Katame-waza : la « maîtrise des contrôles »

Aujourd’hui intéressons nous au katame-waza (les techniques de contrôle). Il s’agit de l’une des trois composantes du Ju-jitsu. Pour rappel, les deux autres sont l’atemi-waza (les techniques de coup) et le nage-waza (les techniques de projection).

Dans les contrôles se trouvent les clefs (kansetsu-waza), les étranglements (shime-waza) et les immobilisations (osae-waza).

Ces trois domaines sont utilisés en judo comme en ju-jitsu, avec des objectifs différents.

En ju-jitsu ces techniques marquent souvent la dernière phase d’une défense, après les coups et les projections, mais pas systématiquement, elles peuvent être utilisées en riposte immédiate à une attaque.

En judo elles se concrétisent presque toujours au sol. Certaines clefs peuvent s’appliquer debout à condition qu’elles soient accompagnées d’une maîtrise totale.

En ju-jitsu, elles se réalisent aussi bien debout qu’au sol. Leur efficacité est redoutable et elles permettent de moduler la riposte. A l’aide d’une clef, il est possible de maîtriser quelqu’un sans mettre ses jours en danger, ce qui n’est pas inutile, le respect de la vie et la notion de légitime défense sont des notions à respecter.

Les clefs (kansetsu-waza) consistent à « forcer » les articulations à « contre-sens » pour celles en hyperextension ou aller au-delà des possibilités de flexion pour les clefs en torsion. Le premier groupe appartient aux « gatame », le second aux « garami ».

En ju-jitsu self défense existent aussi les torsions de poignet, les clefs de jambes, autant de techniques interdites en judo, pour des raisons évidentes de sécurité.

Concernant les étranglements (shime-waza), l’étude doit être sérieusement encadrée, l’issue pouvant s’avérer fatale.

Cependant, comme pour beaucoup de techniques, l’apprentissage est long et avant de posséder une parfaite maîtrise il faut une longue pratique au cours de laquelle on aura acquis de la sagesse et du contrôle.

Il y a deux formes d’étranglement : respiratoires et sanguins. Ils se pratiquent essentiellement à l’aide des membres supérieurs, mais les jambes sont aussi de redoutables armes naturelles dans ce domaine, la preuve avec le fameux « sankaku-jime ».

Quant aux immobilisations (osae-waza), elles sont principalement utilisées en judo. En ju-jitsu self défense leur intérêt se limite à celles où sont emprisonnées les bras de l’adversaire.

Comme indiqué plus haut, l’efficacité des « katame-waza » demande beaucoup de pratique, de patience, de volonté et de rigueur. Mais ne s’agit-il pas de qualités dont doit être doté tout étudiant dans les arts martiaux ?

Bien réaliser un waki-gatame, par exemple, impose énormément de travail. Il y a la précision, la meilleure utilisation des ressources naturelles du corps et pour cela une « forme de corps » que l’on va modeler, un peu comme un sculpteur le ferait avec son « ouvrage ». Les conseils du professeur sont indispensables, mais de longues répétitions le seront tout autant pour « ressentir » la technique.

Côté efficacité, grâce aux techniques de contrôle, les témoignages de personnes ayant pu se sortir de situations très délicates ne manquent pas. Notamment en réponse à des attaques avec armes.

Cela vaut la peine de consacrer du temps à l’étude de cette composante incontournable du ju-jitsu.

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Professeur ou entraîneur ?

Même si une même personne peut endosser les deux rôles, les objectifs ne sont pas les mêmes, chacun a sa propre mission.

Ci-dessous deux définitions données par le Larousse : « Professeur : Personne qui enseigne, qui dispense les connaissances relatives à une matière, à une discipline, en général dans le cadre d’une activité. Entraîneur : Personne qui, par des exercices gradués, entraîne un athlète, un boxeur, un nageur, une équipe, etc., et les prépare à une compétition. »

Les compétences réclamées pour chacun de ces postes ne sont pas identiques, même si, comme indiqué plus haut, elles peuvent s’associer. Le professeur dispense la technique, y compris et surtout les bases et l’entraîneur demande des résultats, en s’appuyant sur les fondations précitées, en renforçant la condition physique et le mental (l’œil du tigre !).

