Z comme…

Z comme Zen.

Aujourd’hui, concernant mon dictionnaire « amoureux » des arts martiaux, c’est la dernière lettre de l’alphabet qui est évoquée.

Cela aurait pu être Z comme Zorro, un des héros de mon enfance, celui qui combattait la tyrannie et l’injustice, mais nous sommes un peu éloignés des arts martiaux, bien que ce justicier masqué pratique l’escrime, une discipline noble dans laquelle l’esprit chevaleresque n’est pas éloigné de celui qui animait l’âme des samouraïs et qui continue d’animer celle de beaucoup de pratiquants d’arts martiaux.

Plus terre à terre (c’est le cas de le dire), j’aurais pu choisir Z comme zoories ; ces chaussures qui ne pas assez utilisées dans les dojos pour circuler en dehors des tatamis ; question d’hygiène et d’éducation.

Il aurait pu être question de la fameuse position « zenkutsu dachi » qui a fait souffrir plus d’un karatéka à ses débuts.

En fait, j’ai choisi Z comme Zen. Un mot qui nous apaise rien qu’à le lire, l’entendre, ou l’écrire. « Rester zen » ! Cette expression populaire qui, dans une version simplifiée, signifie « rester tranquille ». Une bonne dose de mysticisme entoure cette pratique issue de la religion bouddhiste. Des cours existent, mais chacun doit pouvoir appliquer sa propre « zenitude » qui consiste à apaiser l’esprit, et de ce fait le corps, ne serait-ce qu’en relativisant certains évènements qui nous assaillent, en leur donnant l’importance qu’ils méritent. Facile à dire, souvent moins facile à appliquer.

Chacun trouvera sa façon de faire, seul ou accompagné. Cette pratique interne est un excellent complément à celle des arts martiaux, qui doivent être considérés comme les arts de l’esprit, davantage que ceux de la guerre. Sagesse et art martial doivent être indissociables.

La sagesse, parce que les pratiques évoluent ; nous ne sommes plus au temps des samouraïs, où l’issue des affrontements étaient la mort d’un des deux combattants, même si nous avons conservé la plupart de leurs techniques de combat (pratiquées avec une finalité différente, heureusement) , leur esprit volontaire et leur Code d’honneur.

Pour conclure cet article et à l’attention de ceux qui seraient intéressés par cette pratique, je conseille le beau petit livre « zen », de Maxence Fermine aux éditions « Michel Lafon poche ».

eric@pariset.net  www.jujitsuericpariset.com

Un beau compliment

Il y a quelques temps, à l’issue d’une séance à l’essai, une personne m’a dit qu’elle ne s’inscrirait pas chez moi, parce que : « ce n’était pas assez violent » ! Il s’agissait là d’un des plus beaux compliments qui m’était adressé.

Cette anecdote me permet de faire une suite au précédent article qui traitait de la rentrée coté professeur, avec une situation à laquelle beaucoup d’enseignants ont déjà été confrontés, celle de l’arrivée d’un pratiquant d’une autre discipline enseignée sous la direction d’un autre professeur.

Lorsqu’un nouveau venu se présente au dojo, on lui demande toujours s’il a déjà pratiqué et surtout avec qui ? La réponse rassure (ou pas) ! On est apaisé – en principe – lorsque que l’on connait l’enseignant en question et sa conception des arts martiaux ; attentif et attentiste quand on ne le connait pas et terriblement inquiet si, malheureusement, nous déplorons peu de points communs en termes de « philosophie » à propos des arts martiaux avec l’enseignant en question.

Ce n’est pas forcément que le professeur et la discipline soient mauvais, mais tout simplement que nous n’avons pas les mêmes codes et qu’une telle arrivée n’est pas vraiment souhaitable.

Dans mon enseignement l’aspect éducatif est déterminant, à longueur d’articles je ne cesse de le clamer : l’enseignement se doit d’être éducatif et non destructif; nous sommes là, non pas pour faire mal, mais pour apprendre à ne pas se faire mal.

Je ne revendique pas de détenir la vérité, mais ma conception non-violente de la pratique n’est pas compatible avec son contraire.

Donc, lorsque nous accueillons un pratiquant aux habitudes « très différentes » des nôtres, la tâche n’est pas désespérée, mais ardue ; beaucoup plus que lorsqu’il s’agit d’une personne vierge de tout enseignement.

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Conscience professionnelle

La semaine passée était évoquée la rentrée coté élèves, cette fois c’est du coté des enseignants que j’aborde cette période de l’année qui, même après plusieurs décennies, ne manque pas de singularité pour un professeur d’arts martiaux. Il y a ce mélange de sentiments qui allient l’appréhension (il n’y a que les imbéciles qui ne doutent jamais), l’impatience et la joie de retrouver les « anciens », la perspective de partager à nouveau des moments privilégiés avec ceux qui nous sont fidèles depuis des lustres, même si la fidélité est une valeur qui n’est pas forcément en extension.

