Le ne-waza (travail au sol)

Cette semaine, l’article technique est consacré au ne-waza (le travail au sol).

Voilà un domaine à la richesse technique exceptionnelle et dans lequel il est possible de s’exprimer très longtemps. Il est pratiqué dans beaucoup de disciplines, son efficacité est incontestable, que ce soit dans le domaine sportif ou dans le domaine « utilitaire ». En judo, par exemple, les conclusions au sol ne sont pas rares et en self défense, même si une agression à de fortes chances de débuter debout, il ne serait pas raisonnable de le négliger. Enfin, l’aspect ludique, sur lequel j’insiste souvent, est bien présent.

Développons !

La richesse technique est importante, puisque l’on y trouve des clefs, des étranglements et des immobilisations, plus toutes les combinaisons et enchaînements réalisables.

On peut s’y exprimer longtemps, la vitesse n’est pas un critère déterminant, à l’inverse du travail debout. On peut « prendre son temps » pour aboutir, et même préparer plusieurs coups à l’avance. Les joueurs d’échecs y trouvent d’ailleurs un parallèle.

En plus d’un sérieux bagage technique, on développera une bonne condition physique et un renforcement musculaire naturel.

Dans les disciplines qui se pratiquent en compétition d’affrontements directs, beaucoup de combats trouvent leur conclusion au sol. En self défense, on doit être en capacité de réagir lorsque l’on y est amené, souvent contre son gré. Une maîtrise technique dans ce domaine permet de ne pas subir et de pouvoir contrôler sans trop de violence. Et puis, il serait peut-être un peu présomptueux d’affirmer qu’on ne laissera pas le loisir à un éventuel agresseur de venir au contact.

Enfin, c’est sans doute dans ce domaine que l’aspect ludique est le plus présent. Certes, cela se vérifie davantage quand on est celui qui domine. C’est à ce moment-là que l’on pourra être un peu « joueur » comme le chat l’est avec la souris.

Certains sont assez bloqués par rapport au ne-waza. C’est vrai que le souvenir (ou la perspective) de se trouver étouffé(e) sous un torse velu et suintant, n’est pas forcément engageant. Je peux en attester, pour l’avoir vécu en tant que jeune pratiquant. A ce moment-là, il faut se dire qu’existent deux solutions : soit arrêter la pratique, soit la renforcer pour ne plus être celui qui subit. Et puis, la diversité des partenaires, des niveaux et la bonne organisation du tatami par le professeur, doivent permettre de trouver plus fort et moins fort que soi. En sachant que c’est naturellement l’entraînement qui offre les progrès, cette évidence est malgré tout bonne à rappeler ; il n’existe pas de remèdes magiques, ni de disciplines ou de domaines dans lesquels règne la « science infuse ». Par contre, le ne-waza est une véritable « science du combat ».

Le ne-waza (le travail au sol)

Dernièrement j’ai évoqué Shozo Awazu – personnage incontournable du judo français –  à propos d’un livre paru en 1959. Cet ouvrage  traite d’un domaine d’une richesse exceptionnelle et d’une incontestable efficacité : le ne-waza (le travail au sol). Il est utilisé dans de nombreuses disciplines. Son étude et sa pratique sont passionnantes pour bien des raisons.

Je propose un article déjà publié sur mon blog ; il vante les mérites d’un secteur que j’apprécie tout particulièrement. En outre, cela permet de renouer avec des articles plus techniques, en attendant de pouvoir renouer la ceinture.

Le travail au sol constitue un domaine qui possède une richesse technique exceptionnelle, dans lequel il est possible de s’exprimer très longtemps, il offre la possibilité d’aller au bout de l’effort et enfin il n’est pas dénué d’un fort aspect ludique, ce qui ne gâche rien.

L’objectif n’est pas de détailler sa composition technique mais d’évoquer  ce que j’affectionne dans ce domaine. Il est malgré tout utile de remarquer que le panel technique du travail au sol est impressionnant : clés, étranglements, immobilisations et toutes les possibilités de combinaisons entre ces familles de techniques.

Les détracteurs du travail au sol se plaignent d’une promiscuité qui peut paraître gênante, mais aussi du fait que l’on n’est jamais au sol dans la réalité. Les plus présomptueux affirment qu’ils ne laisseront pas le loisir à un agresseur de venir au contact. D’autre part, certains (sans l’avouer) trouvent qu’il n’est pas agréable, à l’entraînement, d’être souvent « en dessous », ce qui arrive lorsque l’on n’est pas à l’aise dans ce secteur. On touche là à un cercle vicieux dans la mesure où moins on le pratique, moins « on est bon », et moins « on est bon » moins on l’aime et donc moins nous sommes enclins à le pratiquer. Il n’y a qu’à renverser le problème en pratiquant davantage.

Je reviens sur les points forts de ce domaine, ceux que j’apprécie particulièrement. En plus d’une incontestable efficacité si l’on est amené au sol, il y a un engagement total, la possibilité de s’y exprimer même en avançant dans l’âge et enfin l’aspect ludique.

Développons ces différents points. L’efficacité en matière de self-défense d’abord : elle est incontestable si par malheur on se retrouve à terre. En judo, bien maîtriser ce domaine ne peut que renforcer l’efficacité générale ; une autre fois, il sera intéressant de développer cet aspect.

A l’entraînement, le ne-waza  offre  un engagement complet dans la mesure où il est possible d’aller au bout de l’action et de l’effort, sans atteinte à l’intégrité physique du partenaire (si les deux respectent les règles préétablies). Il s’agit là d’une grande satisfaction.

Il est possible de s’y exprimer longtemps, même en avançant dans l’âge, puisque la stratégie et la technique sont plus importantes que la vitesse : « Le serpent n’avale pas la grenouille en une fois ».

Quant à l’aspect ludique, il est incontestable. Les joueurs d’échecs affirment qu’ils y trouvent un parallèle. Il est intéressant, par exemple, de pouvoir préparer plusieurs « coups à l’avance », surtout dans la mesure où la vitesse n’est pas déterminante (à l’inverse du travail debout). On peut donc tranquillement tendre des pièges et malicieusement, comme le chat joue avec la souris, prendre son temps jusqu’à ce que le partenaire tombe dans la toile d’araignée.

Si pour le néophyte le ne-waza n’offre pas beaucoup d’intérêt côté spectacle, en revanche un pratiquant confirmé appréciera l’évolution d’un combat, et pas seulement sa finalité, mais les moyens  et la stratégie utilisés afin d’y parvenir.

Ce domaine mérite l’appellation de « science du combat ».

Souhaitons que très vite nous puissions à nouveau y consacrer une grande partie de nos entraînements.

eric@pariset.net