Le premier doit faire preuve de pédagogie, le second de psychologie. Le premier doit maîtriser les méthodes d’apprentissage et le second les méthodes d’entraînement.

Le public auquel s’adresse le professeur n’est pas le même que celui de l’entraîneur. Parfois existe une confusion, une confusion qui peut être fâcheuse, quand on confond (volontairement ou pas) les rôles.

L’entraîneur sera dans la lumière pour peu que ses « poulains » obtiennent des résultats. Le professeur est dans l’ombre, pourtant c’est lui qui fait le travail le plus important. Sans professeur, pas d’entraîneur !

Certains professeurs confondent parfois les deux rôles et préparent à la compétition des élèves qui n’ont pas encore un bagage technique et physique suffisant pour y participer, ou bien, pire encore, qui n’ont pas l’envie ; situation qui entraîne forcément des abandons.

Cependant, un professeur peut aussi être capable de préparer des élèves aux championnats, si le club n’a pas la possibilité d’avoir un entraîneur spécifiquement dédié, mais il faudra qu’il fasse la part des choses, en évitant de stigmatiser ceux qui n’ont pas cette vocation.

La compétition est une bonne expérience si elle n’est pas une finalité, qu’elle n’est pas la guerre et qu’elle ne doit pas faire oublier les autres aspects de nos pratiques.

Et puis, j’y reviens souvent, certains arts martiaux perdent une grande partie de leur substance lorsque, pour des raisons évidentes de sécurité, beaucoup de techniques ne sont plus autorisées en compétition.

Conclusion. Professeur et entraîneur : deux passions et des compétences différentes (qui peuvent s’additionner), mais aussi deux missions distinctes, avec chacune sa spécificité et ses objectifs.

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Gardien du temple

La saison dernière, à l’occasion d’un stage, m’a été adressé un compliment particulièrement touchant : « Vous êtes un des derniers gardiens d’une pratique traditionnelle qui porte et défend des valeurs qui semblent se perdre».

J’ai remercié la personne en insistant sur le fait de ne pas être le seul dans ce cas. Il est vrai, aussi, que je ne me reconnais pas dans certaines évolutions.

Être considéré comme un « Gardien du Temple » me convient. Il ne s’agit pas de l’expression d’un conservatisme stérile, mais tout simplement de celle d’une fidélité à des convictions et à une discipline qui m’a tant apporté et qui m’a permis de m’exprimer et de me réaliser.

Pourquoi renierais je ma fidélité à cette discipline ?

D’abord elle est on ne peut plus complète techniquement, elle porte des valeurs éducatives dans tous les secteurs et je m’y exprime totalement dans sa pratique et dans sa transmission.

En matière de reniement et de trahison, il y aurait encore pire, comme l’enseigner sous un autre nom « à la mode ». Certes, je n’ignore pas qu’en ce moment cette mode n’est pas aux disciplines dites traditionnelles, mais je n’ai pas trop d’inquiétude, les modes passent et les traditions, par définition, restent.

Je ne pense pas que s’attacher à certaines traditions signifie appartenir à un autre temps, ou encore être ringard, « has been ». Au contraire, tout ce qui tend vers l’éducation est profondément moderne. Surtout quand il est question de lutte contre la violence.

Cette violence qui habite notre quotidien, qui pousse même les portes de certains dojos (qui ne méritent plus ce nom) elle a toujours existé, mais depuis les réseaux sociaux, elle est « véhiculée » de façon beaucoup trop importante. Forcément ce n’est pas sans conséquence. Et c’est là que les éducateurs qui enseignent nos disciplines, ont un rôle majeur afin de contrebalancer cet insupportable état de fait. Ils le peuvent et ils le doivent dans leur programme d’enseignement avec des techniques efficaces mais sécuritaires et avec un discours constructif, une ambiance dépourvue de stress et de mauvaises ondes.

