom (même s’il est à la mode), mais de sa composition technique. Elle dépend aussi des compétences du professeur et de certaines qualités émanant des élèves, l’assiduité en premier.

Revenons sur ces trois critères.

D’abord le contenu technique de la méthode. Il faut que tous les aspects soient travaillés : à distance, en corps à corps, debout et au sol, à mains nues ou bien armées, contre un ou plusieurs adversaires.

Ensuite les compétences du professeur. Sur le plan technique évidemment, mais plus encore sur ses compétences pédagogiques. Maîtriser est une chose, transmettre efficacement en est une autre. Transmettre la technique mais aussi les bons comportements.

Enfin, les qualités de l’élève. On a tous un potentiel plus ou moins développé. Ce potentiel grandira au fur et à mesure de la pratique, sans pour autant atteindre l’invincibilité. L’efficacité s’obtient avec la régularité dans une pratique « au long cours », c’est pour cette raison que l’enseignement doit être attractif, mais aussi ( et surtout ) que l’élève soit motivé et qu’il fasse preuve de persévérance.

Quant aux exemples de personnes qui se sont sortis de mauvaises situations, ils sont nombreux et représentent un panel très divers. Hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, de tous niveaux et face à des situations très diverses d’agressions.

Pour conclure sur le sujet il faut rappeler que la meilleure victoire est celle que l’on obtient sans combattre, que l’issue d’une agression n’est jamais connue d’avance et réserve davantage de mauvaises surprises que de bonnes. A moins d’y être confronté régulièrement, on ignore comment on réagira dans ces moments où le stress est à son paroxysme.

Quoiqu’il en soit, une pratique régulière sera bénéfique dans le domaine de l’efficacité, mais aussi pour le développement de qualités physiques et mentales. Une bonne condition physique et un bon mental ne seront pas inutiles sur le plan purement utilitaire et tout simplement pour se sentir bien dans sa tête et dans son corps au quotidien.

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Nage waza, les projections…

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Aujourd’hui on revient sur les projections, un secteur majeur du ju-jitsu.

Rédhibitoire pour certains à cause des chutes, le « nage-waza » (technique de projections) offre pourtant beaucoup d’intérêts, comme nous le verrons un peu plus loin.

D’autres font des choix différents ou ne s’y intéressent pas, à moins qu’une mauvaise expérience soit à l’origine de ce désintérêt.

C’est pour cette raison que l’apprentissage des projections va avec celui du « savoir chuter ». Si mon partenaire ne maîtrise pas les chutes, je ne peux pas pratiquer les projections. Cet apprentissage doit être progressif pour ne pas décourager.

Apprendre à bien chuter sera utile dans un dojo, mais aussi en dehors (sans forcément que ce soit tous les jours, on ne passe pas nos journées à tomber).

Au niveau des projections, des différences existent dans les opportunités et les finalités, selon que l’on pratique le judo ou le ju-jitsu, mais la forme de corps est la même et les méthodes d’entraînements sont proches.

Sur le plan purement utilitaire, il serait dommage de s’en passer, sur certaines formes d’agressions, l’utilisation du nage-waza est redoutable, parfois même indispensable, sur des saisies par exemple, mais pas que.

Le nage-waza demande beaucoup de travail, de répétitions et donc de patience (c’est peut-être pour cela qu’existe parfois un désintérêt), mais en supplément de la plus-value en termes d’efficacité, on découvrira une véritable science du combat, une science qui répond à des principes techniques très fins, à une utilisation des déséquilibres qui nécessite une parfaite coordination. La fluidité dans « le geste juste au moment juste » sera déterminante; soit en utilisant directement l’énergie du partenaire (ou de l’adversaire) ou après l’avoir fait réagir, avec un coup (en ju-jitsu), ou avec le principe « action réaction » (principalement en judo) .

Tous ces mécanismes qui entrent en jeu sont plus naturels que l’on croit, simplement tant que nous ne les avons pas utilisés, nous l’ignorons, il faut juste les mettre au grand jour à l’aide d’un révélateur. Ce révélateur, c’est le professeur et ses qualités de pédagogue.

Enfin, on découvrira un monde dans lequel la recherche de la finesse technique, l’esthétisme et l’expression corporelle ont toutes leurs places. Elles seront autant de plaisirs procurés. Certaines projections sont magnifiques dans leur exécution.

N’oublions pas les bienfaits physiques procurés par une pratique régulière de ce secteur : un développement musculaire naturel, une bonne condition physique et bien d’autres qualités.

Il est faux d’affirmer que tout le monde ne possède pas la capacité d’exceller dans ce domaine, c’est davantage le manque d’envie et/ou de volonté qui limite les progrès.

Au travail !

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Attitude au dojo…

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Il n’est jamais inutile de rappeler que le dojo est un lieu d’étude, de vie en société et dans lequel certaines règles doivent être respectées, pour le bien être de tous, pour une vie en bonne harmonie, loin des incivilités et de cette violence qui ne cessent de gangrener notre société.

Tout d’abord, l’hygiène. Les tenues doivent être propres, les corps aussi, cela semble être la moindre des choses, mais parfois…Les ongles sont coupés courts. On ne doit pas marcher pieds nus en dehors du tatami. N’oublions pas que lors du travail au sol, nous sommes très près…du sol !

Ensuite la politesse. On doit saluer le tatami avant d’y monter et – normalement – le dojo en y entrant. Il en est de même avec les partenaires successifs, avant et après chaque changement. Qui plus est dans une tenue correcte et de ne pas se contenter d’un vague mouvement de la tête. On ne retire pas sa veste de judogi sur le tatami.

On devra être ponctuel, sauf cas de force majeure et/ou impératif professionnel. Dans ce cas, on informe le professeur. Si on est en retard, on attend sur le bord du tatami un signal de celui-ci avant d’y monter. Lorsqu’on doit sortir, on l’informe également.

On évite de parler trop fort, on communique discrètement avec son partenaire et bien évidemment on ne s’exprime pas et on ne se désaltère pas pendant les explications du professeur.

L’entraide mutuelle est sacrée, les plus anciens aident les moins anciens. On doit se souvenir que l’on a tous été débutant. Et dés la deuxième séance, on en connaît un peu plus que celui qui en est à sa première leçon, on peut déjà lui donner quelques conseils.

Enfin, on est attentif aux informations données par le professeur. Notamment lorsqu’il signifie, à l’aide du « maté », la fin d’un randori. C’est une question de respect des consignes, du partenaire, mais aussi de sécurité.

Toutes ces recommandations ont pour unique but que se déroulent les cours dans une parfaite harmonie. La recherche de l’acquisition et du perfectionnement technique ainsi que l’engagement physique doivent se dérouler dans la convivialité. Aucune violence ne doit être tolérée. Combattre la brutalité que certains portent en eux sera un des objectifs.

Pour le professeur, il ne s’agit pas d’être un « Père Fouettard », mais simplement d’assumer son rôle d’éducateur. Avec un minimum de rigueur, cette rigueur qui impose quelques efforts, on ne fait pas n’importe quoi, n’importe comment, ce qui permet un mieux vivre en société et donc de pratiquer, de progresser et de se défouler physiquement et mentalement, tout en prenant du plaisir : nous sommes également dans le loisir.

En toute chose, il faut chercher le bon équilibre. Une discipline de fer ne fera que rebuter, à l’inverse le laxisme sera contre-productif et dangereux, encore davantage dans nos disciplines.

C’est au professeur que revient la responsabilité de diffuser ces consignes et ces recommandations (et de les faire respecter).

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