Ensuite, il y aura le plaisir de faire découvrir notre art et de partager notre passion auprès de personnes novices. Beaucoup de ceux-là « atterrissent » au dojo par le biais d’élèves déjà inscrits ; ils sont en partie convaincus, d’autres viennent d’emménager à proximité, mais il est quand même nécessaire de les convaincre et ensuite de les satisfaire en les faisant progresser pour qu’à leur tour ils puissent faire grossir le rang des fidèles. Enfin il y a ceux qui ne sont pas forcément à proximité, mais que la réputation du dojo incite à braver les distances.

Aucune lassitude et encore moins de désinvolture ne s’installent dans l’esprit de la majorité de ceux qui, comme moi, ont la chance d’exercer le métier de professeur d’arts martiaux, même après des années d’enseignement et même si on regrette de ne pas retrouver tout l’effectif de la saison passée. Il y a de bonnes raisons à cela, contre lesquelles nous ne pouvons rien : déménagement, problèmes personnels ou professionnels, etc. Il en existe aussi de moins bonnes parmi lesquelles le manque de volonté ; d’autres plus recevables, lorsqu’elles évoquent un besoin de changement ; dommage, parce que pour progresser dans un art martial, une saison ne suffit pas, puisque même après une vie de pratique nous pourrions apprendre encore et toujours. Ceci est un autre débat.

Personnellement, c’est aussi (et peut-être même surtout) avec une conscience professionnelle infaillible que j’aborde chaque rentrée, sur le plan de l’enseignement, mais aussi de l’environnement direct (propreté et l’entretien du dojo, etc.), mais également pour ce qui concerne le respect des règles de politesse et de comportement ; ces règles qui ne doivent pas simplement être affichées sur le mur du dojo, mais appliquées.

Dans la vie comme sur les tatamis, il est plus simple d’abandonner et de laisser filer, mais lorsque l’on est « responsable », un tel comportement n’est pas acceptable vis-à-vis des élèves, surtout des plus jeunes. Le mot « dojo » est quelques fois usurpé ; dojo signifie le lieu on l’on trouve la voie ! La voie technique, mais aussi la voie de la sagesse, de la politesse, de l’effort, de la rigueur et non pas celle du renoncement et de la désinvolture ; même s’il ne faut pas oublier que nous sommes aussi dans les loisirs, ce qui n’empêche pas de respecter certaines règles de bienséance. Un professeur d’arts martiaux n’est pas qu’un simple distributeur de technique (et encore, quand elle est bonne), il est aussi un éducateur physique et mental et… un exemple.

eric@pariset.net    www.jujitsuericpariset.com

Dojo et liberté

Posséder son propre dojo, un « dojo privé », impose de nombreuses contraintes et de gros sacrifices, à l’inverse cela offre une certaine liberté. D’abord concernant l’organisation des cours, sur le plan de la logistique et sur celui de l’enseignement distribué au sein de ce dojo.

 

Ajouter un cours, en déplacer un autre, programmer des stages, organiser des passages de grades, etc. tout cela est plus aisé à faire que lorsque l’on évolue dans des structures où les créneaux sont peu nombreux (si toutefois on a la chance d’en obtenir) et imposés. Sans oublier que souvent il n’y a pas de cours durant les congés scolaires, ce qui réduit la moyenne de la pratique au cours de l’année.

Et puis, sur le plan purement technique et pédagogique, bénéficier de plus de séances offre la possibilité de proposer des cours « à thème » et/ou par niveau. Cette liberté permet d’organiser son travail et de faire son métier comme on le conçoit.

J’ai bien conscience que ce nouveau challenge comporte des risques et qu’il sera énergivore. S’agit-il de courage ou d’inconscience ? (Le courage ne comporte t’il pas une part d’inconscience, d’ailleurs ?). Il existe aussi un troisième élément qu’il ne faut pas négliger, il s’appelle la nécessité ; celle de devoir exercer, comme tout un chacun, son métier (sans être obligé de compter sur la fameuse « entraide mutuelle », plus facilement affichée sur les murs des dojos, qu’appliquée!), ou sur le bon vouloir de certains.

Tout le monde ne veut pas forcément (ou ne peut pas) prendre de telles initiatives ; personnellement j’aime bien entreprendre, créer et la liberté qui va avec ; tout simplement pour que mes élèves puissent déguster (sans aucune modération) le ju-jitsu auquel je tiens à rester fidèle.

La réalisation des derniers aménagements indispensables est sur le point d’être effectuée, le dojo est donc opérationnel dès cet été.

eric@pariset.net