On ne doit pas ressortir plus abîmé, mentalement et physiquement, qu’à la suite d’une agression. Une ambiance qui nous « élève » et non pas qui nous rabaisse ; le mot élève n’est pas né par hasard.

La tradition dans notre domaine, puisque c’est de cela dont il est principalement question dans cet article, ça commence par la politesse, le respect du professeur, du partenaire, des plus hauts gradés comme des débutants (c’est une des missions des gradés que celle de guider un pratiquant qui effectue ses premiers pas sur un tatami), le respect du collectif en essayant de ne pas être en retard, de ne pas parler pendant les explications du professeur et s’exprimer à voix basse avec son partenaire lors des répétitions.

C’est aussi le respect du lieu dans lequel nous pratiquons. Avec les différents saluts, l’observation des règles d’hygiène, comme ne pas marcher pieds nus en dehors des tatamis, avoir le corps et la tenue propres. A propos de la tenue, c’est ne pas s’affranchir de celle avec laquelle doivent se pratiquer nos disciplines. S’émanciper de ces règles mène forcément à la dérive de la société.

Certaines peuvent sembler anodines, même désuètes, mais aucune n’est à négliger. On connaît parfaitement où mènent le relâchement. Et puis, il ne s’agit pas d’efforts démesurés ; il est tout simplement question de faire attention à soi et… aux autres !

Enfin, ces quelques efforts, auxquels ont peut ajouter différentes recherches comme la finesse technique (quand on a la chance de pratiquer un art qui a de l’épaisseur), la perfection, pourquoi pas la beauté du geste et l’expression corporelle et ne pas se contenter du minimum ; cet ensemble permettra de ressentir l’immense satisfaction que seuls connaissent et connaîtront ceux qui auront consenti à ces quelques efforts.

Tout cela justifie une fidélité indestructible.

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La finesse technique

Finesse technique Quoi de plus beau qu’une projection exécutée au bon moment, « dans le temps » ? Un de-ashi-barai, par exemple.

Ou bien un contre réalisé en sen-no-sen (l’attaque dans l’attaque), ou encore une technique réalisée en « action réaction ». Sans oublier un atémi additionnant vitesse et précision et qui atteint sa cible avec l’intensité voulue.

La recherche de la finesse technique est une quête utile, en termes d’esthétisme, d’efficacité et de satisfactions.

Esthétisme, efficacité, satisfaction

D’abord l’esthétisme. « Toute bonne technique est belle et gracieuse ; elle est une figure dessinée dans l’espace où efficacité et beauté ne font qu’un. » « Les chaussons de la révolution ». Marc-Olivier Louveau Voilà une belle description issue d’un livre qui m’a passionné.

Finesse technique et esthétisme sont forcément liés. Dans la pratique d’un art de combat, la recherche de la « beauté du geste » n’est pas insignifiante. Certes en cas d’agression dans la rue, l’esthétisme n’est pas de rigueur, mais le temps passé dans un dojo est un temps consacré à toutes les formes d’élévations. Cette finesse technique n’est pas offerte systématiquement, mais avec de la volonté et du travail, on peut tous y arriver.

Donner l’impression que la technique a été réalisée sans effort, avec fluidité et précision et offrir ainsi une impression magique : voilà le but.

Ensuite l’efficacité. Trouver le bon geste au bon moment est forcément gage d’efficacité. Contrairement à certaines idées, l’esthétisme n’est pas contre productif en matière d’efficacité, la finesse technique non plus, au contraire.

