Une belle compétition

bercy-reuters_0Le week-end dernier avait lieu le grand rendez-vous annuel du judo français, avec ce que l’on appelait avant le Tournoi de Paris. Un peu le Roland-Garros du judo. Cet événement, qui soufflait ces quarante-deux bougies, a hérité d’une appélation sans doute plus moderne (Paris Grand Slam 2016) tout comme le Palais de Bercy qui accueille l’événement et qui affiche un nom à la consonance très commerciale. Peu importe dans la mesure où il existe toujours autant de plaisir à assister à des combats de qualité offerts par des athlètes de très haut niveau. Ce tournoi est devenu une véritable institution. Je me souviens des premières éditions au début des années 1970, lorsqu’il n’y avait que cinq catégories de poids et uniquement chez les masculins et que cela se passait au bon vieux stade Pierre de Coubertin.

Presque cinquante années après, le judo reste un sport aux valeurs incontestables et qui ne souffre pas de certaines « affaires » qui polluent d’autres disciplines. Il est dommage qu’il ne bénéficie pas d’une grande couverture médiatique et cela en dépit de l’évolution des règles d’arbitrage qui rend les combats plus spectaculaires, puisque plus offensifs. En effet, les pénalités pour non-combativité « tombent » plus vite. Par contre, l’interdiction de pratiquer certaines techniques accentue une sclérose que l’on pourrait reprocher. Cependant, en matière de sport de combat, il est préférable d’avoir une réglementation rigoureuse, ne serait-ce que pour garantir l’intégrité physique des combattants. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est important de distinguer sport de combat et art martial. Ce dernier ne pouvant normalement pas offrir des affrontements en opposition directe, sauf à se révéler extrêmement dangereux.

Certains peuvent se demander pourquoi en tant que ju-jitsuka, qui plus est, en dehors de la Fédération française de judo, j’apprécie également ce sport qu’est le judo. Il y a plusieurs raisons à ce qui est bien plus qu’un simple intérêt.

D’abord, comment aurais-je pu y échapper avec un père comme celui que j’ai eu ? Je suis tombé dedans tout petit, d’une certaine façon. C’est ensuite que je me suis spécialisé en ju-jitsu. Après, il n’est pas incompatible d’aimer plusieurs arts de combat, surtout lorsque de par leur histoire et leur technique ils sont si proches. Le fait de ne pas adhérer à la politique menée par la fédération de judo-ju-jitsu en matière de… ju-jitsu, n’empêche pas d’aimer le judo. D’autant plus que je soutiens ce que j’ai toujours soutenu, à savoir qu’il y avait matière à satisfaire tout le monde sous un même toit, mais c’est une autre histoire. Pour revenir au judoka que je suis aussi, j’apprécie sans retenue les combats, que ce soit à l’entraînement ou en compétition. La compétition en judo est un engagement vrai, on ne fait pas semblant, mais avec un état d’esprit qui me convenait tout à fait, au travers duquel je n’ai jamais ressenti la moindre violence. A l’entraînement et à la condition de choisir des partenaires adaptés à l’âge, au gabarit et aux motivations, la notion de jeu n’est jamais absente, et ce n’est pas le moindre atout, du moins pour ce qui me concerne. Tout cela avec un engagement physique d’une intensité que les pratiquants ne peuvent ignorer.

Alors, vous allez me dire, pourquoi s’être tourné vers le ju-jitsu ? Eh bien tout d’abord, pour la complémentarité technique offerte, notamment avec l’atemi-waza (le travail des coups, absolument contrôlé, en l’occurrence) qui existait dans le judo que Kano avait issu de l’ancien ju-jitsu. Et puis, le judo devenant de plus en plus un sport, l’aspect self-défense (inné aux arts martiaux) disparaissait au grand regret d’une population intéressée, à juste titre, par cette étude.

Bref, pour revenir au sujet de ce billet et en guise de conclusion, une belle compétition internationale de judo est toujours un grand moment. Surtout que la France n’est jamais absente des podiums !

 

 

 

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