A l’inverse ce n’est pas parce qu’une technique n’est pas belle qu’elle est efficace. Il est possible d’être efficace sans être fin, mais avec des limites. Toujours en termes d’efficacité, cette finesse offrira d’autres avantages, comme celui d’une pratique moins « accidentogêne », elle s’inscrit dans la régularité et la durée.

Cette recherche impose de ne pas se contenter du minimum. Il y a beaucoup de maximes populaires qui vont dans ce sens : « qui peut le plus, peut le moins », « qui n’avance pas recule ». Et peut-être la plus poétique « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ». Tout cela contribuera à la réalisation de progrès, donc d’efficacité.

Enfin la satisfaction personnelle. Ce n’est pas rien. C’est ce qui donne envie de continuer. La satisfaction d’avoir réalisé le geste technique parfait, au bon moment, est indescriptible.

Cette récompense est l’association de beaucoup de travail technique et physique, mais également d’un travail interne de concentration avec l’envie d’élever le « niveau ». D’élever le niveau technique, mais aussi son niveau mental.

La finesse et l’élégance en dehors des tatamis n’est pas superflue. Elle participe au combat contre la violence, ce poison pour la société.

Certes, il s’agit d’un vaste programme, mais c’est une des missions attachées aux éducateurs.

Cette acquisition de la finesse technique, je n’ai pas la prétention d’affirmer la posséder, mais de tenter de l’approcher et de donner à mes élèves l’envie de la rechercher et surtout de la préférer à la force brutale que l’on peut d’ailleurs combattre (justement) avec le bon geste exécuté au bon moment.

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Photo d’illustration : un magnifique uchi-mata exécuté par mon ami, le regretté Jean-Claude Leroy. Photo extraite d’un des premiers supports techniques présentant la méthode Atemi ju-jitsu en 1976.

Les bons vœux

Après nous être souhaité une bonne année et surtout une bonne santé, que pouvons nous nous souhaiter dans le domaine qui nous rassemble, à savoir celui des arts martiaux ?

D’abord souhaiter que tous ceux qui ont commencé dernièrement ne s’arrêtent pas au premier découragement. Une pratique pérenne ne fait que rendre meilleur, et pas uniquement dans la maîtrise des techniques, mais aussi dans la révélation de qualités intrinsèques utiles au quotidien, dans nos actions et dans la qualité de nos relations.

A la condition qu’il s’agisse d’une pratique éducative, évolutive, qui nous offre la possibilité de nous élever et de nous améliorer techniquement, physiquement et mentalement.

Nous sommes dans un dojo pour bâtir, non pas pour détruire. Une pratique sans stress, nous sommes aussi sur les tatamis pour passer d’agréables moments.

Toujours dans notre domaine, il faut souhaiter la régularité qui est la seule garantie de progrès. Il faudra s’impliquer sérieusement, venir une fois de temps en temps ne sert pas à grand-chose. Certes, cette régularité dépendra aussi d’un enseignement attractif, motivant et sécuritaire. (En plus d’une indispensable volonté personnelle.)

Attractif : qui donne envie de commencer. Motivant : qui donne envie de continuer. Sécuritaire : qui permet d’évoluer en évitant une pratique brutale qui provoque des blessures. Une pratique sécuritaire ne signifie pas inefficace, bien au contraire, puisque c’est une pratique qui s’inscrira dans la durée !

On n’oublie pas non plus l’acquisition de grades supérieurs. Ils sont la récompense d’un ensemble de qualités, mais surtout les marqueurs d’un long chemin sur lequel se mêlent efforts et plaisirs.

Enfin, que dans les dojos continuent à être diffusées les belles valeurs qui, en plus de la qualité technique, font la richesse et la sagesse de nos ARTS.

Bonne année à toutes et à tous.

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La forme de corps…

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La semaine dernière nous évoquions « le sens du combat », cette semaine c’est au tour de ce qu’on appelle « la forme de corps ».

Il s’agit d’une expression connue des pratiquants d’arts martiaux, lorsqu’il s’agit de projections et de travail au sol. On peut aussi trouver cette qualité dans les techniques de percussions. C’est la capacité à bien adapter son corps à toutes les situations d’initiative et de défense.

On dit d’un pratiquant qu’il a une bonne « forme de corps ». De quoi s’agit-il exactement ? Est-ce un don du ciel, ou bien le fruit du travail ?

C’est déjà une belle expression et une flatteuse qualification. Cette qualité permet, au moment de l’exécution d’une technique, de ne faire qu’un avec la technique en question, de l’épouser pleinement. C’est la parfaite adaptation du corps à la technique et au partenaire.

On peut être doté de quelques prédispositions, mais ce sont les inlassables répétitions qui permettent d’obtenir un résultat. On doit « sculpter », « modeler » son corps, un peu comme l’artiste travaille « la masse » avant de produire une belle sculpture. (Toujours la valeur travail !)

D’ailleurs, à propos d’artistes, ceux qui pratiquent les arts martiaux n’en sont-ils pas ? Ne sommes-nous pas admiratifs devant la beauté d’un geste qui associe efficacité et esthétisme ?

Cette forme de corps rassemble plusieurs qualités : principalement la précision, la souplesse, la tonicité et la vitesse. Je ne parle pas de force physique, mais d’une utilisation optimale de l’énergie dont chacun est pourvu, tout en utilisant celle de l’adversaire. On est dans le principe du « maximum d’efficacité avec le minimum d’effort (physique) ».

Pour revenir aux prédispositions, il y a des morphologies plus adaptées à telle ou telle pratique martiale, il y a des personnes plus talentueuses, mais quelques soient ces prédispositions, il faudra les révéler, les renforcer et les conserver. Les révéler grâce au professeur, les renforcer et les conserver avec l’entraînement.

Cette forme de corps utilise nos armes naturelles dans un ensemble où sont réunis plusieurs éléments qui s’enchaînent, ou s’associent et s’imbriquent avec naturel, mais aussi avec un bon déplacement qui offre le bon placement au bon moment. Tout comme pour le sens du combat, une bonne forme de corps, qui n’est pas utilisée au bon moment, ne sera pas d’une grande utilité.

Quoiqu’il en soit, c’est toujours et encore la volonté et le travail qui permettent de trouver et de renforcer cette qualité. Il faudra bénéficier d’un professeur qui offrira un bon apprentissage et les bonnes méthodes d’entraînement pour affûter et ciseler un ensemble qui conduira à une finesse technique qui sera en quelque sorte la synthèse de ces vertus.

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Le sens du combat

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Le sens du combat, on le retrouve aussi bien dans le travail à distance que dans celui du corps à corps. Le timing, le bon moment pour prendre l’initiative ou pour effectuer la bonne défense et exécuter le bon contre.

En judo, imposer rapidement son kumi-kata au bon moment, ou empêcher l’adversaire d’assurer le sien en une fraction de seconde, c’est un peu la même chose que d’atteindre sa cible en un éclair ou de parer un coup dans les disciplines qui les utilisent ! La captivité  d’exécuter le bon geste au bon moment est déterminante.

Il existe des prédispositions, mais il y surtout l’entraînement (contre lequel on ne peut rien). Les randoris, les kumités, les assauts, en fonction de la discipline pratiquée, permettent d’obtenir les automatismes, face à toutes les situations d’attaques et de défenses. Porter une attaque au moment opportun, effectuer la bonne esquive, et si possible réaliser le contre parfait dans l’attaque de l’adversaire, ce qu’on nomme en japonais le sen-o-sen.

Bien maîtriser une technique si elle n’est pas placée au bon moment, cela ne sert à rien. Ce sens du combat était encore plus utile au temps des samouraïs, lors des combats qu’ils se livraient, c’était une question de survie.

Ce sens du combat, une autre personne doit en être pourvue, c’est l’entraîneur dans les disciplines où existent des compétitions. Il apporte un indispensable regard extérieur.

Il n’y a pas que dans le combat physique que la rapidité de réaction est utile et déterminante ! Rapidité de réaction du corps, mais aussi de l’esprit : voilà un ensemble qu’il est bon de cultiver !

Ce sens du combat on peut aussi le transposer dans le quotidien, dans nos relations sociales, familiales, amicales. Savoir, avec des mots qui font mouche,  arrêter immédiatement un conflit !

Avoir le sens de la répartie, répondre intelligemment à une injure, « désarmer » un agresseur verbal avec le bon mot et la bonne formule, c’est aussi tout un art.

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Il y a vingt et un an…

Il y a vingt et un an, nous quittait Bernard Pariset.

Il était mon père, mon professeur et mon mentor. Il était un judoka au palmarès exceptionnel, il a marqué les débuts du judo dans notre pays et bien au-delà.

Un homme qui possédait aussi d’exceptionnelles qualités dans d’autres domaines. L’équitation et la sculpture notamment. Sans oublier un caractère bien trempé.

Après s’être constitué un palmarès exceptionnel en judo en « toutes catégories », avec la méthode Atemi Ju-Jitsu, il a été l’artisan de la renaissance du Ju-Jitsu dans notre pays.

Je propose quelques souvenirs en images avec des personnalités, des événements et des situations qui lui étaient particulièrement chers.

Entre autres souvenirs, la fin d’une interview d’Anton Geesink, dans laquelle le colosse néerlandais, lui rendait un sacré hommage.

Il est impossible d’évoquer mon père sans citer Henri Courtine. Tous les deux ont été de grands champions, mais aussi, chacun avec ses compétences, des artisans de la construction du judo ju-jitsu en France, et nos deux premiers 6eme dan en 1968.

Concernant ses « spéciaux » en judo, il y avait d’explosifs seoi-nage et une redoutable maîtrise du ne-waza.

Voilà quelques mots pour ne pas oublier. Pas de nostalgie exagérée, mais le respect de la mémoire pour des personnalités qui nous ont légué un précieux héritage sur lequel nous nous sommes appuyés. Aujourd’hui, c’est plus particulièrement vrai pour moi !

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Indispensables régularité et durée

Nous sommes arrivés à la deuxième partie de la saison qui en compte cinq, entre deux vacances scolaires (qui manifestement ne concernent pas que les scolaires). Malheureusement à chaque reprise, quelques uns « quittent le navire ». A la fin de la saison, l’effectif n’est pas le même qu’au début.

Ce n’est pas propre aux arts martiaux, mais c’est dommage. Sans régularité il ne peut y avoir de progrès, sans une pratique qui s’inscrit dans la durée, il est difficile de s’exprimer, ce sont des  évidences toujours bonnes’ à rappeler.

La société évolue : les sollicitations sont de plus en plus nombreuses, les priorités se déplacent, on s’investit de moins en moins sur le long terme, on s’investit de moins en moins, tout simplement ! Enfin, le goût de l’effort et de la ténacité prend moins de place.

Il fut un temps où les soirées d’entraînement étaient sacrées et passaient avant tout le reste, sauf cas de force majeure. Il faut être objectif et reconnaître que ce n’est plus trop le cas. On se trouve souvent une excuse.

Les arts martiaux ont peut-être perdu de leur aura au fil des décennies avec l’émergence de disciplines dont certaines sont largement en marge des valeurs éducatives.

Les arts martiaux imposent un investissement plus important. Pourquoi ?  D’abord parce qu’il s’agit de l’apprentissage et de l’utilisation de techniques faites pour mettre hors d’état de nuire, elles peuvent même être fatales, elles sont donc dangereuses si elles ne sont pas enseignées avec un minimum de précautions qui passent par la formation, l’expérience et le bon sens. Il faut du temps pour les « maîtriser » parfaitement, dans les deux sens du terme : à la fois sur le plan de l’efficacité, mais aussi du contrôle.

Ensuite l’art martial est une « école de vie » (s’il est enseigné correctement), on progresse en technique, mais aussi en termes de relations sociales et amicales, en éducation physique et mentale, en éducation tout court. On doit s’y investir totalement.

Dans un dojo, on apprend à vivre, on apprend la patience, on idéalise le goût de l’effort et du perfectionnement avec la récompense qui les accompagnera. On respecte les lieux, le professeur, les autres pratiquants, etc. Autant de choses utiles en société.

Bien que la pratique des arts martiaux se situe  aussi dans la catégorie des loisirs, si on souhaite progresser et ainsi pouvoir s’exprimer de plus en plus subtilement et ainsi éprouver le plaisir des progrès il est indispensable de faire un effort de régularité. Mais est-ce vraiment un effort ? Peut-être un peu au début, mais il n’est pas mauvais de changer et d’opter pour de bonnes habitudes !

Finissons sur une note positive en indiquant qu’il existe encore beaucoup de pratiquants qui connaissent l’importance d’un engagement sur du long terme et de la régularité pour découvrir et profiter de tous les trésors que détiennent les arts que nous pratiquons.

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Quelques E…

Efficacité, Éducation, Épanouissement, Etc.

Dans un dictionnaire des arts martiaux, la lettre E offre de belles définitions qui sont autant de qualités  développées grâce à une pratique assidue.

Efficacité. Bien sûr, surtout quand il s’agit de self défense. Avec le ju-jitsu, notamment, nous couvrons toutes les situations avec un ensemble de ripostes adaptées.

Education. Physique et mentale. Professeur, on est également « Éducateur » pour le corps et l’esprit. À une époque où la violence s’invite quotidiennement, en amont le rôle des éducateurs sportifs est déterminant. Dans les arts martiaux on se doit d’apprendre à combattre intelligemment. On bannit une surenchère de cette violence. Pour satisfaire cette éducation physique, on évite les blessures à répétition ; il est préférable d’éduquer que de rééduquer.

Épanouissement. Intimement lié au précédent critère. Cet épanouissement physique et mental permet d’être « bien dans son corps, bien dans sa tête ». Dans ce monde de plus en plus « spécial », l’épanouissement dans la pratique est un remède dont il serait dommage de se priver. Là aussi, cela s’obtient dans une ambiance constructive, positive.

Expression corporelle. Ces moments, où nous nous exprimons corporellement, nous apportent de la satisfaction, une estime de soi, une confiance personnelle. Autant d’éléments qui permettent d’avancer positivement dans la vie.

Efforts. Sans eux, sur le long terme, aucun résultat ne sera possible, ni aucune récompense. L’effort physique qui améliore le corps, l’effort mental qui renforce l’esprit.

Esthétisme. Certains le jugent superflu. J’ai déjà écrit que lorsqu’on sauve sa vie ou celle d’une tierce personne, il n’est pas d’actualité, mais à l’entraînement, il ne gâche rien. Il demande des efforts toujours récompensés. « La recherche du beau » finalise un accomplissement personnel. C’est le résultat de l’addition d’éléments positifs et constructifs tels que la patience, la persévérance, le goût du détail, etc. Il ne retire rien à l’efficacité, bien au contraire.

Enthousiasme. Sans enthousiasme dans la pratique, il n’est pas facile d’avancer positivement. Cependant, en cas de carence de cet état, celui-ci se développera au fil des années de pratique ou tout simplement au cours d’une séance.

Encouragements. Il y a les encouragements dispensés par le professeur et les encouragements qui nous viennent directement du constat des progrès réalisés grâce à une forte implication.

Voilà quelques réflexions utiles à une pratique qui est aussi un mode de vie. Nos belles disciplines ne sont-elles pas des « Écoles de vie » ?

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